lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300691 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2023, le syndicat UNSA - Région 971 demande au tribunal :
1°) d'annuler le procès-verbal du comité technique de la région Guadeloupe du 20 juillet 2022 ;
2°) d'annuler la délibération n° CR/22-1054 du 29 septembre 2022 par laquelle la commission permanente du conseil régional de Guadeloupe a fixé les taux d'avancement de grade au titre de l'année 2020 ;
3°) d'annuler les arrêtés du président du conseil régional de Guadeloupe des 9 janvier, 23 janvier, 27 février et 7 mars 2023 établissant les tableaux d'avancement au titre de l'année 2020 aux grades d'adjoint administratif principal de 1ère classe, d'adjoint administratif principal de 2ème classe, d'adjoint technique principal de 1ère classe, d'adjoint technique principal de 2ème classe, d'adjoint technique principal de 1ère classe des établissements d'enseignement, d'adjoint technique principal de 2ème classe des établissements d'enseignement, de rédacteur principal de 1ère classe, de technicien principal de 1ère classe, d'attaché principal, d'attaché hors classe et d'ingénieur principal et portant listes d'aptitude pour l'accès aux cadres d'emplois des attachés, des rédacteurs et des agents de maîtrise par la voie de la promotion interne au titre de l'année 2020 ;
4°) d'annuler la décision du 17 avril 2023 par laquelle le président du conseil régional a refusé de faire droit à la demande formée par l'UNSA - Région 971 tendant au retrait des arrêtés établissant les tableaux d'avancement de grade des agents de la région au titre de l'année 2020.
Il soutient que :
- le procès-verbal du comité technique du 20 juillet 2022 méconnaît l'article 49 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et les articles 22 et 26 du décret du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, dès lors qu'il ne précise ni que le point 2 " projet de délibération taux d'avancement de grade 2020 " a été mis au vote, ni l'expression des votes des élus ;
- la délibération du 29 septembre 2022 fixant les taux d'avancement de grade au titre de l'année 2020 a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis du comité technique du 20 juillet 2022 est irrégulier ;
- les arrêtés des 9 janvier, 27 février et 7 mars 2023 établissant les tableaux d'avancement de grade et les listes d'aptitude sont illégaux, dès lors de le procès-verbal du comité technique et la délibération du 29 septembre 2022 sont irréguliers ;
- ces arrêtés des 9 janvier, 27 février et 7 mars 2023 sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que les décisions de l'exécutif régional sont majoritairement contraires à l'avis des organisations syndicales.
Par un mémoire en défense, enregistré 7 décembre 2023, la région Guadeloupe, représentée par le cabinet Seban et Associés, agissant par Me Carrere, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le procès-verbal du comité technique du 20 juillet 2022 n'est pas une décision faisant grief, que les conclusions tendant à l'annulation des tableaux d'avancement adoptés par arrêtés des 9 et 23 janvier 2023 sont tardives et que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 29 septembre 2022 sont également tardives ;
- à titre subsidiaire, au soutien de ses conclusions dirigées contre l'arrêté du 27 février 2023 établissant le tableau d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe au titre de l'année 2022, l'arrêté du 7 mars 2023 établissant le tableau définitif d'avancement au grade d'attaché hors classe au titre de l'année 2020 et l'arrêté du 7 mars 2023 établissant le tableau d'avancement au grade d'adjoint administratif principal de 2ème classe pour l'année 2020, le syndicat requérant ne peut utilement invoquer par voie d'exception un vice de procédure entachant la délibération du 29 septembre 2022, laquelle était devenue définitive avant l'introduction de sa requête ;
- le moyen tiré de ce que les tableaux d'avancement établis au titre de l'année 2020 seraient entachés d'une erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 11 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 8 janvier 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 juillet 2022, la région Guadeloupe a soumis pour avis à son comité technique un projet de délibération relative au taux d'avancement de grade au titre de l'année 2020. Par une délibération du 29 septembre 2022, la commission permanente du conseil régional de Guadeloupe a fixé les différents taux d'avancement de grade au titre de l'année 2020. Les commissions administratives paritaires des catégories A, B et C ont ensuite été consultées le 22 octobre 2022. Par des arrêtés des 9 janvier, 23 janvier, 27 février et 7 mars 2023 RH/22-RH/23-64, RH/22-RH/23-65, RH/22-RH/23-66, RH/22-RH/23-67, RH/22-RH/23-68, RH/22-RH/23-69, RH/22-RH/23-70, RH/22-RH/23-71, RH/22-RH/23-72, RH/22-RH/23-73, RH/23-106, RH/23-154, RH/23-161, RH/22-RH/23-74, RH/22-RH/23-75 et RH/22-RH/23-76, le président du conseil régional a établi les tableaux d'avancement au titre de l'année 2020 aux grades d'adjoint administratif principal de 1ère classe, d'adjoint administratif principal de 2ème classe, d'adjoint technique principal de 1ère classe, d'adjoint technique principal de 2ème classe, d'adjoint technique principal de 1ère classe des établissements d'enseignement, d'adjoint technique principal de 2ème classe des établissements d'enseignement, de rédacteur principal de 1ère classe, de technicien principal de 1ère classe, d'attaché principal, d'attaché hors classe et d'ingénieur principal et portant listes d'aptitude pour l'accès aux cadres d'emplois des attachés, des rédacteurs et des agents de maîtrise par la voie de la promotion interne au titre de l'année 2020. Par un courrier du 30 mars 2023, le syndicat UNSA - Région 971 a demandé au président du conseil régional de retirer l'ensemble de ces arrêtés. Par une décision du 17 avril 2023, le président du conseil régional a refusé de procéder à ce retrait. Par la présente requête, le syndicat UNSA - Région 971 demande au tribunal d'annuler le procès-verbal du comité technique du 20 juillet 2022, la délibération du 29 septembre 2022, l'ensemble des délibérations précitées des 9 janvier, 23 janvier, 27 février et 7 mars 2023 ainsi que la décision du président du conseil régional du 17 avril 2023 portant refus de retirer ces délibérations.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le comité technique étant saisi pour avis préalablement à la fixation du nombre maximum de fonctionnaires pouvant faire l'objet d'un avancement de grade, le procès-verbal de la réunion du comité technique du 20 juillet 2022, ne constitue pas un acte susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dès lors, les conclusions du syndicat requérant tendant à son annulation sont irrecevables et la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la région doit être accueillie.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
4. Le syndicat requérant demande l'annulation de la délibération du 29 septembre 2022 par laquelle la commission permanente du conseil régional de Guadeloupe a déterminé les taux d'avancement de grade au titre de l'année 2020. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette délibération, qui mentionne les voies et délais de recours, a été transmise au contrôle de légalité le 13 octobre 2022 et il n'est pas contesté qu'elle a été régulièrement publiée. Dès lors, les conclusions du syndicat requérant tendant à l'annulation de cette délibération, qui ont été formées dans sa requête enregistrée le 19 juin 2023, sont tardives et donc irrecevables. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par la région Guadeloupe à ce titre.
5. En troisième lieu, si, dans le cadre d'une contestation d'un acte réglementaire par voie d'exception, la légalité des règles fixées par l'acte réglementaire, la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir peuvent être utilement critiquées, il n'en va pas de même des conditions d'édiction de cet acte, les vices de forme et de procédure dont il serait entaché ne pouvant être utilement invoqués que dans le cadre du recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même et introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux.
6. Au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du président du conseil régional des 9 janvier, 23 janvier, 27 février et 7 mars 2023 établissant les différents tableaux d'avancement au titre de l'année 2020 et certaines listes d'aptitudes, le syndicat requérant se prévaut de l'illégalité de l'avis du comité technique du 20 juillet 2022 et de la délibération du 29 septembre 2022. Toutefois, d'une part, l'avis du comité technique du 20 juillet 2022 ne constitue pas la base légale des arrêtés des 9 janvier, 23 janvier, 27 février et 7 mars 2023 et ces arrêtés n'ont pas été pris pour l'application de cet avis, de sorte que le syndicat UNSA - Région 971 ne peut utilement se prévaloir de l'irrégularité de cet avis. D'autre part, eu égard à ce qui a été dit au point précédent et ainsi que le fait valoir la région Guadeloupe, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de ce que la délibération du 29 septembre 2022 par laquelle la commission permanente du conseil régional de Guadeloupe a fixé les taux d'avancement de grade pour l'année 2020 serait entachée d'un vice de procédure ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. En troisième lieu, en se bornant à soutenir que les agents retenus par l'exécutif régional pour un avancement de grade ne correspondent majoritairement pas à l'avis des organisations syndicales, le syndicat requérant n'apporte pas d'éléments suffisants permettant au tribunal de considérer que les arrêtés du président du conseil régional des 9 janvier, 23 janvier, 27 février et 7 mars 2023 seraient entachés d'erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la région Guadeloupe présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat UNSA - Région 971 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat UNSA - Région 971 et à la région Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Nadège Mahé, présidente,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère,
- Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALa présidente,
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026