mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300589 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et des mémoires complémentaires, enregistrés les 31 mai, 2 et 17 juin 2023, M. C A doit être regardé comme demandant au Tribunal d'annuler la notification du 15 mai 2023 de la décision prise le 31 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin a mis à sa charge un trop-perçu de 488 euros, qui lui a été versé indûment au titre de l'allocation logement, pour les mois de novembre et décembre 2022.
Il soutient que :
- il n'a pas contesté de dette émise à son encontre ; en revanche, compte tenu de la modestie de ses ressources, il a proposé à la caisse d'allocations familiales une solution différente de celle retenue, consistant au remboursement de l'indu, alors qu'il souhaite compenser le trop-perçu par le jeu des vases communicants dès lors qu'il a deux locataires avec des numéros d'attributaires distincts ;
- il a simplement demandé à la Caisse de retenir ce qu'il lui devait sur le montant dû au titre de Mme E, son second locataire, dès lors que la Caisse avait cessé de payer l'aide au logement à la même date pour Mme E ; il s'interroge sur la suspension du versement de l'aide au logement à son second locataire ;
- cette solution de la Caisse lui cause un préjudice puisque le versement de la Caisse constitue pour lui, en qualité de bailleur, une garantie minimale contre le locataire, qui ne règle pas son reste à payer ; compte tenu des modes de calcul de la Caisse puisque le mois d'octobre se paie le 6 novembre suivant alors que la location des 31 jours d'octobre, payée le 6 novembre, lui est due ; il n'est pas d'accord avec l'interprétation de la Caisse concernant l'article
R. 823-14 du code la construction et de l'habitation puisque, pour sa première locataire, Mme B, si elle ne pouvait bénéficier de l'allocation logement ou de l'aide personnalisée au logement après le 31 octobre, il a droit au versement de l'allocation ou de l'aide car, s'agissant des 31 jours du mois d'octobre, sont-ils comptés après ou avant ce dernier jour civil, notion évoquée par l'article R. 823-14 du code précité ; il n'est redevable que du mois de décembre 2022 alors que l'aide lui a été retenue au début de l'année 2023 au titre de son second locataire, Mme E, sans qu'il en connaisse les motifs ;
- il a droit à la retenue par la Caisse d'un seul mois et au paiement de l'aide pour les loyers de Mme E ; il est victime de l'attitude de la Caisse qui ne l'a pas informé de la clôture du dossier de sa deuxième locataire, Mme E, depuis le mois de juillet 2022, sans que la Caisse lui ait précisé les motifs liés à la suspension des versements la concernant.
La requête a été communiquée, le 16 juin 2023, à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin, qui n'a pas produit de mémoire, mais, en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative, seulement les pièces du dossier, enregistrées le 16 septembre 2024, au greffe du Tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, en présence de la greffière d'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sabatier-Raffin ;
- et les observations orales de la représentante de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
M. A n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 09 h 49, en application de l'article
R. 772-9 du code de justice administrative.
Une note en délibéré, présentée par la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe, a été enregistrée le 15 octobre 2024 à 12 h 30, mais non communiquée aux parties.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 15 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin a mis à sa charge un trop-perçu de 488 euros, qui lui a été versé indûment au titre de l'allocation de logement, pour les mois de novembre et décembre 2022.
Sur le bien-fondé de l'indu :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : "Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1o L'aide personnalisée au logement ; / ().". Aux termes de l'article L 821-6 du même code : "Les aides personnelles au logement sont incessibles et insaisissables, sauf : / 1o Au profit de l'organisme payeur, pour le recouvrement des prestations indûment versées ; / 2o Au profit de l'établissement habilité ou du bailleur, en cas de versement de l'aide en tiers payant ; / 3o Pour le recouvrement des créances mentionnées aux articles L. 581-1 et L. 581-3 du code de la sécurité sociale dues par le bénéficiaire, selon les modalités prévues au troisième alinéa de l'article L. 553-2 du même code.". Aux termes de l'article L. 825-3 dudit code : "Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1o Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement; / 2o Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement.". Aux termes de l'article R. 823-2 de ce code : "Les aides personnelles au logement sont attribuées sur la demande de l'intéressé déposée auprès de l'organisme payeur mentionné à l'article R. 823-1 dont il relève. Cette demande est conforme à un modèle type.". Aux termes de l'article
R. 823-6 de ce même code : "Le montant mensuel de l'aide personnelle au logement est calculé pour une période de trois mois à compter de la date à laquelle les conditions d'ouverture du droit à cette aide sont réunies, sous réserve des cas prévus aux articles R. 822-7 à R. 822-17, R. 823-7, R. 823-10 à R. 823-14 ainsi que, le cas échéant, R. 832-9.". Aux termes de l'article R. 823-8 de ce code : "Les aides personnelles au logement sont versées mensuellement à terme échu, dans les conditions définies par les conventions mentionnées à l'article L. 812-2.". Aux termes de l'article R. 823-12 de ce même code : "Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le droit aux aides personnelles au logement est éteint à partir du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel survient le décès du bénéficiaire.". Aux termes de l'article R. 823-14 du code de la construction et de l'habitation : "Les dispositions des articles R. 823-10 et R. 823-12 ne peuvent avoir pour effet d'interrompre le droit aux aides personnelles au logement. / Par dérogation aux dispositions des articles R. 831-2, R. 832-6 et R. 832-8, en cas de déménagement, de conclusion ou de résiliation des conventions mentionnées à l'article L. 831-1, le droit aux aides personnelles au logement : / 1o Est ouvert à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit sont réunies ; / 2o S'éteint le dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies.". Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire de l'allocation logement (AL) ou de l'aide personnalisée au logement (APL) est le locataire, même si celle-ci est versée directement au bailleur. Quelle que soit la date de déménagement, l'allocation du mois du déménagement est calculée sur la base du logement quitté et n'est pas proratisée.
En ce qui concerne l'indu relatif au logement occupé par Mme B :
3. Il résulte de l'instruction que la locataire de M. A, Mme F B, dont le numéro d'attributaire est le 691291, n'occupait plus son logement depuis le 31 octobre 2022, selon l'information communiquée par courrier du 14 novembre 2022 par M. A. Par suite, celui-ci, qui n'avait plus de locataire, à compter du 1er novembre suivant, ne pouvait plus prétendre au versement direct de l'allocation logement ou de l'aide personnalisée au logement puisque le bénéficiaire de l'aide au logement, en application des dispositions précitées, est le locataire lui-même, bien que l'allocation soit versée directement au bailleur. La prise en compte du départ de Mme B a en conséquence clos le droit d'aide ou d'allocation au logement à la fin du mois de mois d'octobre 2022. M. A soutient que la caisse d'allocations familiales aurait dû mettre en œuvre la procédure de compensation. Celle-ci ne peut toutefois avoir lieu qu'entre dettes liquides et exigibles, c'est-à-dire qu'elles doivent être, notamment, certaines dans leurs principes et leurs montants déterminés. Or, il ne résulte pas de l'instruction que M. A soit débiteur d'autres dettes à l'égard de la Caisse. Il appartient seulement à cette dernière de procéder elle-même à cette compensation, qui est opérée à l'initiative de l'administration et l'intéressé ne peut s'en prévaloir, même si M. A a émis le souhait et la volonté de rembourser le trop-perçu. Par suite, c'est à bon droit que, par une demande de remboursement, sans faire le choix de la compensation, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe a recherché le paiement de la somme de 488 euros correspondant au trop-perçu d'aide au logement pour les mois de novembre et décembre 2022.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige.
En ce qui concerne la situation de la locataire de Mme E :
5. Par ailleurs, pour contester l'indu mis à sa charge, M. A, qui a un second locataire, Mme D E, avec le numéro de dossier 631225, invoque la situation par laquelle la caisse d'allocations familiales a suspendu soudainement l'aide au logement de Mme E, qu'il percevait directement, sans qu'aucun motif ne lui ait été apporté par l'administration, et parallèlement à la fin du versement de l'aide en lien avec le départ de son autre locataire, Mme B. Il précise, dans ses dernières écritures, que son interlocuteur à la Caisse lui aurait signalé que le dossier de Mme E est clos depuis le mois de juillet 2022. Si la Caisse a informé l'allocataire, Mme E, de la suspension de son allocation ou de son aide au logement dès lors qu'elle n'avait pas droit à cette prestation, en revanche M. A reproche à la Caisse de ne pas l'avoir également averti, à l'époque, de cette situation en sa qualité de bailleur, cette circonstance, aussi regrettable soit-elle, est toutefois sans incidence sur la décision litigieuse. Malgré ce grief, s'agissant de ce second locataire, M. A ne soutient pas qu'il aurait fait l'objet d'impayés de loyer de la part de Mme E, de nature à le conduire à signaler cette situation à la caisse d'allocations familiales. Il soulève seulement que cette situation l'a placé dans une situation de précarité et lui a causé un préjudice, sans toutefois apporter d'éléments au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. SABATIER-RAFFINLa greffière,
Signé
N. ISMAEL
La République mande et ordonne au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cetol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026