mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2301411 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 novembre et 18 décembre 2023, Mme B A a fait opposition à une contrainte délivrée le 6 novembre 2023 par la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe en vue du recouvrement de la somme de 1 605 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale (ALS) versé à tort du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020.
Elle soutient que :
- elle n'a pas perçu l'allocation, dont il lui est réclamé le reversement, car elle n'occupait plus le logement durant la période visée ;
- si cette allocation a été versée, c'est son bailleur qui l'a perçue en raison de la mise en place d'un tiers payant et qu'il n'a pas informé l'administration de la résiliation de son bail.
La requête a été communiquée le 18 décembre 2023 à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin, qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure envoyée le 22 février 2024, mais, en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative, seulement les pièces du dossier, enregistrées, le 9 septembre 2024, au greffe du Tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, en présence de la greffière d'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sabatier-Raffin ;
- et les observations orales de la représentante de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
Mme A n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 10 h 16, en application de l'article
R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par lettres des 3 septembre 2021 et 1er janvier 2022 et 1er janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe a rappelé à Mme A qu'elle restait redevable de la somme de 1 605 euros au titre d'un indu d'allocation de logement sociale. Par lettre du 27 janvier 2022, Mme A a contesté cet indu en transmettant à la caisse d'allocations familiales l'état de sortie de son logement au 31 juillet 2019. Le 6 novembre 2023, cette administration a émis une contrainte en vue du recouvrement de cette somme correspondant à un indu d'allocation de logement social versé à tort du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : "Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire.". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : "Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition. / La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire.".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la construction et de l'habitation : "L'allocation de logement est versée, sur leur demande, au prêteur ou au bailleur. / Le prêteur ou le bailleur déduit l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement. Il porte cette déduction à la connaissance de l'allocataire. Il verse, le cas échéant, à l'allocataire la part de l'allocation de logement qui excède le montant du loyer et des charges récupérables. ().". Aux termes de l'article R. 823-23 du même code : "Dans le cas où le bailleur ou l'établissement habilité justifie qu'il a, conformément aux articles L. 832-2 et L. 842-1, déduit les sommes d'aide personnelle au logement du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement et que le locataire ou l'emprunteur ne conteste pas le caractère indu de ces sommes, celles-ci sont recouvrées, suivant le cas, auprès du locataire ou de l'emprunteur, dans les conditions fixées à l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.".
4. Il résulte de ces dispositions que l'aide personnalisée au logement est versée au bailleur, pour le compte de l'allocataire, pour être déduite du montant du loyer. En vertu des dispositions de l'article R. 823-23 du code de la construction et de l'habitation, en cas de sommes indument versées, dès lors que le montant de l'aide personnalisée au logement a été déduit de celui du loyer, il appartient à l'allocataire de rembourser les indus. En l'espèce, Mme A déclare, sans être contredite, qu'elle avait quitté son logement dès le 31 juillet 2019, de sorte qu'elle n'a payé aucun loyer afférent à cette location postérieurement à cette date. Elle verse au dossier la copie de l'état des lieux de sortie établi avec son bailleur ainsi qu'une facture d'Electricité de France (EDF) de cessation de fourniture d'électricité arrêtée au 6 septembre 2019. La caisse d'allocations familiales fait valoir, au cours des débats à l'audience, que, le 9 septembre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, enregistrée le 16 novembre 2023, au greffe du Tribunal, le directeur de la Caisse a informé Mme A que l'indu d'allocation de logement sociale, mis à sa charge pour un montant de 1 605 euros, a été transféré à son ancien bailleur. Toutefois, par cette simple information à la requérante, il ne se prononce pas sur la demande d'annulation de la contrainte délivrée le 6 novembre 2023 à l'encontre de la requérante. Dans ces conditions, Mme A, qui n'était manifestement plus locataire du logement, en vertu duquel cette allocation était versée pour la période de janvier à décembre 2020, est, par suite, fondée à demander l'annulation de la contrainte décernée par la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe à son encontre.
D E C I D E :
Article 1er : La contrainte du 6 novembre 2023, émise par la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe à l'encontre de Mme A, en vue du recouvrement de la somme de 1 605 euros, correspondant à un indu d'allocation de logement sociale versé à tort du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020, est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. SABATIER-RAFFIN La greffière,
Signé
N. ISMAEL
La République mande et ordonne au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cetol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026