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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2400999

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2400999

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2400999
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, la Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe, représentée par la SCP Ezelin-Dione, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° CS2024-05-5915 du 29 mai 2024 par laquelle le Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) a confié dans le cadre d'une concession du service public à la société d'aménagement Urbain et Rural (SAUR) les contrats de concession du service public d'eau potable et d'assainissement des communes du Lamentin, de Deshaies, de Pointe-Noire, de Vieux-Habitants et de Vieux Fort pour une durée de 5 ans à compter du 1er juillet 2024 ;

2°) d'enjoindre au SMGEAG, en application de l'article 7 de ses statuts de mettre en place la régie prévue pour la gestion des services publics dont elle a en charge dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au SMGEAG de résilier le contrat de délégation de service public conclu avec la SAUR sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge du SMGEAG la somme de 2 000 euros en application de l'article L 761-1 du Code de Justice Administrative.

Elle soutient que la délibération attaquée a été prise en méconnaissance de l'article 7 des statuts du SMGEAG qui prévoit de mettre en place une régie unique pour l'exploitation du service public de l'eau, de l'assainissement des eaux usées et de la gestion des eaux pluviales urbaines et de mettre un terme aux délégations de service public en cours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".

2. La Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe demande au tribunal d'annuler la délibération n° CS2024-05-5915 du 29 mai 2024 par laquelle le Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement de la Guadeloupe a confié dans le cadre d'une concession du service public à la Société SAUR (Société d'aménagement Urbain et Rural) les contrats de concession du service public d'eau potable et d'assainissement des communes du Lamentin, de Deshaies, de Pointe-Noire, de Vieux-Habitants et de Vieux Fort pour une durée de 5 ans à compter du 1er juillet 2024.

3. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Cette action devant le juge du contrat est également ouverte aux membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné ainsi qu'au représentant de l'Etat dans le département dans l'exercice du contrôle de légalité. Les requérants peuvent éventuellement assortir leur recours d'une demande tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution du contrat ; que ce recours doit être exercé, y compris si le contrat contesté est relatif à des travaux publics, dans un délai de deux mois à compter de l'accomplissement des mesures de publicité appropriées, notamment au moyen d'un avis mentionnant à la fois la conclusion du contrat et les modalités de sa consultation dans le respect des secrets protégés par la loi. La légalité du choix du cocontractant, de la délibération autorisant la conclusion du contrat et de la décision de le signer, ne peut être contestée qu'à l'occasion du recours ainsi défini. Toutefois, dans le cadre du contrôle de légalité, le représentant de l'Etat dans le département est recevable à contester la légalité de ces actes devant le juge de l'excès de pouvoir jusqu'à la conclusion du contrat, date à laquelle les recours déjà engagés et non encore jugés perdent leur objet.

4. En l'espèce et ainsi qu'il vient d'être dit, la légalité de la délibération autorisant la conclusion d'un contrat administratif ne peut qu'être contestée par les tiers que dans le cadre du recours de pleine juridiction. Dès lors, les conclusions du syndicat requérant tendant à l'annulation de la délibération du 29 mai 2024 confiant à la Société SAUR (Société d'aménagement Urbain et Rural) les contrats de concession du service public d'eau potable et d'assainissement des communes du Lamentin, de Deshaies, de Pointe-Noire, de Vieux-Habitants et de Vieux Fort, sont irrecevables ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue par les dispositions de l'article R. 222-1, 4° précitées du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la Confédération Générale du travail de la Guadeloupe est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la Confédération Générale du travail de la Guadeloupe.

Fait à Basse-Terre, le 23 septembre 2024.

Le président,

Signé

S. GOUÈS

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. CETOL

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