mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300565 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ARMAND LIONEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2023, M. B Père, représenté par Me Armand, demande au tribunal :
1°) de condamner le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe à lui verser une somme de 50 000 euros en réparation des préjudices moral et financier résultant de la privation d'avancement et de la discrimination dont il a été victime ;
2°) d'enjoindre au service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe de procéder à une reconstitution rétroactive de sa carrière en l'intégrant au grade d'adjudant-chef sans aucune mobilité, ainsi qu'une considération rétroactive de la perte manifeste de ses revenus depuis le 1er février 2014 concernant le grade de sergent, et depuis le 1er janvier 2020 pour le grade d'adjudant ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- il a fait l'objet d'une discrimination ;
- il a été privé d'avancement de grade alors qu'il remplit les conditions depuis une vingtaine d'années ;
- le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer des documents administratifs ;
- la privation d'avancement et la discrimination dont il a fait l'objet lui ont causé des préjudices moral et financier évalués à 50 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2023, le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par un courrier en date du 9 janvier 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction, tendant à ce qu'il soit enjoint au service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe de procéder à une reconstitution rétroactive de la carrière du requérant en l'intégrant au grade d'adjudant-chef sans aucune mobilité, ainsi qu'une considération rétroactive de la perte manifeste de ses revenus depuis le 1er février 2014 concernant le grade de sergent, et depuis le 1er janvier 2020 pour le grade d'adjudant, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'adresser à l'administration des injonctions à titre principal, en dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Créantor, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B Père, sapeur-pompier professionnel, a rejoint le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe le 1er février 2014. Par un courrier en date du 19 janvier 2023, notifié le 23 janvier suivant, il a demandé au service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe d'une part, de lui verser la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice résultant de la discrimination dont il soutient avoir fait l'objet dans l'évolution de sa carrière et d'autre part, de lui communiquer plusieurs documents administratifs relatifs à l'établissement des tableaux d'avancement pour l'accès au grade d'adjudant au titre des années 2021 et 2022. Par la présente requête, M. Père demande au tribunal de condamner le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices résultant de la privation de son avancement de grade et de la discrimination dont il a fait l'objet.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. En premier lieu, en se bornant à indiquer qu'il a fait l'objet d'une discrimination " opérée vis-à-vis de sa valeur professionnelle " ayant conduit à une privation d'avancement, M. Père ne produit aucun élément permettant de faire présumer l'existence d'une discrimination. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe aurait commis une illégalité fautive en refusant de procéder avancement au grade d'adjudant pour des motifs discriminatoires
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code général de la fonction publique : " L'avancement des fonctionnaires comprend l'avancement d'échelon et l'avancement de grade ". Aux termes de l'article L. 522-24 du même code : " L'avancement de grade au sein de la fonction publique territoriale a lieu suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Au choix par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité territoriale tient compte des lignes directrices de gestion prévues chapitre III du titre Ier du livre IV ; / 2° Par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel ; / 3° Par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel ".
4. Le requérant fait valoir que l'administration a commis une faute dès lors qu'il aurait dû bénéficier d'un avancement de grade compte tenu de sa manière de servir et de son ancienneté. Cependant, il résulte des dispositions précitées que le requérant ne peut se prévaloir d'un droit à l'avancement de grade, sans qu'ait d'incidence sa manière de servir et son ancienneté. Par suite, la circonstance que M. Père n'ait pas bénéficié d'un avancement de grade ne saurait constituer une faute de nature à engager la responsabilité du service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe.
5. En troisième et dernier lieu, le requérant soutient que le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer plusieurs documents administratifs en lien avec la procédure d'établissement du tableau d'avancement au grade d'adjudant au titre des années 2021 et 2022. A supposer le refus allégué ainsi que son caractère fautif comme établis, le requérant ne se prévaut pas de cette illégalité fautive à l'appui de ses conclusions indemnitaires.
6. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de toute illégalité fautive, les conclusions à fin d'indemnisation de M. Père ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. En dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir d'adresser des injonctions à l'administration. Par suite, et comme les parties en ont été informées, les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal par M. Père, tendant à la reconstitution rétroactive de sa carrière ainsi qu'à une considération rétroactive de la perte de ses revenus depuis le 1er février 2014 concernant le grade de sergent, et depuis le 1er janvier 2020 pour le grade d'adjudant, doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les dépens :
8. Aucun dépens n'ayant été exposé dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Si une personne publique qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat peut néanmoins demander au juge le bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais spécifiques exposés par elle à l'occasion de l'instance, elle ne saurait se borner à faire état d'un surcroît de travail de ses services et doit faire état précisément des frais qu'elle aurait exposés pour défendre à l'instance.
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. Père demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
11. D'autre part, le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe n'établit ni même n'allègue qu'il aurait dû exposer des frais particuliers dans la présente instance. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu, de faire droit à la demande présentée par le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe le fondement des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. Père est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B Père et au service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Laurent Santoni, président,
Mme Charlotte Ceccarelli, première conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
Signé
K. A
Le président,
Signé
J-L. SANTONI
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026