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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2401245

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2401245

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2401245
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, Mme D B, représentée par Me Antoine Le Scolan, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 juillet 2024 du préfet de la Guadeloupe lui refusant le titre de séjour sollicité, l'obligeant à quitter le territoire français avec un délai de trente jours fixant le pays de renvoi ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", ou tout autre titre adéquat, dans un délai de quinze à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de réexaminer sa situation, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du Code de justice administrative ;

5°) de condamner l'Etat à payer à Maître Antoine Le Scolan la somme de 2 000 euros, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, Maître Antoine Le Scolan renonçant dans ce cas à percevoir la part contributive de l'État allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'urgence est présumée dès lors que la mesure d'éloignement litigieuse peut être exécutée d'office à tout moment ;

- s'agissant de la décision d'obligation de quitter le territoire : elle est insuffisamment motivée et entachée d'une incompétence de son signataire ; elle est entachée d'une erreur de droit en se fondant à tort sur les dispositions abrogées de l'article L.311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie familiale normale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle dispose de la quasi-totalité de sa famille en France, dont certains de ses membres sont français, notamment sa tante qui l'héberge, qu'elle vit en concubinage avec un ressortissant français ; qu'elle a rejoint sa mère à Marie Galante une première fois en 2015, puis en 2018 et a été scolarisée ; qu'elle est très sérieuse dans ses études puisqu'elle aurait dû poursuite ses études après avoir obtenu un BTS; qu'elle s'est alors tournée vers le monde du travail et a obtenu un contrat de travail à mi-temps et tenu différents emplois, dans la boulangerie dans la coiffure ; qu'elle perçoit un salaire de 300 euros mensuel qui sera porté à 500 euros en janvier, et même à 800 euros en cumulant différents emplois; le préfet a entachée sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissant l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle aurait dû continuer ses études en licence ;

-S'agissant de la décision fixant un départ volontaire de trente jours et la décision fixant le pays de destination, elles sont illégales dès lors que l'obligation de quitter le territoire est illégale et pour les mêmes moyens.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2401244, enregistrée le 18 septembre 2024, par laquelle Mme D B demande l'annulation de la décision du 17 juillet 2024.

Vu :

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A C, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Mme D B, ressortissante dominicaine née le 20 mars 2003 à Goodwill, déclare disposer de la quasi-totalité de sa famille en France, dont certains de ses membres sont français, notamment sa tante qui l'héberge, vivre en concubinage avec un ressortissant français depuis deux ans ; qu'elle a rejoint sa mère à Marie Galante une première fois en 2015, puis en 2018 et a été scolarisée ; qu'elle est très sérieuse dans ses études puisqu'elle aurait dû poursuite ses études après avoir obtenu un BTS; qu'elle s'est alors tournée vers le monde du travail et a obtenu un contrat de travail à mi-temps et tenu différents emplois, dans la boulangerie, dans la coiffure ; qu'elle perçoit un salaire de 300 euros mensuel qui sera porté à 500 euros en janvier, et même à 800 euros en cumulant différents emplois. Que ce faisant, alors qu'elle ne dispose pas de logement propre, ni de ressources financières certaines et suffisantes, que sa mère et sa sœur sont en situation irrégulière en France, et qu'elle ne démontre ne plus disposer d'attaches familiales dans son pays d'origine où vit notamment une de ses sœurs, la circonstance qu'elle souhaiterait s'inscrire en licence, ne permet pas davantage, en l'état de l'instruction, de relever un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. La requête étant manifestement mal fondée, il y a lieu de la rejeter en faisant application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris pour les conclusions relatives aux injonctions et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et au préfet de la Guadeloupe.

Fait à Basse-Terre, le 7 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

J-L. SANTONI

La République mande et ordonne au préfet de Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. Cétol

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