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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2301410

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2301410

jeudi 23 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2301410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRODES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 novembre 2023 et le 9 décembre 2024, Mme E C, représentée par Me Nérôme demande au tribunal, dans ses dernières écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel le préfet de Guadeloupe l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ et portant interdiction de retour pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de lui délivrer, dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente décision et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, un titre de séjour et, à défaut, dans un délai de 30 jours suivant la notification du présent jugement, toujours sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivre une autorisation provisoire de séjour ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée.

Elle soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- la décision ne lui a pas été notifiée dans sa langue maternelle à savoir le créole haïtien, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de l'intensité des liens personnels et familiaux qu'elle détient en France dès lors qu'elle réside sur le territoire depuis 2019 auprès de sa mère qui vit régulièrement sur le territoire depuis de nombreuses années avec son beau-père ressortissant français ;

- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors qu'elle est mère d'une enfant née en 2021 sur le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle compte-tenu notamment de son état de santé.

Sur la décision portant interdiction de retour :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article 6 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2024, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.

Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 4 décembre 2023 accordant l'aide juridictionnelle totale à Mme C.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Biodore a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante haïtienne née le 23 octobre 1991, déclare être entrée en France le 19 janvier 2019. Elle a sollicité l'asile auprès de l'office français pour la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui a rejeté sa demande par décision du 6 novembre 2018. Le recours formé contre cette décision a également fait l'objet d'un rejet de la cour nationale du droit d'asile, le 18 février 2019. A l'occasion d'un contrôle d'identité le 18 octobre 2023, elle a fait l'objet d'une mesure de retenue et le préfet de la Guadeloupe a pris à son endroit une obligation à quitter le territoire sans délai de départ avec une interdiction de retour d'un an. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler cette décision du 18 octobre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation à quitter le territoire :

2. En premier lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de l'irrégularité des conditions de notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui est sans incidence sur la légalité de cette décision. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué n'a pas été notifié à son destinataire dans une langue qu'elle comprend doit être écarté comme inopérant.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

4. En l'espèce, Mme C se prévaut de la présence régulière en France de sa mère qui, avec son époux, subviendrait à ses besoins. Si elle produit un titre de séjour au nom de Mme A B épouse D ainsi qu'une attestation d'hébergement et un avis d'impôt sur les revenus 2020 établi en 2021, elle n'établit pas le lien de filiation allégué. En outre, il ressort des termes de la décision attaquée que lors de son audition, elle a indiqué qu'elle vivait chez son oncle et que sa mère ainsi que son autre enfant résidaient en Haïti. Enfin, elle ne verse aucune pièce au dossier témoignant de son intégration et des liens qu'elle aurait noués sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à une vie privée et familiale ne pourra qu'être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

6. En l'espèce, Mme C soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille, née en 2021 sur le territoire français. Toutefois, d'une part, cette circonstance ne permet pas d'établir une méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. D'autre part, elle ne justifie pas des liens qu'elle entretiendrait avec son père, compatriote en situation irrégulière sur le territoire français. Par ailleurs, si elle soutient que sa fille est aujourd'hui scolarisée, cette circonstance, à la supposer établie, ne suffit à caractériser la méconnaissance des stipulations invoquées. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait pour effet de la séparer de sa fille. Par suite, les stipulations de l'article 3-1 de la convention précitée n'ont pas été méconnues par la mesure d'éloignement.

7. En quatrième lieu, la requérante fait valoir qu'elle bénéficie d'un suivi psychiatrique au sein de l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe. A cet effet, elle produit une attestation de suivi faisant état d'une pathologie sévère pour laquelle elle bénéficie de consultations depuis juin 2022. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait sollicitée son admission au séjour en se prévalant des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vertu desquelles l'administration est tenue de consulter un collège de médecins avant de prendre sa décision. Ainsi, le préfet n'a pas examiné d'office sa situation sur ce fondement et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant.

Sur l'interdiction de retour pendant un an :

8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

9. Il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressée au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressée sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

10. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que le préfet de Guadeloupe a étudié la situation de Mme C au regard des quatre critères prévus par l'article L. 612-10 précité, à savoir la durée de sa présence sur le territoire français, la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et la circonstance qu'elle soit entrée sur le territoire sans visa. Si la requérante soutient que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an porte atteinte à sa vie privée et familiale, ainsi qu'il a été exposé aux points 4 et 6, elle n'apporte pas d'éléments suffisamment probants pour justifier de ses liens familiaux sur le territoire. Il s'ensuit que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

12. La Cour européenne des droits de l'homme a rappelé qu'il appartient en principe au ressortissant étranger de produire les éléments susceptibles de démontrer qu'il serait exposé à un risque de traitement contraire aux stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à charge ensuite pour les autorités administratives " de dissiper les doutes éventuels " au sujet de ces éléments (23 août 2016, J.K et autres c/ Suède, n° 59166/1228). Selon cette même cour, l'appréciation d'un risque réel de traitement contraire à l'article 3 précité doit se concentrer sur les conséquences prévisibles de l'éloignement du requérant vers le pays de destination, compte tenu de la situation générale dans ce pays et des circonstances propres à l'intéressé (30 octobre 1991, Vilvarajah et autres c/ Royaume-Uni, paragraphe 108, série A n° 215). À cet égard et s'il y a lieu, il faut rechercher s'il existe une situation générale de violence dans le pays de destination ou dans certaines régions de ce pays si l'intéressé en est originaire ou s'il doit être éloigné spécifiquement à destination de l'une d'entre elles (17 juillet 2008, NA c/ Royaume-Uni, n° 25904/07). Cependant, toute situation générale de violence n'engendre pas un risque réel de traitement contraire à l'article 3, la Cour européenne des droits de l'homme ayant précisé qu'une situation générale de violence serait d'une intensité suffisante pour créer un tel risque uniquement " dans les cas les plus extrêmes " où l'intéressé encourt un risque réel de mauvais traitements du seul fait qu'un éventuel retour l'exposerait à une telle violence.

13. En l'espèce, les affrontements opposant en Haïti les groupes criminels armés rivaux entre eux et ces groupes à la police nationale haïtienne, voire aux groupes d'autodéfense, doivent, eu égard au niveau d'organisation de ces groupes criminels, à la durée du conflit, à l'étendue géographique de la situation de violence et à l'agression intentionnelle des civils, être regardés comme caractérisant un conflit armé interne exposant la totalité du territoire haïtien à une situation de violence aveugle généralisée. Toutefois, si la totalité du territoire haïtien subit une situation de violence aveugle résultant d'un conflit armé interne, cette violence atteint à Port-au-Prince ainsi que les départements de l'Ouest et de l'Artibonite, qui concentrent le plus grand nombre d'affrontements, d'incidents sécuritaires et de victimes, un niveau d'intensité exceptionnelle.

14. Une décision fixant Haïti comme pays de renvoi en cas d'exécution d'office d'une obligation de quitter le territoire français doit être regardée comme exposant un étranger à un risque réel de subir des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales lorsque l'administration n'établit pas que l'intéressé n'aura pas vocation, par l'exécution de cette mesure, à rejoindre ou traverser la zone de Port-de-Prince, le département de l'Ouest ou le département de l'Artibonite dans lesquels la situation de violence aveugle généralisée atteint un niveau d'intensité exceptionnelle.

15. En l'espèce, en décidant que la décision d'éloignement serait mise à exécution à destination du pays dont Mme C possédait la nationalité ou de tout pays dans lequel il était légalement admissible, à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse, le préfet de la Guadeloupe doit être regardé comme ayant décidé que la requérante pourrait notamment être éloignée vers le pays dont elle a la nationalité, à savoir Haïti. Or, il n'apporte aucun élément permettant d'établir l'absence de risque de mauvais traitement pour la requérante, qui est originaire de Port-au-Prince où sévit une situation de violence atteignant, ainsi qu'il a été dit, un niveau d'intensité exceptionnelle. Dès lors, en décidant que Mme C pourrait être éloignée d'office vers Haïti, le préfet de la Guadeloupe a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

16. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 18 octobre 2023 du préfet de la Guadeloupe doit être annulé en tant seulement que ce dernier a fixé Haïti comme pays de renvoi en cas d'exécution d'office de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

17. L'annulation partielle de l'arrêté n'implique ni qu'il soit enjoint à la préfecture de Guadeloupe de délivrer à l'intéressée une carte de séjour temporaire ni qu'il soit enjoint de procéder au réexamen de sa situation. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Nérôme, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 18 octobre 2023 est annulé en tant seulement que ce dernier a fixé Haïti comme pays de renvoi.

Article 2 : L'Etat versera à Me Nérôme une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et au préfet de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Santoni, président,

Mme Biodore, conseillère,

Mme Sollier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2025.

La rapporteure,

Signé

V. BIODORE

Le président,

Signé

J.L SANTONI

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Chef,

Signé

M-L CORNEILLE

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