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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2401334

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2401334

mardi 23 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2401334
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMATHURIN KANCEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe a été saisi par M. A d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 3 octobre 2024 l’obligeant à quitter le territoire français. Postérieurement à l’introduction de la requête, M. A a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire le 11 février 2025, ce qui a conduit le préfet à abroger l’arrêté litigieux le 4 septembre 2025, en application de l’article L. 613-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par conséquent, le tribunal a constaté, par ordonnance du 23 septembre 2025, qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête, devenues sans objet. Les conclusions relatives aux frais de justice ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 octobre 2024 et 11 février 2025, M. B A, représenté par Me Mathurin-Kancel demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Guadeloupe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les mêmes conditions de délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui restituer son passeport, dans un délai de huit jours, à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre en œuvre, dans un délai d'un mois, à compter de la notification du jugement à venir, la procédure d'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le fichier des personnes recherchées dont il fait l'objet ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Mathurin-Kancel, son avocate, de la somme de 1 200 euros, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2025, le préfet de Guadeloupe conclut à ce qu'il n'y a pas lieu de statuer les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction du requérant.

Il fait valoir que le requérant a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du 11 février 2025 de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, notifiée le 26 mars 2025, et qu'il a abrogé l'arrêté litigieux par arrêté en date du 4 septembre 2025.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 novembre 202.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de formation des tribunaux administratifs () peuvent, par ordonnance : () 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la qualité de réfugié ou d'apatride est reconnue ou le bénéfice de la protection subsidiaire accordé à un étranger ayant antérieurement fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative abroge cette décision. Elle délivre au réfugié la carte de résident prévue à l'article L. 424-1, au bénéficiaire de la protection subsidiaire la carte de séjour pluriannuelle prévue à l'article L. 424-9 et à l'étranger qui a obtenu le statut d'apatride la carte de séjour pluriannuelle prévue à l'article L. 424-18. ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, M. A a sollicité le réexamen de sa situation auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et, que par décision en date du 11 février 2025, notifiée le 26 mars 2025, le requérant a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. En application des dispositions précitées, le préfet de la Guadeloupe a abrogé, par arrêté en date du 4 septembre 2025, l'arrêté litigieux. Dès lors, comme le fait valoir le préfet de la Guadeloupe, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction du requérant sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, Il y a lieu de rejeter les conclusions du requérant présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Guadeloupe.

Fait à Basse-Terre, le 23 septembre 2025.

Le vice-président du tribunal,

signé

J-L. SANTONI

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière

Signé

L. LUBINO

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