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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2400206

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2400206

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2400206
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 février, le 16 septembre et le 1er octobre 2024, l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques, défère au tribunal comme prévenue d'une contravention de grande voirie, Mme C D, et conclut, dans le dernier état de ses écritures, à ce que le tribunal :

1°) constate que les faits établis par les procès-verbaux du 14 novembre 2023, du 29 avril et du 16 septembre 2024 constituent la contravention prévue et réprimée par l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques et condamne par suite Mme D au paiement d'une amende de 10 000 euros et au versement d'une somme de 1 692,60 euros au titre des frais d'établissement du procès-verbal du 16 septembre 2024 ;

2°) ordonne la remise en état des lieux dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et, à défaut d'exécution volontaire dans le même délai, autorise l'Agence à procéder elle-même à la remise des lieux dans leur état naturel antérieur, aux frais et risques de la contrevenante et si besoin, avec le concours de la force publique ;

3°) prononce l'expulsion de Mme D ou de tout autre occupant de son chef dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à défaut d'exécution volontaire dans le même délai, autorise l'Agence à procéder à l'expulsion de la contrevenante et de tout occupant de son chef à ses frais et risques et, si besoin, avec le concours de la force publique.

Elle soutient que :

- dans le cadre de sa mission d'observation et du suivi des occupations des terrains, qui la conduit à mettre en œuvre le processus de régularisation des occupations sans titre dans la zone urbaine des cinquante pas géométriques et dans une zone délimitée selon les modalités prévues aux articles L. 5112-1 et L. 5112-2 du code général de la propriété des personnes publiques, l'agent de la police domaniale de l'Agence, dûment assermenté et commissionné, a pu constater l'implantation illégale par Mme D d'une terrasse en bois clôturée sur les parcelles AP 858 et AP 856 situées sur la zone des cinquante pas géométriques de la commune de Sainte-Anne ;

- un procès-verbal dressé le 14 novembre 2023 a été notifié à Mme D en ce sens le 21 novembre 2023 ;

- un procès-verbal dressé le 16 septembre 2024 a révélé que l'intéressée avait persisté dans son occupation illégale et, en outre, implanté des tables de restauration sur la parcelle voisine AP 268 sans droit ni titre ;

- les faits relevés constituent une contravention de grande voirie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, Mme D doit être regardée comme concluant à la relaxe, à ce que l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques soit condamnée à lui verser une somme de 10 000 euros au titre des préjudices subis et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'avis de notification du procès-verbal de contravention de grande voirie indique en son troisième alinéa les parcelles " AR 179 et AR 180 sur la commune de Sainte-Anne " qu'elle n'a jamais occupées ; de plus, cet avis de notification n'est pas daté ;

- ni elle, ni la société Le Nil ne sont propriétaires des parcelles AP 858 et AP 856 ;

- aucune terrasse en bois n'a été édifiée ;

- elle avait déposé une demande d'autorisation d'occupation temporaire, envoyée par courrier avec accusé de réception en date du 15 octobre 2023, revenu avec la mention " pli avisé et non réclamé ".

Par un courrier du 20 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles présentées par Mme D, de telles conclusions n'étant pas recevables dans le cadre d'une procédure de contravention de grande voirie.

Par ordonnance du 19 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2024.

Vu :

- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 14 novembre 2023 et les procès-verbaux de constat du 29 avril et du 16 septembre 2024 ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative, notamment son article L. 774-1.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, en présence de Mme Ismaël, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Sollier ;

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,

- et les observations de Mme B, représentant l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques.

Considérant ce qui suit :

1. L'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques défère au tribunal, comme prévenue d'une contravention de grande voirie, Mme C D, à qui il est reproché, aux termes d'un procès-verbal dressé le 14 novembre 2023, l'implantation illégale d'une terrasse en bois clôturée sur les parcelles AP 858 et AP 856 située sur la zone des cinquante pas géométriques de la commune de Sainte-Anne. L'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques demande la condamnation de Mme D au paiement d'une amende de 10 000 euros, à la remise en état des lieux et, à défaut d'exécution par la contrevenante, d'autoriser l'Agence à y procéder à ses frais.

Sur l'action publique :

2. Aux termes de l'article L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l'amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n'appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l'intégrité ou de l'utilisation de ce domaine public, soit d'une servitude administrative mentionnée à l'article L. 2131-1 ". Aux termes de l'article L. 2132-3 de ce code : " Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende. / Nul ne peut en outre, sur ce domaine, procéder à des dépôts ou à des extractions, ni se livrer à des dégradations ". Et, aux termes de l'article L. 2132-3-2 de ce code : " Toute atteinte à l'intégrité et à la conservation du domaine public ou de nature à compromettre son usage dans les espaces urbains et dans les secteurs occupés par une urbanisation diffuse de la zone dite des cinquante pas géométriques, est passible d'une amende de 150 € à 12 000 €. / Les contrevenants sont tenus de réparer toute atteinte et notamment de supporter les frais des mesures provisoires et urgentes que les personnes publiques compétentes ont dû prendre pour faire cesser le trouble apporté au domaine public par les infractions constatées. / L'atteinte peut être constatée par les agents des agences pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques commissionnés par leur directeur et assermentés devant le tribunal judiciaire, par les agents de l'Etat assermentés à cet effet devant le tribunal judiciaire ainsi que par les agents et officiers de police judiciaire. / Les directeurs des agences ont compétence pour saisir le tribunal administratif dans les conditions et suivant les procédures prévues par le code de justice administrative. "

En ce qui concerne la régularité des poursuites

3. Aux termes de l'article L. 774-2 du code de justice administrative : " Dans les dix jours qui suivent la rédaction d'un procès-verbal de contravention, le préfet fait faire au contrevenant notification de la copie du procès-verbal. () / La notification est faite dans la forme administrative, mais elle peut également être effectuée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. "

4. En l'espèce, d'une part, si l'acte de notification du procès-verbal de grande voirie du 14 novembre 2023 mentionne l'occupation des parcelles AR 179 et AR 180, il est expressément indiqué dans le même acte que les travaux litigieux consistent en la construction d'une terrasse en bois devant le restaurant " Le Nil " sur la plage de la commune et ce document renvoie au procès-verbal du 14 novembre 2023 qui indique que les parcelles AP 856 et AP 858 sont celles irrégulièrement occupées par la contrevenante. Par suite, cette unique erreur matérielle est sans incidence sur la régularité du procès-verbal litigieux. D'autre part, la contrevenante ne se prévaut d'aucune disposition législative ou règlementaire prévoyant que l'acte de notification du procès-verbal de contravention de grande voirie doive être daté. En tout état de cause, il ressort du procès-verbal de refus de signer la notification du procès-verbal ainsi que de l'acte de notification lui-même que celui-ci a été établi le 21 novembre 2023. Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de l'acte de notification du procès-verbal de la contravention de grande voirie doivent être écartés.

En ce qui concerne la réalité de l'infraction

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment du procès-verbal de contravention de grande voirie du 14 novembre 2023, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme D a érigé une terrasse en bois d'une superficie d'environ 210 m² sur les parcelles cadastrées AP 856 et AP 858 de la commune de Sainte-Anne, situées dans la zone dite des cinquante pas géométriques appartenant au domaine public maritime, pour l'exploitation de son restaurant.

6. Pour contester la réalité de l'infraction, Mme D soutient en premier lieu qu'aucune terrasse en bois n'a été édifiée. Toutefois, il résulte des photos jointes au procès-verbal du 14 novembre 2023 qu'une terrasse entourée par des clôtures en bois a été installée en bordure du restaurant " Le Nil " exploité par Mme D, sur laquelle des tables et des chaises sont installées sous des toitures en paille. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

7. En deuxième lieu, la personne qui peut être poursuivie pour contravention de grande voirie est, soit celle qui a commis ou pour le compte de laquelle a été commise l'action qui est à l'origine de l'infraction, soit celle sous la garde de laquelle se trouvait l'objet qui a été la cause de la contravention.

8. En l'espèce, si Mme D fait valoir que ni elle, ni la société Le Nil ne sont les propriétaires des parcelles en cause, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce qu'elle soit regardée comme la gardienne de celles-ci alors qu'il résulte de l'instruction que les constructions irrégulièrement érigées sont utilisées pour l'exploitation du restaurant " Le Nil ".

9. En troisième et dernier lieu, s'il résulte de l'instruction que Mme D a déposé une demande d'autorisation d'occupation du domaine public, envoyé au directeur de la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement de la Guadeloupe (DEAL) par courrier recommandé le 5 octobre 2023, une telle autorisation n'a pas été délivrée avant la constatation de l'infraction par le procès-verbal du 14 novembre 2023.

10. Il résulte de ce qui précède que la matérialité des faits allégués par l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques doit être regardée comme établie.

En ce qui concerne le montant de l'amende

11. Lorsqu'il retient la qualification de contravention de grande voirie s'agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d'infliger une amende au contrevenant. Alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.

12. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme D a érigé une terrasse en bois d'une superficie d'environ 210 m² sur les parcelles cadastrées AP 856 et AP 858 de la commune de Sainte-Anne, situées dans la zone dite des cinquante pas géométriques appartenant au domaine public maritime, pour l'exploitation de son restaurant. Ce fait constitue la contravention prévue et réprimée par les dispositions citées au point 2. Par ailleurs, il résulte, d'une part, du procès-verbal de constat dressé le 29 avril 2024 que la contrevenante et son époux ont ajouté une clôture en bambous d'environ trois mètres de haut sur une longueur d'environ 32 mètres aux abords de cette terrasse et, d'autre part, du procès-verbal du 16 septembre 2024 que les intéressés ont installé des tables de restauration sur la parcelle voisine AP 268, également située dans la zone des cinquante pas géométriques de la commune de Sainte-Anne. Compte tenu de la nature, de l'ampleur et de la destination de la structure aménagée, qui a permis à la contrevenante de dégager des revenus professionnels liés à l'exploitation de son restaurant, ainsi que de la persistance et de l'extension de ladite structure sur le domaine public maritime, il y a lieu de condamner Mme D à une amende de 10 000 euros pour l'occupation sans autorisation du domaine public maritime, pour s'y maintenir sans droit ni titre et en avoir conservé la garde.

Sur l'action domaniale :

13. Tout d'abord, il appartient au juge administratif, saisi par l'autorité gestionnaire du domaine public, d'ordonner les mesures nécessaires à la conservation et au maintien de l'intégrité de ce domaine. Les dispositions citées au point 2 tendent à assurer, au moyen de l'action domaniale qu'elles instituent, la remise du domaine public maritime naturel dans un état conforme à son affectation publique, en permettant aux autorités chargées de sa protection d'ordonner au propriétaire d'un bien irrégulièrement construit, qu'il l'ait ou non édifié lui-même, sa démolition, ou de confisquer des matériaux.

14. En l'espèce, l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques est en droit de demander au tribunal soit la condamnation de la contrevenante à procéder à la remise en état des lieux, soit sa condamnation à lui verser une somme correspondant au coût de celle-ci, à condition que le montant en cause soit justifié et ne présente pas un caractère anormal. Toutefois, elle ne saurait prétendre au cumul de ces deux modes de réparation du préjudice causé au maître du domaine.

15. Mme D n'établit pas, à la date du présent jugement, avoir régularisé la situation en procédant à la désinstallation de la structure litigieuse. Par suite, il y a lieu de lui enjoindre de rétablir les lieux dans leur état initial et de libérer les parcelles AP 856, AP 858 et AP 268, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Il y a lieu également d'autoriser l'Agence à procéder d'office à ces opérations et à l'expulsion de la contrevenante et de tout occupant de son chef aux frais, risques et périls de cette dernière, en cas d'inexécution passé le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

16. Par ailleurs, le gestionnaire du domaine public a notamment droit au remboursement des frais supportés par lui utiles tant pour apprécier les circonstances de la survenue du dommage que pour déterminer le montant représentatif de l'atteinte causée au domaine public.

17. En l'espèce, l'Agence demande l'octroi d'une somme de 1 692,60 euros au titre des frais exposés pour l'établissement du procès-verbal de rétablissement de limites du 16 septembre 2024, constatant la persistance et l'aggravation de l'infraction litigieuse, et justifie des frais effectivement exposés en produisant un devis et un bordereau d'engagement juridique du paiement des géomètre-experts mandatés. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de Mme D le remboursement d'une somme de 1 692,60 euros demandée par l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques au titre des frais d'établissement du procès-verbal.

Sur les conclusions indemnitaires reconventionnelles de Mme D :

18. Les conclusions reconventionnelles ne sont pas recevables dans une instance ayant pour objet la répression d'une contravention de grande voirie. Par suite, les conclusions incidentes présentées par Mme D et tendant à la condamnation de l'Agence à lui verser une somme en réparation de préjudices qu'elle estime avoir subis ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de Mme D dirigées contre l'Agence qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est condamnée à payer une amende de 10 000 euros et une somme de 1 692,60 euros au titre du remboursement des frais d'établissement du procès-verbal du 16 septembre 2024.

Article 2 : Mme D est condamnée à remettre les lieux dans leur état initial et à les libérer dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Article 3 : A défaut de réalisation des travaux prévus à l'article 2 ci-dessus et de libération des lieux dans le délai fixé, l'Agence pourra faire procéder à l'exécution d'office de ces travaux et à l'expulsion de Mme D et de tout occupant de son chef, avec le concours de la force publique si nécessaire, aux frais exclusifs de la contrevenante.

Article 4 : Les conclusions reconventionnelles et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par Mme D sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera adressé à l'Agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques pour notification à Mme C D dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Biodore, conseillère,

Mme Sollier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La rapporteuse,

Signé

M. SOLLIERLe président,

Signé

S. GOUÈS

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Chef,

Signé

M-L CORNEILLE

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