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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2301529

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2301529

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2301529
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2023, M. D B demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision datée novembre 2023, par laquelle le conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté sa demande de revenu de solidarité active (RSA) ;

2°) d'enjoindre au département de la Guadeloupe de procéder au réexamen de sa demande de revenu de solidarité active.

Il soutient que :

- il est arrivé en Guadeloupe en 1994 et possède une carte de séjour pluriannuelle, alors que toutes ses demandes d'aide sociale sont rejetées, dont celle relative à l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) par une décision en date du 13 mars 2019 ;

- n'ayant aucune ressource, avec des problèmes de santé, qui nécessitent des soins à domicile et du matériel, sa demande de revenu de solidarité active a été pourtant rejetée ;

- il a transmis l'ensemble des justificatifs de ses titres de séjour pour la période de juin 2018 à juillet 2022 ; le mois de juin 2018 correspond au titre de séjour valable du 13 septembre 2017 au 12 septembre 2019, qui lui a été remis par la préfecture de la Guadeloupe le 24 novembre 2017 tandis que le mois de juillet 2022 correspond au récépissé de carte de séjour valable du 3 juin au 2 décembre 2022, qui lui a été délivré le 12 mai 2022 par la préfecture.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête de M. B.

Il fait valoir que :

- la requête de M. B est irrecevable au motif que le signataire du recours contentieux est une personne dépourvue du droit d'agir ; si la requête de M. B comporte bien son nom, néanmoins l'auteur de la signature est une tierce personne dénommée "Mme C A", qui ne justifie pas d'un droit d'agir en lieu et place de M. B ; le Tribunal ne peut que relever le défaut de qualité et d'intérêt à agir de Mme A dans le litige opposant M. B au conseil départemental et à la caisse d'allocations familiales ;

- en application du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active a pour objet, notamment, de favoriser l'insertion professionnelle, toutefois, en l'espèce, il convient de relever que, compte tenu de l'âge de M. B, 85 ans, il devrait plutôt reformuler auprès de sa caisse de retraite une demande d'allocation de solidarité aux personnes âgées (APSA), dénommée "minimum vieillesse" ;

- le rejet de la demande de M. B ne se justifie que par l'absence de production nécessaires au regard de sa situation de personne de nationalité étrangère ; s'il a justifié de la légalité de sa présente sur le territoire pour plusieurs périodes, il convient de noter qu'il a certaines périodes de rupture, notamment celles du 19 mai 2017 au 12 septembre 2017 et du 13 septembre 2019 au 28 janvier 2020.

La requête a été communiquée, le 15 février 2024, à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin, qui n'a pas produit de mémoire, mais, en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative, seulement des pièces du dossier, enregistrées, le 7 octobre 2024, au greffe du Tribunal.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, en présence de la greffière d'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sabatier-Raffin ;

- et les observations des représentants du conseil départemental de la Guadeloupe et de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.

M. B n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à 10 h 25, en application de l'article

R. 777-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En réponse au recours administratif préalable obligatoire formulé le 7 septembre 2023 par M. B, et par un courrier du mois de novembre 2023, le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté son recours. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal l'annulation de cette décision de rejet et le réexamen de demande de revenu de solidarité active.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense par le conseil départemental de la Guadeloupe :

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : "La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / ().". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : "Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. / ().". Aux termes de l'article R. 431-3 dudit code : "Toutefois, les dispositions du 1er alinéa de l'article R. 431-2 ne sont pas applicables : / () ; / 4o Aux litiges en matière de pensions, de prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi", d'emplois réservés et d'indemnisation des rapatriés ; / ().". Aux termes de l'article R. 431-4 de ce code : "Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir.". Et, enfin, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'action sociale et des familles : "Les parties peuvent également se faire représenter: / 1o Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 ; / ().". Il résulte de ces dispositions que si un requérant peut présenter lui-même sa requête en matière d'aide ou de l'action sociale, telle que le revenu de solidarité active, en revanche il ne peut pas être représenté par un mandataire autre que ceux définis à l'article R. 432-1 du code précité. En outre, la requête adressée à une juridiction administrative doit être signée par le requérant, ou son mandataire. Le défaut de signature peut être régularisé avant l'intervention du jugement.

3. Le conseil départemental soulève plusieurs fins de non-recevoir au motif que la requête de M. B n'est pas signée par lui, que le signataire de la requête n'a pas de mandat, notamment une procuration, pour représenter M. B, et que cette personne n'a pas qualité et intérêt à agir en lieu et place de M. B. Il résulte de l'instruction que si M. B a saisi la juridiction administrative par une requête introductive d'instance, mentionnant son nom sur l'en-tête, celle-ci n'est pas signée en effet par lui, mais par une personne tierce, à savoir Mme C A, qui ne constitue pas l'un des mandataires indiqués à l'article R. 431-2. Bien que Mme A soutienne s'occuper de M. B, cette circonstance n'est toutefois pas suffisante pour l'autoriser à le représenter devant la juridiction administrative. Par un courrier recommandé du 21 décembre 2023, le greffe du Tribunal a adressé une demande de régularisation à M. B, l'invitant à signer sa requête. Malgré la distribution et la présentation de ce courrier le 26 décembre suivant et l'avis de réception retourné le 27 décembre 2023 au Tribunal, M. B n'a pas régularisé sa requête. Faute d'être régularisée par la production d'un exemplaire dûment signé, alors qu'une demande en ce sens lui a été envoyée, la requête de M. B est irrecevable. Par suite, les fins de non-recevoir du conseil départemental de la Guadeloupe doivent être accueillies.

4. Enfin, au cours des débats à l'audience, le conseil départemental de la Guadeloupe a précisé, en raison de l'âge de M. B, né en 1939, qu'il devrait, s'il s'y croit fondé, reformuler une nouvelle demande auprès du Service de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (APSA) de la direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des dépôts et consignations, qui répondrait davantage à sa situation que celle liée à l'attribution du revenu de solidarité active, dont l'objet est de favoriser l'insertion professionnelle de l'allocataire.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du mois de novembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté sa demande d'attribution du revenu de solidarité active.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au conseil départemental de la Guadeloupe.

Copie, pour information, en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. Sabatier-RaffinLa greffière,

Signé

N. Ismaël

La République mande et ordonne au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef,

Signé

A. Cetol

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