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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2401471

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2401471

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2401471
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Dina Khoury, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution la décision RF/n°2024/296 du préfet de la Guadeloupe en date du 26 septembre 2024, notifié le même jour, prononçant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ, interdiction de retour sur le territoire français pendant 1 an et fixation du pays de destination à savoir la Dominique, prise à l'encontre de M. A ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " travailleur indépendant ou temporaire " où à titre subsidiaire " vie privée et familiale ", ou à titre infiniment subsidiaire le titre que le tribunal estime le plus adéquat, ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant le temps de ce réexamen, ce dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du jugement à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, à titre complémentaire, de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de condamner le préfet de Guadeloupe à lui verser la somme de 2 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'obligation de quitter le territoire qui peut être exécutée à tout moment ;

- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- les articles L.611-1 et L.612-2-3° du Ceseda ont été méconnus par le préfet qui a commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision attaquée méconnaît l'intérêt supérieur des enfants de sa sœur qui seraient privés de leur oncle ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2401470, enregistrée le 29 octobre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation des décisions du 26 septembre 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de New York sur les droits des enfants ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 30 octobre 1993 à Roseau (Dominique), de nationalité dominiquaise, a fait l'objet, par arrêté du 26 septembre 2024, d'une obligation de quitter le territoire national sans délai à destination de son pays d'origine ou vers tout pays dans lequel il est légalement admissible et d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de ces décisions, dont il demande par ailleurs l'annulation par une requête séparée sous le n° 2401470.

2. Aux termes de l'article 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Par ailleurs, en application de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter la requête sans tenir une audience lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Pour faire échec à la mesure d'éloignement ordonnée, M. A fait valoir, d'une part, qu'il est arrivé il y a un an en Guadeloupe où il s'est inséré par le travail, d'autre part, à raison du fait que sa sœur y réside depuis 14 ans, en situation régulière, ainsi que ses deux enfants. Toutefois, en ne produisant quasiment que des pièces relatives à son travail, alors même qu'il n'est arrivé en Guadeloupe que depuis un an, dans ces conditions, il apparaît manifeste que la requête en référé déposée par M. A est mal fondée. Il y a lieu, dans ces conditions, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter sa requête, y compris ses conclusions à fin d'injonction et en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Basse Terre, le 30 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé :

S. GOUÈS

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

M-L CORNEILLE

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