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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2401254

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2401254

samedi 21 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2401254
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2024, B A, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de lui accorder un interprète en langue anglaise ;

2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 septembre 2024 du préfet de Saint-Barthélemy et Saint-Martin l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de réexaminer sa situation ;

4°) en cas d'exécution de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet, d'enjoindre au préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de mettre en œuvre son retour à Saint-Martin.

Elle soutient que :

- l'urgence est présumée dès lors que la mesure d'éloignement litigieuse peut être exécutée d'office à tout moment ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie familiale normale, prévu par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle réside à Saint-Martin depuis l'année 2012 pour aider sa fille à élever ses enfants ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale aux droits de sa fille et de ses petits-enfants, au sens l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors qu'ils seront privés de leur mère et de leur grand -mère en cas d'exécution de la décision contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née à Saint Georges (La Grenade) le 30 octobre 1964, déclare être entrée sur le territoire français en 2012. Par un arrêté du 18 septembre 2024, le préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Mme A déclare être entrée sur le territoire en avril 2012 et y résider de manière continue depuis cette date, sans toutefois l'établir. Elle indique également s'occuper de sa fille et des enfants de celle-ci, sans justifier le caractère indispensable de sa présence au foyer de sa fille. Elle ne justifie pas davantage d'une intégration dans la société française par le travail ou tout autre activité. Par conséquent, le préfet n'a pas porté à la liberté fondamentale de Mme A de mener une vie privée et familiale normale une atteinte grave et manifestement illégale par rapport aux buts en vue desquels la mesure d'éloignement contestée a été prise, ni même aurait méconnu l'intérêt supérieur de ses petits-enfants.

3. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, la requête étant manifestement mal fondée, il y a lieu de la rejeter en faisant application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris pour les conclusions ayant trait à la demande d'aide juridictionnelle et aux injonctions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et au préfet de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Fait à Basse-Terre, le 21 septembre 2024.

Le président du tribunal,

Signé

J-L. SANTONI

La République mande et ordonne au préfet de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière de permanence,

Signé

J.Maniga

N°2401254

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