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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2400607

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2400607

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2400607
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, Mme E D C épouse A, représenté par Me Relut, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 25 mars 2024 par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la communauté de vie avec son époux français est établie.

Par une ordonnance en date du 9 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2024.

Le préfet de la Guadeloupe a produit un mémoire en défense le 11 décembre 2024, qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E D C épouse A, ressortissante de nationalité dominicaine, née le 28 novembre 1984 à San Juan (République dominicaine), est entrée régulièrement sur le territoire français le 9 avril 2016 munie d'un visa long séjour. Le 4 décembre 2019, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 25 mars 2024, le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. La requérante demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante a demandé un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjointe de français sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour regrettable que soit l'erreur matérielle dans les visas de l'arrêté litigieux, il ne ressort pas des motifs de celui-ci que le préfet de la Guadeloupe, qui n'y était d'ailleurs pas tenu, ait examiné le droit de la requérante à bénéficier d'un titre de séjour au titre des dispositions de l'article L. 423-23 du même code. Par suite, Mme D C épouse A ne peut utilement, dans le cadre de la présente instance, invoquer la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le moyen doit être écarté comme inopérant.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ;/ 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état-civil français. ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".

4. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet, pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet s'est fondé, d'une part, sur le motif tiré de ce que la communauté de vie entre les époux ne pouvait être établi, d'autre part, sur le motif que la requérante constituait une menace à l'ordre public.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme D C épouse A s'est mariée le 19 septembre 2015 à M. A de nationalité française. Les courriers administratifs envoyés aux époux à une adresse commune, leur quittance de loyer, les attestations de proches ainsi que la circonstance que, par un jugement en date du 21 décembre 2023 du tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre, l'un des enfants de Mme D C épouse A ait été adopté par son époux établissent l'existence d'une communauté de vie entre les conjoints. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la communauté de vie avec son époux est établie.

6. Cependant, et comme il a été dit au point 4 du présent jugement, le préfet s'est également fondé sur le motif tiré de ce que la requérante constituait une menace à l'ordre public pour rejeter la demande de Mme D C épouse A. La requérante ne conteste pas le second motif ainsi opposé par le préfet, et il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul second motif.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en date du 25 mars 2024 par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D C épouse A est rejetée.

Article 2 : La présent jugement sera notifié à M. E D C épouse A et au préfet de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Laurent Santoni, président,

Mme Charlotte Ceccarelli, première conseillère,

Mme Kenza Bakhta, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

K. B

Le président,

Signé

J-L. SANTONI

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

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