lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2400110 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 janvier et le 16 février 2024, la société d'intervention et de service (S.IN.SER), représentée par Me Thiébaut, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.551-1 du code de justice administrative :
1°) à titre principal, enjoindre le Syndicat mixte gestion de l'eau et de l'assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres et ce, au regard des irrégularités qui auraient été sanctionnées par le juge des référés ;
2°) à titre principal, annuler la décision de rejet de son offre de la société en date du 18 janvier 2024, et notifiée le même jour, et toutes les décisions subséquentes à l'analyse des offres ;
3°) à titre subsidiaire, annuler la procédure de passation du marché litigieux, lancée par le SMGEAG ;
4°) condamner le SMGEAG à lui verser une somme de 3 500 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- Sa requête est recevable ;
- Le critère n° 1, " date et délai de livraison ", créée une discrimination illégale en faveur des entreprises locales dans la mesure où, d'une part, la date et le délai de livraison ne devraient reposer que sur le délai de réalisation des fournitures et non leur acheminement, d'autre part, parce que le SMGEAG reconnaît lui-même qu'il n'était pas pressé, enfin puisque la notation qu'elle a reçue pour ce critère lui fait grief, rendant aléatoire cette notation ;
- Concernant le critère n° 3, valeur technique, le SMGEAG a commis une erreur de droit au regard du mémoire technique qu'elle avait déposé ;
- Concernant le critère n° 3 le SMGEAG a également commis une erreur manifeste d'appréciation dans sa notation au vu de toutes les pièces produites.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2024, le SMGEAG, représentée par Me Landot et Me Karamitrou, conclut au rejet de la requête. Elle demande, en outre, que la société S.IN.SER, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, soit condamnée à lui verser la somme de 5 000 euros. Elle fait valoir que :
- Le contrat contesté ayant été passé par une entité adjudicatrice, le juge ne dispose pas du pouvoir d'annuler le contrat ni aucune décision se rapportant à la procédure de passation du contrat ;
- L'établissement du critère n° 1 relatif à la date et au délai de livraison par le SMGEAG ne présente aucune irrégularité à la lumière des obligations de publicité et de mise en concurrence et n'est aucunement discriminatoire ;
- La société requérante ne peut pas se prévaloir d'une erreur d'appréciation sur la valeur de son offre devant le juge des référés, de sorte que cet argument ne peut aucunement constituer un manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence du SMGEAG ;
- La société requérante n'est pas susceptible d'avoir été lésée par les prétendus manquements invoqués.
L'attributaire du marché, la société Sodimat, a produit des pièces par un courrier du 7 février 2024 sans présenter de conclusions.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de la visio-audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lubino, greffière d'audience, M. Gouès a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Sainte-Thérèse, en visio-audience, représentant le SMGEAG.
La société S.IN.SER, qui avait sollicité le tribunal pour participer à la visio-audience, en raison de problèmes techniques qui lui sont propres, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) a lancé une consultation pour un marché public intitulé " Acquisition de mini-pelle pour les besoins du SMGEAG ", sous la forme d'un appel d'offres ouvert passé en application des articles L. 2124-2, R. 2124-2 1°, R. 2161-2 à R. 2161-5 du code de la commande publique. La date limite de remise des offres était initialement fixée au 31 octobre 2023 à 12 heures. Les prestations étaient ainsi définies : " Les stipulations de la présente consultation concernent l'acquisition de 6 mini-pelle avec marteau brise roche et remorque pour les besoins des services du SMGEAG. " Ce marché ne prévoyait pas de découpage de lots. Il était précisé que les prestations allaient être attribuées par marché unique, suivant la notation de trois critères : - critère n° 1 : Date et délai de livraison, pondération 10 ; - critère n° 2 : Prix des prestations, pondération 50 ; - critère n° 3 : Valeur technique, pondération 40. Le 25 octobre 2023, la date de remise des plis était reportée au 13 novembre 2023 à 12 heures. C'est dans ce contexte que la société requérante a déposé une offre le 13 novembre 2023. Le 18 janvier 2024, la société S.IN.SER se voyait notifier par lettre recommandée avec accusé de réception en ligne le rejet de son offre au profit de la société SODIMAT SA, installée à Baie-Mahault en Guadeloupe. La société requérante sollicitait alors du pouvoir adjudicateur des précisions complémentaires, et formalisait sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception du 22 janvier 2024, en vain. C'est ainsi que la société requérante, à titre principal, enjoint le SMGEAG de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres et d'annuler la décision de rejet de son offre de la société en date du 18 janvier 2024, et notifiée le même jour, et toutes les décisions subséquentes à l'analyse des offres.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, ou la délégation d'un service public. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ". Aux termes de son article L. 551-3 : " Le président du tribunal administratif ou son délégué statue en premier et dernier ressort en la forme des référés ".
3. En premier lieu, si la société requérante soutient que le critère n° 1, " date et délai de livraison ", créée une discrimination illégale en faveur des entreprises locales dans la mesure où la date et le délai de livraison ne devraient reposer que sur le délai de réalisation des fournitures et non leur acheminement, toutefois, d'une part, par les pièces du dossier, elle ne l'établit pas et, d'autre part, comme il est soutenu en défense il lui était loisible de s'associer avec une entreprise locale afin de mettre à disposition le matériel en question dans les délais les plus courts. Par ailleurs, si la société S.IN.SER excipe d'une conversation téléphonique, dûment authentifiée par huissier, avec un interlocuteur du SMGEAG selon laquelle les mini-pelles objets du marché n'étaient pas attendues avec impatience, toutefois, les dits de cette personne, qui n'avait pas reçu de mandat pour s'exprimer au nom du SMGEAG, ne peuvent être retenus comme éléments sérieux au soutien du moyen, qui sera, par suite, écarté.
4. En second lieu, si la société S.IN.SER soutient que concernant le critère n° 3, " valeur technique ", le SMGEAG a commis une erreur de droit au regard du mémoire technique qu'elle avait déposé mais aussi une erreur manifeste d'appréciation dans sa notation au vu de toutes les pièces produites, toutefois, elle ne l'établit pas. En tout état de cause, la société S.IN.SER n'établit aucune lésion, étant noté en défense, sans que cela soit contesté, qu'en cas même de neutralisation du critère n° 1 la société requérante ne serait malgré tout pas classée en première position.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de la société S.IN.SER doit être rejetée dans toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il ne sera pas fait droit aux conclusions du SMGEAG en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société S.IN.SER est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du SMGEAG en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société S.IN.SER, au SMGEAG et à la société SODIMAT.
Fait à Basse-Terre le 19 février 2024.
Le juge des référés,
Signé :
S. GOUÈS
La République mande et ordonne au préfet de Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé :
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026