mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2301229 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a réduit ses allocations de revenu de solidarité active de 50 % pendant deux mois ;
2°) de condamner le conseil départemental de la Guadeloupe à lui verser la somme de 6 157,78 euros pour préjudice ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental les frais de procédure.
Elle soutient que :
- si l'administration invoque qu'elle aurait refusé des contrôles, il n'y a eu toutefois qu'un seul contrôle, sans qu'elle ait eu la possibilité de produire des pièces en rapport avec son ancienne activité de commerçante, car, devenue chômeuse, elle était inscrite à Pôle Emploi ;
- son dossier comporte un courrier daté du 31 juillet 2022, mentionnant qu'elle a formulé un recours administratif le 30 juin 2023, soit une pièce essentielle qui n'émane pas d'elle, ce qui rend la procédure inéquitable en méconnaissance de l'article 6 § 1 de la convention européenne des droits de l'Homme ;
- ces illégalités lui causent un préjudice, dont elle sollicite la réparation ;
- si, dans son courrier du 2 mai 2023, le président du conseil départemental lui indique fonder sa décision de réduire son allocation de revenu de solidarité active de 50 % sur sa propre décision du 2 mai 2023, cette décision ne lui a jamais été notifiée ; elle n'a pas été en mesure de contester régulièrement cette décision par la voie d'un recours ; elle a tenté vainement par des courriels des 28 juin et 11 août 2023 d'obtenir le règlement des deux mois de carence ; la sanction de carence de deux mois, qui la frappe, est inexistante et il y a lieu de la rétablir dans ses droits ;
- s'agissant de l'illégalité de l'infraction retenue à son encontre de "refus du bénéficiaire du revenu de solidarité active de se soumettre aux contrôles" et l'absence de fondement de l'infraction retenue : par un courrier du 18 octobre 2022, le président du conseil départemental lui a demandé de produire différentes pièces, or, elle n'a plus d'activité depuis le 6 septembre 2021 dès lors que son commerce a été radié le 31 décembre 2021 et qu'elle est inscrite à Pôle Emploi depuis le 21 juin 2022 ; lorsqu'elle a reçu le courrier du 18 octobre 2022, elle n'était plus commerçante mais inscrite à Pôle Emploi ; elle a transmis à la Caisse les pièces justificatives de sa situation, qui lui a indiqué que ces informations sont automatiquement transmises au Département ; elle n'a donc pas refusé de se soumettre aux contrôles puisque les pièces justificatives de sa nouvelle situation de demandeur d'emploi était connue du Département à la date du 18 octobre 2022 ; le seul contrôle qu'elle a subi est celui du 22 mai 2023 par le contrôleur qui a attesté dans son rapport la remise de l'extrait K-bis de radiation et de l'attestation de Pôle Emploi ; elle ne peut pas être sanctionnée pour défaut de production de documents d'une activité qu'elle n'exerce plus (enregistrée à la CAF) ; en retenant qu'elle refusait de se soumettre aux contrôles, le Département a entaché sa décision d'une erreur de droit en méconnaissance de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles ; le président du conseil départemental ne lui notifie pas la décision la sanctionnant mais retient des contrôles refusés dont elle n'a pas eu connaissance ; l'infraction n'est pas fondée ;
- elle n'a pas formulé de recours administratif préalable obligatoire le 30 juin 2023 ;
- elle demande la condamnation du département à hauteur de 6 157,78 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 et 23 février 2024, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande indemnitaire de la requête est irrecevable en l'absence d'une demande préalable d'indemnisation auprès de l'administration pour lier le contentieux ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée, le 17 octobre 2023, à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin, qui n'a pas produit de mémoire, mais, en application de l'article R. 772-8 du code de l'action sociale et des familles, seulement les pièces du dossier, enregistrées, le 7 octobre 2024, au greffe du Tribunal.
Le 22 février 2024, la requérante a fait l'objet d'une demande de maintien de sa requête sur le fondement de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. Le 21 mars 2023, Mme A a maintenu sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, en présence de la greffière d'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sabatier-Raffin ;
- et les observations orales des représentantes du conseil départemental de la Guadeloupe et de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
Mme A n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 10 h 09, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A demande au Tribunal d'annuler la décision du 2 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a réduit son allocation de revenu de solidarité active de 50 % et de condamner le Département à lui verser la somme de 6 157,78 euros au titre de son préjudice.
Sur les conclusions indemnitaires ou à fin d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : "La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / ().".
3. Le département de la Guadeloupe oppose l'absence de réclamation préalable aux conclusions indemnitaires présentées par Mme A. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A ait adressé ou déposé, auprès du conseil départemental, une réclamation indemnitaire préalablement à la saisine du juge. En tout état de cause, la requérante ne conteste pas cette fin de non-recevoir qui lui est opposée quant à sa demande à fin d'indemnisation. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir doit être accueillie et les conclusions indemnitaires de Mme A rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que, postérieurement à l'introduction de la requête, enregistrée le 6 octobre 2023, au greffe du Tribunal, que, par une décision du 9 novembre 2023, le président du conseil départemental de la Guadeloupe a retiré rétroactivement la décision de suspension de 2ème niveau prise à l'encontre de Mme A, compte tenu de la décision de poursuite du paiement du revenu de solidarité active transmise à la caisse d'allocations familiales le 5 juin 2023. La situation de Mme A a été régularisée le 24 octobre 2023 par le versement effectif de son allocation de revenu de solidarité active pour la période des mois de mai et juin 2023. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 2 mai 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a réduit ses allocations de revenu de solidarité active de 50 % pendant deux mois, sont devenues sans objet.
Sur les frais d'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil départemental de la Guadeloupe les frais de procédure, qui, au demeurant, ne sont pas chiffrés, et que réclame la requérante, dès lors qu'elle a présenté elle-même sa requête et n'a été représentée par aucun avocat ni dans l'instance ni à l'audience. Les conclusions de Mme A tendant au remboursement des frais d'instance au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 2 mai 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a réduit ses allocations de revenu de solidarité active de 50 % pendant deux mois.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au conseil départemental de de la Guadeloupe.
Copie, pour information, en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. SABATIER-RAFFINLa greffière,
Signé
N. ISMAEL
La République mande et ordonne au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cetol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026