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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2301046

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2301046

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2301046
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique
Avocat requérantMATHURIN KANCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 août 2023 et 15 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Mathurin-Kancel, demande au tribunal d'annuler :

1°) la décision du 4 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a refusé de lui accorder le bénéfice du revenu de solidarité active (RSA) ;

2°) la décision du 21 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté son recours préalable obligatoire exercé contre la décision lui refusant le versement du revenu de solidarité active ;

3°) d'enjoindre au Département de la Guadeloupe de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Guadeloupe la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation de Me Mathurin-Kancel au bénéfice de l'aide juridictionnelle par application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- Sur la décision du 4 mai 2023 lui refusant le bénéfice du revenu de solidarité active :

. cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'ayant réalisé ses déclarations trimestrielles et communiqué les justificatifs requis à l'exception du bilan comptable, auquel il n'est pas soumis, l'administration n'était pas en mesure de justifier sa décision ni sur l'absence ni sur un motif d'obstruction à l'instruction, comme semble l'indiquer, notamment, le conseil départemental de la Guadeloupe ;

- Sur la décision du 21 juin 2023 rejetant son recours administratif préalable obligatoire :

. il était souffrant le 31 mars 2023, jour de sa convocation ;

. il a déposé une demande le 10 avril 2022 et cela fait plus d'un an que son dossier est en instruction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- faute d'éléments suffisants pour permettre l'étude du dossier du revenu de solidarité active de M. B, une décision défavorable lui a été notifiée dès lors qu'il s'est abstenu de remettre les documents sollicités ;

- M. B ne s'est pas présenté aux contrôles auxquels il a été invité à se soumettre ;

- les moyens ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée, le 19 septembre 2023, à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais, seulement, en application de l'article R. 778-2 du code de l'action sociale et des familles, les pièces du dossier, enregistrées le 6 août 2024 au greffe du Tribunal.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, en présence de la greffière d'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sabatier-Raffin ;

- les observations orales de Me Mathurin-Kancel, représentant M. B ;

- et les observations orales des représentantes du conseil départemental de la Guadeloupe et de la caisse générale de sécurité sociale de la Guadeloupe et de Saint-Martin.

La clôture de l'instruction a été prononcée à 08 h 52, en application de l'article

R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, auto-entrepreneur dans le domaine de la maintenance informatique à domicile, a demandé le 10 avril 2022 à bénéficier du revenu de solidarité active. En l'absence de réponse, il a formé un recours administratif. Par une décision du 4 mai 2023, le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté sa demande au motif de s'être abstenu de remettre les documents sollicités et de ne pas s'être présenté à un contrôle le 31 mars 2023. Puis, par une décision du 21 juin 2023 en réponse à son recours du 27 mars 2023, le conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté le recours préalable obligatoire exercé par M. B, contre la décision lui refusant le versement du revenu de solidarité active.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 mai 2024 :

2. Si M. B doit être regardé comme dirigeant ses conclusions contre la décision du 4 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté sa demande d'attribution du revenu de solidarité active, il résulte de l'instruction que la même autorité territoriale a rejeté son recours administratif préalable obligatoire (RAPO) par une nouvelle décision en date du 21 juin 2023, laquelle s'est substituée à la décision précédente. En conséquence, les conclusions dirigées contre la décision antérieure du 4 mai 2024 sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 juin 2023 ou les droits au revenu de solidarité active :

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

4. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance des règles de forme et de procédure, dont il serait fait application, sont inopérants. Ainsi, seuls les moyens mettant en cause la méconnaissance des règles de fond relative à la détermination des droits sont opérants.

5. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : "Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / (). / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail.". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : "(). / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État qui détermine notamment : / 1o Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2o Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; / 3o Les prestations et aides sociales qui sont évaluées de manière forfaitaire, notamment celles affectées au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ; / 4o Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière.". Et aux termes de l'article L. 262-37 dudit code : "Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental: / () ; / 4o Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre. / ().". Aux termes de l'article

R. 262-37 de ce code : "Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. / ().". Aux termes de l'article R. 262-83 du code de l'action sociale et des familles : "Le bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que les membres du foyer sont tenus de produire, à la demande de l'organisme chargé du service de la prestation et au moins une fois par an, toute pièce justificative nécessaire au contrôle des conditions d'ouverture de droit, en particulier au contrôle des ressources, notamment les bulletins de salaire. En cas de non-présentation des pièces demandées, il est fait application des dispositions de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale. / ().". Enfin, aux termes de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale : "(). / Sauf cas de force majeure, la non-présentation par le demandeur de pièces justificatives, la présentation de faux documents ou de fausses informations ou l'absence réitérée de réponse aux convocations d'un organisme de sécurité sociale entraînent la suspension, selon le cas, soit du délai d'instruction de la demande pendant une durée maximale fixée par décret, soit du versement de la prestation jusqu'à la production des pièces demandées ou la réponse à la convocation adressée. / ().".

6. Il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de fournir à l'organisme chargé du service de la prestation toutes les informations nécessaires à l'évaluation de ses ressources afin de permettre la détermination de ses droits, en conséquence de quoi la non-présentation de ces pièces entraîne la non-attribution ou la suspension du versement de la prestation jusqu'à leur production, puis la radiation, après quatre mois d'interruption, du versement de l'allocation.

7. A la suite de sa demande de revenu de solidarité active effectuée le 10 avril 2022, la caisse d'allocations familiales a invité M. B à produire un extrait K-bis de son activité et un bilan comptable. Parallèlement, à la même date, il a transmis sa déclaration de ressources trimestrielles des mois de janvier à mars 2022. En complément de sa demande initiale, la Caisse a sollicité la copie de l'avis d'imposition ou de non-imposition de M. B pour l'année 2021 et un formulaire à compléter. Il résulte de l'instruction que la Caisse produit l'extrait K-bis de la société de M. B dans le domaine de la maintenance informatique, l'avis de non-imposition de l'intéressé et le formulaire pour les non-salariés daté du 9 septembre 2022 et signé par M. B, ces documents établissant leur transmission à la Caisse. Ce formulaire mentionnait que, sur le plan fiscal, il relevait du régime des micro-entrepreneurs, que son activité ne relevait ni des bénéfices industriels et commerciaux, ni des bénéfices non commerciaux et que son activité ne lui procurait pas de revenus professionnels, en l'absence de montant mentionné dans les cases prévues pour inscrire le chiffre d'affaires des trois mois précédents la demande d'allocation. Malgré la transmission des pièces sollicitées, et alors que sa demande de revenu de solidarité active datait de près d'une année, sans qu'il ait obtenu une réponse, il a fait l'objet, le 31 mars 2023, d'un contrôle de la part du conseil départemental en vue d'évaluer à la fois sa situation familiale et financière.

8. Il résulte de l'instruction que ce contrôle a donné lieu à un rapport circonstancié daté du 18 avril 2023, par lequel le contrôleur a conclu au rejet de la demande de revenu de solidarité active de M. B. Comme le mentionne l'enquêteur, ce contrôle a été précédé d'un premier rendez-vous le 22 mars 2023 à 08 h 30, nécessitant deux appels téléphoniques afin que l'intéressé "se manifeste et indique de l'attendre puisqu'il était encore ensommeillé", comportement qui a pu laisser apparaître une certaine désinvolture de sa part et légitimement susciter l'agacement du contrôleur. Ceci explique en conséquence la convocation laissée dans la boîte aux lettres de M. B lui fixant un rendez-vous le 31 mars 2023 à la direction de l'allocation (DALL) de la direction générale adjointe de l'Insertion du Département de la Guadeloupe. Concomitamment, et en réponse, le 27 mars 2023, M. B a adressé un courrier au contrôleur en faisant part de son incompréhension face à la lenteur du traitement de son dossier depuis le mois d'avril 2022, en rappelant qu'il avait déjà transmis ses déclarations trimestrielles de ressources, son avis de non-imposition, son extrait K-bis et que l'administration avait connaissance de son foyer fiscal qui se composait de lui-même et qu'il était hébergé à titre gracieux, en précisant, à la lecture de l'avis de passage déposé le 22 mars 2023, lui sollicitant de nouvelles pièces, qu'il les aurait volontiers communiquées si on les lui avait demandées plus tôt. En dépit des tentatives des parties de se contacter, restées infructueuses, et de l'absence de collaboration de M. B, ainsi que le fait valoir le conseil départemental, l'intéressé a pourtant écrit, le 29 avril 2023, à la direction de l'allocation RSA, notamment au contrôleur, pour lui adresser toutes les pièces sollicitées et l'autoriser à collecter au greffe du tribunal de commerce toutes les informations nécessaires pour l'étude de son dossier, en lui précisant que, s'agissant du compte de résultat et de la liasse fiscale, sa société, qui relève du régime fiscal des micro-entreprises, est dispensée de ces documents. Finalement, par une décision du 4 mai 2023, le président du conseil départemental a refusé à M. B le bénéfice du revenu de solidarité active, en lui confirmant cette décision par le rejet de son recours administratif préalable obligatoire par une nouvelle décision en date du 21 juin 2023.

9. La décision du 21 juin 2023 est simplement fondée sur l'absence de M. B à la convocation du 31 mars 2023 alors que celui-ci a signalé, dans sa lettre du 29 avril 2023, à son "grand regret", n'avoir pu se présenter au rendez-vous fixé car il était malade et qu'il avait tenté de contacter le contrôleur, était tombé sur sa messagerie saturée, sans possibilité de lui laisser un message, et en rappelant qu'il lui avait envoyé une lettre recommandée avec avis de réception (courrier du 27 mars 2023). Me Mathurin-Kancel soutient, au cours des débats à l'audience, que son client, M. B, a cherché à régulariser sa situation par l'envoi des pièces et que le statut de micro-entreprise se caractérise par des formalités de constitution allégées. Elle précise que M. B n'avait pas à produire de bilan comptable, comme les lui ont demandé le conseil départemental et la caisse d'allocations familiales, en se référant à la fiche pratique "Travailleur indépendant", édité par cet organisme, qui énonce, pour déclarer les ressources, en vue de calculer le revenu de solidarité active, que le demandeur a l'obligation d'indiquer, uniquement, soit, sur le site "caf.fr", le chiffre d'affaires mensuel brut et la nature de l'activité, soit, sur une déclaration papier, le chiffre d'affaires mensuel après abattement. Conformément au code général des impôts, la condition à respecter pour bénéficier du régime de la micro-entreprise est de ne pas dépasser le seuil de 77 700 euros comme chiffre d'affaires s'agissant de prestations comme le domaine de l'informatique, dont relève la société de M. B, ainsi qu'il l'avait lui-même déclaré, auquel s'applique, s'il était concerné, un abattement de 50 % du chiffre d'affaires pour les activités de service relevant des bénéfices industriels et commerciaux autres que celles de vente. Si l'intéressé n'a pas déclaré le montant des recettes de sa société ou son chiffre d'affaires, les documents, qu'il a produits, permettaient d'établir que les ressources issues de son activité d'auto-entrepreneur étaient très peu élevées, voire inexistantes. Toutefois, il n'a pas confirmé l'existence ou non du chiffre d'affaires tiré de sa micro-entreprise, que l'administration était en droit d'attendre, et nécessaire pour l'étude de son dossier. S'il est certain que M. B n'a pas été finalement diligent avec l'administration dans le cadre de son contrôle, il n'apparaît cependant pas avoir cherché à faire de l'obstruction dans ses relations avec elle. Le délai mis par l'administration pour traiter le dossier de M. B et la négligence de celui-ci n'ont pas facilité l'instruction de la demande et la détermination du revenu de solidarité active. Dans ces conditions, pour rejeter sa demande de revenu de solidarité active, l'administration ne pouvait considérer que M. B avait refusé de se soumettre aux contrôles prescrits, ni n'avait pas produit les pièces justificatives, en se fondant sur la seule absence du bilan comptable, alors que d'autres éléments pouvaient lui être sollicités afin qu'il justifie les résultats financiers (bénéfice ou déficit, dépenses ou recettes) de sa société.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 21 juin 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté son recours administratif préalable obligatoire lui refusant l'attribution du revenu de solidarité active.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, le présent jugement, bien qu'il annule le refus au bénéfice du revenu de solidarité active à M. B, n'implique pas nécessairement que cette allocation soit versée rétroactivement au requérant, mais seulement qu'il soit enjoint au conseil départemental de la Guadeloupe de procéder à un nouvel examen de la situation du requérant au regard de ses droits au revenu de solidarité active à compter de la date de sa demande, et après que l'intéressé produise à l'administration les résultats financiers liés à son activité d'auto-entrepreneur.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. En application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'avocat d'un bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client si celui-ci n'avait pas eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil départemental de la Guadeloupe une somme de 1 200 euros à verser au conseil de M. B, sous réserve que Me Mathurin-Kancel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 21 juin 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. B en lui refusant l'attribution du revenu de solidarité active, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au conseil départemental de la Guadeloupe de procéder à un nouvel examen de la situation de M. B au regard de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 10 avril 2022, et à charge pour l'intéressé de produire les résultats financiers liés à sa situation d'auto-entrepreneur.

Article 3 : L'Etat versera à Me Mathurin-Kancel une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve pour le conseil de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au conseil départemental de la Guadeloupe.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. SABATIER-RAFFINLa greffière,

Signé

N. ISMAEL

La République mande et ordonne au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef,

Signé

A. Cetol

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