mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2401719 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MATHURIN KANCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 10 décembre 2024 et le 16 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Mathurin-Kancel, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 22 janvier 2024 du préfet de la Guadeloupe l'obligeant à quitter le territoire français et la décision du 4 décembre 2024 fixant le pays de renvoi ;
3°) de lui délivrer un certificat de nationalité française ;
4°) en cas d'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de mettre en œuvre son retour en Guadeloupe ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, Me Mathurin-Kancel renonçant dans ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'urgence est présumée, dès lors que la mesure d'éloignement litigieuse peut être exécutée d'office à tout moment ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'aller et venir des lors que l'article 3 du protocole 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales interdit aux Etats d'expulser leurs nationaux et qu'il est français, a obtenu une carte d'identité française mais qu'il a perdue.
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie familiale normale, prévu par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il est arrivé en France à l'âge de 6 ans, qu'il y a toute sa famille.
- le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de ne pas subir de tortures ou actes inhumains et dégradants, en méconnaissance les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des risques qu'il encourt en cas de retour en Haïti ; Haïti connaît actuellement une situation de violence généralisée ; en cas de retour en Haïti, il craint pour sa vie ;
Vu les autres pièces du dossier, notamment celles produites par le requérant le 16 décembre 2024.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lubino, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Santoni ;
- les observations de Me Mathurin-Kancel, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Le préfet de la Guadeloupe n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, le 16 décembre 2024 à 11h20.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant haïtien né le 3 mai 1987 à Saint Marc en Haïti, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2014, à l'âge de 27 ans, selon les visas de la décision de placement en rétention du préfet, et à l'âge de 6 ans selon le requérant. Par un arrêté de janvier 2024, le préfet de la Guadeloupe l'a obligé à quitter le territoire français et par une décision du 4 décembre 2024, il a fixé Haïti comme pays de renvoi. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces décisions.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
4. En premier lieu, M. B fonde la contestation des décisions préfectorales sur la circonstance qu'étant de nationalité française, il ne peut faire l'objet d'un éloignement du territoire français. Cependant, en se bornant à soutenir qu'il est français car son père est français, a obtenu une carte d'identité française qu'il a perdue, il n'établit pas ses affirmations alors au demeurant qu'il résulte de l'instruction que M. B, est né le 3 mai 1987 à Saint Marc en Haïti, que son père n'a obtenu la nationalité française qu'en 1988, qu'il n'a été reconnu par son géniteur qu'en 1992, et qu'il n'apporte aucun document pouvant laisser présumer sa nationalité française ou même aucun élément établissant qu'il aurait résider à la même résidence que son père ou alternativement avec ce parent dans le cas de séparation ou divorce .
5. En deuxième lieu, d'une part, M. B a été condamné en 2014 à 5 ans de prison pour des faits de vols aggravés par trois circonstances en récidive ; en 2020 à 12 mois de prison pour des faits de récidive de conduite d'un véhicule sous l'empire de produits stupéfiants et d'alcool, de recel de véhicule provenant d'un vol en récidive ; en février 2022 à 8 mois de prison pour tentative de vol et vols par effraction , faits commis les 2 et 4 mai 2021, le 26 septembre 2021 et les 23 et 23 mars 2021 ; en avril 2022 à 14 mois de prison pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis en récidive, vols en récidive usage de stupéfiants commis à quatre reprises entre décembre 2021 et avril 2022. Placé en détention à domicile sous surveillance électronique à compter du 9 août 2023, il a été libéré en janvier 2024 mais ne s'est présenté ni au service pénitentiaire d'insertion et de probation ni au centre pénitentiaire. Enfin, le 9 avril 2024, il a été condamné à un an de prison par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour des faits de vol en récidive, usage de stupéfiants et recel de bien provenant d'un vol en récidive.
6. D'autre part, en soutenant être le père de deux enfants, nés en 1992 et 2022, qu'il a eu avec une ressortissante française, dont au demeurant il n'établit pas subvenir à leur éducation et leur entretien, qu'il est arrivé en France à l'âge de 6 ans, qu'il y a toute sa famille, sans démonter ses dires, M. B, dont le parcours de délinquant a été résumé au point précédent, et qui a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire française en 2019, n'établit avoir réussi une parfaite intégration sur le territoire française et que le préfet aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de mener une vie privée et familiale normale.
7. En troisième lieu, si M. B soutient que le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de ne pas subir de tortures ou actes inhumains et dégradants compte tenu de la situation chaotique qui existe en Haïti, il ne démontre pas, ce qui lui appartient et dans le cas particulier de l'espèce, le caractère personnel et actuel des craintes invoquées en cas de retour en Haïti.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qui soit besoin de se prononcer sur l'urgence à statuer et la recevabilité de la requête, que les conclusions de la requête doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre, le 17 décembre 2024.
Le juge des référés
Signé :
J-L. SANTONI
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026