jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2301492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête n°2301492, enregistrée le 6 décembre 2023, M. C D demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2023 du préfet de la Guadeloupe portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile et maintien en rétention administrative ;
3°) d'ordonner au préfet de lui accorder une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est entachée d'une illégalité car il aurait dû être libéré suite au dépôt de sa demande d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet a qualifié sa demande d'asile de dilatoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L 611-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par ordonnance du 28 juin 2024 la clôture a été fixée au 29 juillet 2024.
Un mémoire, commun aux deux requêtes, présenté pour le préfet de la Guadeloupe a été enregistré le 12 septembre 2024, jour de l'audience.
Par une décision du 30 janvier 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'admission à l'aide juridictionnelle de M. D.
II) Par une requête n°231562, enregistrée le 22 décembre 2023, M. C D demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
3°) d'ordonner au préfet de lui accorder une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de compétence
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été édictée en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de ce qu'une autorisation provisoire de séjour au titre de l'asile aurait dû lui être délivrée à la suite de la demande d'asile qu'il a formulée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une exception d'illégalité ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une exception d'illégalité ;
- elle est insuffisamment motivée sur les motifs du délai de départ volontaire imposé ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires auxquelles elle l'expose.
Par ordonnance du 13 juin 2024 la clôture a été fixée au 8 juillet 2024.
Un mémoire, commun aux deux requêtes, présenté pour le préfet de la Guadeloupe a été enregistré le 12 septembre 2024, jour de l'audience.
Par une décision du 30 janvier 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'admission à l'aide juridictionnelle de M. D.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Charlotte Ceccarelli, première conseillère,
Considérant ce qui suit :
1. M. D, né le 10 décembre 1989 en République Dominicaine, a été placé en garde à vue pour faux et usage de faux passeport, puis en rétention administrative. Le 3 décembre 2023 le préfet de la Guadeloupe a pris un arrêté qui l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. D a formé une demande d'asile le 4 décembre 2023 et s'est vu notifié, le 5 décembre 2023, un arrêté de maintien en rétention et refus d'admission au séjour au titre de l'asile. Par une requête en date du 6 décembre 2023, il sollicite l'annulation de cette décision. En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire délivrée le 3 décembre 2023, par des ordonnances des 12 et 27 décembre 2023 le juge des référés a rejeté ses requêtes tendant à obtenir la suspension de l'exécution de cette décision. Par une requête en date du le 22 décembre 2023, M. D sollicite l'annulation de cette décision.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2301492 et 2301562 présentées par M. D étant liées par leur objet, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. "
4. Par une décision du 30 janvier 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'admission à l'aide juridictionnelle de M. D. Il n'y a donc pas lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 4 décembre 2023 du préfet de la Guadeloupe portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile et maintien en rétention administrative :
5. En premier lieu, l'arrêté du 4 décembre 2023 a été signé par Madame B, cheffe du pôle départemental de l'immigration et de l'intégration qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté préfectoral RAA Spécial n°971-2023-09-01- 00002, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture en date du 1er septembre 2023, accessible tant au juge qu'aux parties et n'exclue aucune des décisions objet du présent recours. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, conformément à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, l'arrêté attaqué, qui vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, qui mentionne la date d'arrivée en France du requérant, qui indique qu'il ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour compte tenu de sa situation personnelle, qu'il n'a déposée aucune demande en vue de régulariser sa situation administrative et qu'il a été placé en garde à vue pour faux et usage de faux passeport, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors que ces indications ont permis à l'intéressé de comprendre et de contester les mesures contestées, et qu'il ne ressort pas davantage des termes même de la décision en litige que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté litigieux doit être écarté comme manquant en fait.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention, exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. / A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7 ".
8. En l'espèce, le préfet de la Guadeloupe a prononcé le maintien en rétention administrative du requérant au motif que sa demande d'asile apparait dilatoire dès lorsqu'elle a été déposée uniquement après son placement en rétention et la notification de l'obligation de quitter le territoire. M. D allègue n'être entré sur le territoire que le 14 octobre 2023 mais ne produit aucun document permettant d'attester de son arrivée très récente sur le territoire, se bornant à soutenir que s'il n'a pas déposé de demande d'asile à son arrivée, c'est en raison de la complexité des démarches à entreprendre. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision de maintien en rétention d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'arrêté du 3 décembre 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec une interdiction de retour d'une durée de deux ans :
Quant à la décision portant obligation de quitter le territoire :
9. En premier lieu, l'arrêté du 3 décembre 2023 a été signé pour le préfet et par délégation, par M. Maurice Tubul, secrétaire général de la préfecture de la Guadeloupe qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté préfectoral arrêté SG/BCI n° 971-2022-05-11-00001 du 11 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture en date du 1er septembre 2023, accessible tant au juge qu'aux parties et n'exclue aucune des décisions objet du présent recours. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
10. En deuxième lieu, conformément à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, l'arrêté attaqué, qui vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, qui mentionne la récente date d'arrivée en France du requérant, qui fait référence de manière précise à sa situation personnelle et professionnelle, qui indique qu'il ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour car ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors que ces indications ont permis à l'intéressée de comprendre et de contester les mesures prises à son encontre, et qu'il ne ressort pas davantage des termes même de la décision en litige que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté litigieux doit être écarté comme manquant en fait.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de même valeur juridique que le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et le Traité sur l'Union européenne, en vertu de l'article 6 de ce dernier : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il résulte toutefois de la jurisprudence de cette même cour et notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été placé en rétention administrative le 3 décembre 2023 et qu'il aurait pu dans ce cadre présenter des observations, écrites ou orales, qui auraient été susceptibles d'influer sur la décision litigieuse. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'il aurait sollicité, en vain, un entretien avec les services préfectoraux. Dès lors, le requérant ne peut utilement faire valoir que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne aurait été méconnu par la décision attaquée et le moyen tiré de ce que la décision en litige a été prise en violation de son droit à être entendu doit être écarté.
13. En quatrième lieu, M. D soutient que le préfet de la Guadeloupe aurait dû lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de l'asile à la suite de la demande qu'il a formulée après son placement au centre de rétention. Il résulte toutefois de ce qui a été développé au point 8 de la présente décision que le moyen du requérant n'est pas fondé. Dès lors, il doit être écarté.
14. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'a ni pour objet, ni pour effet de contraindre le requérant à retourner vers un pays déterminé.
Quant à la décision fixant le pays de renvoi :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi devrait être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
16. En deuxième lieu, dès lors que la décision fixant le pays de destination vise les dispositions des articles L. 721-3 et 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. En l'espèce, dès lors que le requérant allègue, sans en justifier, craindre pour sa vie en cas de renvoi dans son pays d'origine, le moyen ne pourra qu'être écarté.
Quant à la décision refusant un délai de départ volontaire :
19. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision refusant un délai de départ volontaire devrait être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".
21. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D, qui soutient être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2023, s'y est maintenu sans introduire une demande de titre de séjour auprès de la préfecture jusqu'à la délivrance de la décision attaquée et son placement en centre de rétention administrative. Au sein de sa décision, le préfet de la Guadeloupe a visé l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable et a précisé que le requérant ne justifie d'aucune circonstance particulière susceptible de faire obstacle à son application. Dès lors les moyens tirés du défaut de motivation et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Quant à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
22. En premier lieu, conformément au point 11 de la présente décision, le moyen tiré du vice de compétence ne pourra qu'être écarté.
23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
24. En l'espèce dès lors que la décision attaquée vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu'il n'existe aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à l'édiction de l'interdiction de retour prononcée à l'encontre du requérant, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
25. En dernier lieux, termes de l'article L. 612-6 du même code : " lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf si des circonstances humanitaires s'y opposent ".
26. En l'espèce, conformément au point 21 de la présente décision, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne pourra qu'être écarté.
27. Il résulte de tout ce qui précède que doivent être rejetées les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2023 du préfet de la Guadeloupe portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile et maintien en rétention administrative, ainsi que l'arrêté du 3 décembre 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec une interdiction de retour d'une durée de deux ans et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire ;
Article 2 : Les requêtes n°2301492 et n°2301562 de M. D sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M Jean-Laurent Santoni, président,
Mme Ceccarelli Charlotte, première conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CECCARELLI
Le président,
Signé
J-L. SANTONI
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
N°2301492-230156
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026