jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2301077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 septembre 2023, Mme B A représentée par Me Laurent Hatchi demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2023 par lequel le préfet de la Guadeloupe lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Elle soutient que la décision lui refusant son admission au séjour exceptionnelle au titre de la vie privée et familiale est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle élève seule son fils né en 2009 et qu'il est devenu français ainsi que l'atteste son passeport délivré par la préfecture de la Guadeloupe.
Par ordonnance du 13 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 4 juillet 2024.
La requête a été communiquée au préfet de la Guadeloupe qui a produit un mémoire en défense le 4 septembre 2024, postérieurement à la clôture, non communiqué.
Par courrier du 2 septembre 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction tendant à la délivrance d'un titre de séjour à la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Basse-Terre en date du 11 mars 2024 admettant Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Biodore a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante haïtienne née le 27 juillet 1969, déclare être entrée en France le 16 avril 2003. De sa relation avec un compatriote en situation régulière, est né un fils le 19 janvier 2009. Par un arrêté du 11 avril 2012, le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par un jugement n° 1200476 du 10 décembre 2012, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté sa requête. Par suite, elle a fait l'objet d'une deuxième mesure d'éloignement le 18 septembre 2014, confirmée par un jugement du 11 juin 2015, à laquelle elle s'est également soustraite. L'intéressée a fait l'objet d'une troisième mesure d'éloignement le 12 mai 2020, qui a été annulée par un jugement du 12 mars 2021 aux motifs que la commission du titre de séjour n'avait pas été consultée préalablement à l'édiction de cet arrêté, et a enjoint au préfet de la Guadeloupe de procéder au réexamen de la situation de Mme A après avoir recueilli l'avis de cette commission. La demande de titre sollicitée par Mme A a été soumise à l'avis de la commission du titre de séjour le 30 juin 2022. Par un arrêté du 4 juin 2023, le préfet de la Guadeloupe a de nouveau refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Et aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5°) L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ()
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Guadeloupe, après avoir examiné la demande présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a écarté la possibilité de lui délivrer une carte de séjour sur un autre fondement que celui exposé dans sa demande.
4. Toutefois, à l'appui de sa requête, la requérante fait valoir qu'elle est la mère d'un enfant mineur devenu français par acquisition après treize ans de vie sur le territoire. Il ressort des pièces du dossier qu'il est titulaire d'un passeport délivré par la préfecture de la Guadeloupe le 27 février 2023. Dès lors, en soutenant dans la décision attaquée que l'intéressée est mère d'un " enfant de nationalité haïtienne ", le préfet de la Guadeloupe a commis une erreur manifeste d'appréciation.
5. Par suite, l'arrêté du 4 juillet 2023 par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée doit être annulé.
Sur l'injonction d'office :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement la délivrance à Mme A d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, de procéder à cette délivrance dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 4 juillet 2023 par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de délivrer à Mme A un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guadeloupe de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. BIODORE
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
N. ISMAËL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026