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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2300634

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2300634

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2300634
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantJABOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 juin, le 2 juillet 2023 et le 28 mars 2024, M. A C, Mme I C épouse G, M. E C et M. F D, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2023 du maire de la commune de la Désirade en tant que celui-ci décide que la parcelle AC 478, lot n°2 issu de la division foncière du terrain cadastré AC 262, situé aux Sables, doit rester libre de tout remblai ou de toute construction afin de faciliter l'écoulement des eaux de la saline ;

2°) de condamner la commune de la Désirade à leur verser une compensation financière et d'acquérir le terrain litigieux au prix de 70 euros par mètres carrés.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt pour agir, dès lors que M. C avait donné mandat à M. H B pour signer en son nom les documents relatifs à la division cadastrale en cause ;

- l'arrêté attaqué les empêche de vendre le lot en cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024, la commune de la Désirade, représentée par Me Jabot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C une somme de 1 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le requérant n'a pas d'intérêt à agir, dès lors que la demande de déclaration préalable, ayant donné lieu à la décision attaquée, a été déposée par M. H B.

Par ordonnance du 21 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sollier,

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 juillet 2021, M. H B, mandaté par M. A C selon les déclarations de ce dernier, a déposé en mairie de la Désirade une déclaration préalable pour division foncière en deux lots à bâtir sur la parcelle cadastrée section AC 262, aux Sables, sur le territoire de la commune. Par arrêté du 17 avril 2023, le maire de la Désirade ne s'est pas opposé à cette déclaration. Par la présente requête, M. C et autres demandent l'annulation de cet arrêté en tant que celui-ci décide que la parcelle AC 478, lot n°2 issu de la division foncière du terrain cadastré AC 262, situé aux Sables, doit rester libre de tout remblai ou de toute construction afin de faciliter l'écoulement des eaux de la saline.

Sur les conclusions en annulation :

2. Si les requérants doivent être regardés comme soutenant que l'article 2 de la décision attaquée constitue une mesure d'expropriation indirecte, le classement en zone inondable de la parcelle AC 262 par le plan de prévention des risques de la commune de la Désirade, au demeurant antérieur à la demande de division foncière en cause, n'a ni pour objet, ni pour effet d'exproprier cette parcelle ou de déposséder les requérants de leur propriété, dès lors qu'il n'est pas établi, ni même allégué, que ce classement serait entaché de détournement de pouvoir ou d'erreur manifeste d'appréciation. Ce classement a pour but de réglementer le droit de l'occupation et de l'utilisation du sol en fonction des risques naturels prévisibles afin de réduire la vulnérabilité des personnes et des biens à ces risques, et n'a ni pour objet, ni pour effet, d'interdire toute vente malgré l'inconstructibilité du terrain. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions en annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision du 17 avril 2023 serait illégale. Par suite, en l'absence d'illégalité fautive, la responsabilité de la commune de la Désirade ne saurait être engagée sur ce fondement et les conclusions indemnitaires présentées par les requérants ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de la Désirade au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C et autres est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la Désirade au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, et à la commune de la Désirade.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Biodore, conseillère,

Mme Sollier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.

La rapporteuse,

Signé

M. SOLLIER

Le président,

Signé

S. GOUÈS La greffière,

Signé

L. LUBINO

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. CETOL

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