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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2400001

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2400001

vendredi 5 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2400001
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMATHURIN KANCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 et 4 janvier 2024, Mlle E G, représentée par Me Mathurin-Kancel, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de mettre fin à l'atteinte grave et manifestement illégale portée à ses libertés fondamentales, par l'arrêté n° DR/D/97823256SM du 26 décembre 2023 du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, que sont la liberté d'aller et de venir et son droit de mener une vie privée et familiale normale, en méconnaissance notamment des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) d'enjoindre au représentant de l'Etat à Saint-Martin de suspendre l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet et les décisions afférentes, de mettre en œuvre son retour en Guadeloupe en cas d'exécution de la reconduction à la frontière et de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, puisque l'arrêté attaqué l'oblige à quitter la Guadeloupe et peut être exécuté à tout moment ;

- elle est arrivée en Guadeloupe à l'âge de 14 ans où elle a été scolarisée dès l'année 2019 ; elle est titulaire du brevet national des collèges, du baccalauréat avec mention au lycée hôtelier de Saint-Félix au Gosier et est inscrite en formation complémentaire "Barman" ;

- à sa majorité, elle a effectué les démarches pour solliciter une carte de séjour, a été convoquée à la sous-préfecture le 24 octobre 2023 où son dossier a été enregistré, avec un nouveau rendez-vous le 19 février 2024, bien qu'aucun récépissé ne lui ait été remis en méconnaissance des articles R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et ses relevés de notes témoignent d'un parcours assidu et sérieux ;

- elle n'a plus de famille en Haïti où ses parents sont décédés ; elle vit en Guadeloupe avec sa tante, Mme F H et son frère ;

- la décision du préfet porte une atteinte grave à son droit de mener une vie privée et familiale normale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et à sa liberté d'aller et venir ; elle réside de manière stable et continue depuis l'âge de 14 ans ; ses relevés de notes, l'appréciation de ses professeurs, l'obtention de ses diplômes et sa maîtrise de la langue française sont la preuve de son engagement réel et sérieux ainsi que de son insertion en France ; elle vit avec sa tante, en charge de son éducation, qui est en situation régulière et qui est la seule parente adulte qui lui reste, avec son frère.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 janvier 2024, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et Saint-Martin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est plus remplie ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le jeudi 4 janvier 2024, à 14 h 30, en présence de Mme Cétol, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. Sabatier-Raffin, juge des référés ;

- et les observations de Me Mathurin-Kancel, représentant Mlle G.

Le préfet de la Guadeloupe n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, soit à 14 h 55.

Considérant ce qui suit :

1. Mlle G, ressortissante haïtienne, née le 8 avril 2004 à La Gonave (Haïti), qui réside en Guadeloupe, a été interpelée par les policiers à Saint-Martin le 25 décembre 2023. Le 26 décembre 2023, le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a pris un arrêté par lequel il a prononcé à l'encontre de l'intéressée une obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ, avec une interdiction de retour d'une durée d'un an. Elle a été placée dans les locaux de rétention administrative (LRA) de Saint-Martin, puis transférée le 28 décembre 2023 au centre de rétention administrative (CRA) des Abymes en Guadeloupe. Par la présente requête, Mlle G demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de mettre fin à l'exécution de la procédure d'éloignement et de prononcer la suspension de cet arrêté ainsi qu'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : "Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. / ().".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mlle G au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures.".

En ce qui concerne l'urgence :

5. Aux termes de l'article L. 761-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir en Guadeloupe : / () ; / 2° Si l'étranger a saisi le tribunal administratif d'une demande sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, avant que le juge des référés ait informé les parties de la tenue ou non d'une audience publique en application du deuxième alinéa de l'article L. 522-1 du même code, ni, si les parties ont été informées d'une telle audience, avant que le juge ait statué sur la demande.".

6. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Eu égard au caractère non suspensif résultant des dispositions précitées de l'article L. 761-3, fixé, par dérogation au régime national de l'obligation de quitter le territoire français, par le législateur pour l'application du contrôle par le juge administratif de la légalité de l'obligation de quitter le territoire opposée à un étranger sur le territoire de la Guadeloupe par le préfet de la Guadeloupe, la seule perspective de la mise en œuvre de la mesure d'éloignement ainsi décidée est de nature à caractériser en principe une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du même code, ouvrant au juge des référés le pouvoir de prononcer la suspension de l'exécution de la décision d'obligation de quitter le territoire français. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, au regard de la situation de celui-ci et des buts poursuivis par la décision attaquée, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une telle urgence, celle-ci étant appréciée objectivement et, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

7. Par ailleurs, lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé-liberté, instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence, qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

8. En invoquant le risque de mise à exécution à tout moment de la mesure d'éloignement prononcé à son encontre, Mlle G soutient qu'elle justifie de l'urgence, s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin fait valoir que la condition d'urgence n'est plus remplie dès lors que l'intéressée a obtenu sa libération. Si, précisément, Mlle G n'est plus retenue au centre de rétention administrative en application de l'ordonnance du 3 janvier 2024 rendu par le juge des libertés et de la détention, il ressort des pièces du dossier que celui-ci l'a assignée à résidence chez sa tante domiciliée à Sainte-Anne pour une durée de 45 jours, à compter du 4 janvier 2024, "en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement" et rappelé, dans sa décision, que "l'intéressée a l'obligation de quitter le territoire". Dès lors que cette assignation a pour seul objet de procéder prochainement à son éloignement du territoire français, "sans délai pour rejoindre le pays dont elle a la nationalité ou tout pays dans lequel elle est légalement admissible, notamment Haïti", selon les dispositions de l'arrêté attaqué du 26 décembre 2023, Mlle G doit être regardée comme justifiant d'une urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au regard des conséquences sur sa situation familiale et personnelle.

En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :

S'agissant de la liberté d'aller et de venir :

9. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1o Les documents justifiants de son état civil; / 2o Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3o Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents.". Et aux termes de l'article R. 431-12 du même code : "L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande.".

10. Mlle G soutient qu'elle a déposé une première demande de titre de séjour. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 10 août 2023, l'administration a accusé réception de cette demande en invitant l'intéressée à se présenter le 24 octobre 2023 à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, où lui a été remise une convocation pour le 19 février 2024. Toutefois, ainsi qu'elle le soutient, aucun récépissé ne lui a été délivré qui lui aurait permis de se déplacer et séjourner facilement durant la période d'examen de sa demande, en précisant, sans être contestée, qu'elle a présenté, lors de son audition dans les locaux de la police à Saint-Martin, la preuve de sa convocation à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre fixée au mois de février 2024. Le préfet de la Guadeloupe fait valoir, par ailleurs, qu'elle a déposé une demande d'asile le 29 décembre 2023 lors de son placement au centre de rétention administrative de Guadeloupe. Selon la requérante, en lui ayant remis une convocation pour le 19 février 2024 à un rendez-vous dans le cadre de sa première demande de titre de séjour et pris la mesure lui faisant l'obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative crée à son encontre une contradiction entre la mesure édictée et la remise de la convocation, ainsi qu'elle l'indique lors de l'audience. Elle précise que le préfet de la Guadeloupe n'a pas défendu sur cette atteinte, qui, toutefois, fait valoir, dans ses écritures, que sa décision est fondée sur l'examen de la situation de Mlle G, qui n'a pas de "document l'autorisant à circuler ou séjourner librement sur le territoire national". Cette situation établit, ainsi qu'il ressort des pièces du dossier, que, d'un côté, le préfet a pris une décision obligeant l'intéressée à quitter le territoire sans délai avec interdiction de retour, tandis que, d'un autre côté, il lui a fixé un rendez-vous en sous-préfecture pour le 19 février 2024, constituant une atteinte à sa liberté d'aller et venir pour finaliser ses démarches administratives relatives à sa demande de titre de séjour.

S'agissant du droit au respect de sa vie privée et familiale :

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme : "1 Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.".

12. Mlle G soutient être entrée à l'âge de 14 ans en Guadeloupe et résider de manière stable et continue depuis son arrivée sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a été inscrite en 2019 au collège Olympe Rame-Decorbin, à Sainte-Anne, en classe de troisième, puis, de 2020 à 2023, au lycée des métiers de l'hôtellerie et du tourisme "Archipel Guadeloupe" au lieu-dit Saint-Félix à Gosier, où elle a obtenu successivement le brevet national des collèges, puis le baccalauréat professionnel spécialité "Cuisine" avec la mention assez bien. Elle poursuit actuellement, pour l'année scolaire 2023/2024, une mention complémentaire "Barman" (MCB) avec une assiduité régulière aux différents cours de cette section, ainsi que le certifie un enseignant de son lycée par une attestation du 1er janvier 2024. Elle produit également ses certificats de scolarité et son bulletin de note du premier semestre, pour l'année 2023/2024, où sa moyenne générale s'élève à 14,50/20 alors que celle de sa classe est de 12,41 et a effectué un stage "Bar" chez "Le Club Med", bien qu'elle l'ait interrompu au mois de novembre 2023. Elle produit également les actes de décès de son père le 10 octobre 2011 au Moule et de sa mère le 30 mai 2020 en Haïti, une attestation d'hébergement de sa tante, Mme F H, domiciliée au lieu-dit Douville sur la commune de Sainte-Anne, et titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 26 août 2024, ses convocations les 24 octobre 2023 et 12 février 2024. Malgré la circonstance que la requérante ait des frères et sœurs en Haïti, sa tante, qui l'héberge en Guadeloupe et assure son entretien, constitue aujourd'hui son seul lien familial. Il en résulte que, compte tenu de son parcours scolaire et de sa situation familiale, Mlle G atteste de la continuité de son séjour depuis son entrée sur le territoire français et de sa volonté d'intégration par la réussite scolaire. Le juge des libertés et de la détention, dans son ordonnance du 3 janvier 2024, synthétise le contexte personnel et familial de Mlle G, en mentionnant que "la situation de l'intéressée ne justifie pas son maintien en rétention en ce qu'elle a remis un passeport en cours de validité à l'autorité administrative ; par ailleurs, elle justifie résider sur le territoire français chez sa tante à la même adresse depuis cinq ans, adresse qu'elle utilise dans ses démarches avec son lycée et l'autorité administrative en vue d'obtenir un titre de séjour ; l'attestation de scolarité de son professeur, M. B I, ainsi que sa présence avec celui d'un autre professeur M. A C à l'audience établissent que sa scolarité est effective et encore en cours ; elle présente ainsi les garanties de représentation suffisantes pour être placée sous assignation à résidence chez sa tante.". Il ressort de ces éléments que l'intéressée est bien fondée à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai de départ, le préfet de la Guadeloupe a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales.

13. Il s'ensuit, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mlle G est fondée à demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ, avec une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, prononcée le 26 décembre 2023, par le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. La présente ordonnance, qui suspend l'exécution de l'arrêté du 26 décembre 2023, implique seulement que le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ou le préfet de la Guadeloupe, d'une part, réexamine la situation de Mlle G dans un délai d'un mois et, d'autre part, lui délivre une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours, à compter de la notification de la présente décision.

Sur l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

15. Mlle G ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, son avocat peut ainsi se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mathurin-Kancel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser au conseil de Mlle G.

O R D O N N E :

Article 1er : Mlle G est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du 26 décembre 2023, par lequel le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a fait obligation à Mlle G de quitter le territoire français sans délai de départ, avec interdiction de retour d'une durée d'un an, est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et Saint-Martin ou au préfet de la Guadeloupe de procéder au réexamen de la situation administrative de Mlle G dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 4 : L'Etat versera à Me Mathurin-Kancel, conseil de Mlle G, une somme de 900 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Mathurin-Kancel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mlle E G et au préfet de la Guadeloupe.

Copie, pour information, en sera adressée au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.

Ordonnance rendue publique par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2024.

Le juge des référés,

signé

P. Sabatier-Raffin

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. CETOL

2400001

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