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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2401194

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2401194

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2401194
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Ezelin, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe (CHUG) de lui délivrer la copie intégrale de son dossier médical, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;

2°) de mettre à la charge du CHUG la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'expert missionné dans le cadre d'une procédure d'expertise a besoin de son entier dossier médical pour poursuivre ses missions ;

- en l'absence de remise du dossier, la procédure pré-juridictionnelle risque d'être radiée ou rejetée alors qu'il subit un préjudice corporel important.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser quelle est la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête, sous peine d'irrecevabilité de sa demande.

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. M. C ne précise pas, dans l'intitulé de sa requête, le fondement sur lequel il entend saisir le juge des référés. S'il évoque, dans le corps dans sa requête, les conditions d'octroi du référé-liberté, il fait également référence, de manière contradictoire, à " l'article L. 521-3 du code de justice administrative " dans le dispositif de sa requête, ce dont il résulte qu'il n'est pas possible, en l'état de l'instruction, de déterminer le fondement de sa requête en référé. Dès lors, sa requête doit être rejetée comme manifestement irrecevable.

5. A supposer même que le requérant ait entendu se placer sur le terrain du référé mesure-utile pour obtenir la communication de son dossier médical, il se borne à évoquer la potentielle clôture de la procédure judiciaire le concernant en l'absence de remise des documents exigés, sans se prévaloir explicitement du caractère urgent de sa demande et sans, en toute hypothèse, justifier par un quelconque commencement de preuve la nécessité d'obtenir, dans un délai restreint, les documents sollicités, pour assurer la sauvegarde de ses droits. Par suite, et en tout état de cause, la condition d'utilité posée par l'article L. 521-.3 du code de justice administrative n'est pas satisfaite.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Fait à Basse-Terre, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

A. B

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. Cétol

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