mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2500172 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 février 2025, Mme A B, représentée par Me Thiel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, de la décision " 48 SI " du 19 décembre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, d'une part a retiré trois points de son permis de conduire à la suite de l'infraction relevée à son encontre le 16 février 2024, d'autre part, a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points devenu nul et lui a enjoint de le restituer ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que demandeuse d'emploi, elle a signé une lettre d'embauche pour un contrat à durée indéterminée à compter du 1er mars 2025, en qualité de directrice de marché, impliquant des déplacements professionnels ; la détention d'un permis de conduire est nécessaire pour l'exercice de sa profession de directrice de marché ; elle risque d'être licenciée ; elle a aussi des conséquences sur sa situation familiale et financière ; elle est mère de trois enfants ; elle est divorcée du père de l'un de ses trois enfants ; elle doit assurer seule l'ensemble des déplacements relatifs aux activités des enfants et s'acquitter des charges relatives à l'entretien du foyer composées, notamment d'échéances relatives à deux prêts immobiliers ; par ailleurs, les infractions en cause sont conciliables avec les exigences de la sécurité routière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision du ministre de l'intérieur :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a jamais reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des infractions du 6 août 2021, 22 avril 2024 et 16 février 2024 qui lui sont reprochées ;
- l'infraction commise le 22 avril 2024 ne lui est pas imputable ; elle l'a contestée dans le délai prévu par l'article 530 du code de procédure pénale dès lors que l'avis d'amende forfaitaire majorée ne lui a jamais été envoyé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 février 2025 sous le numéro 2500148 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 19 décembre 2024.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Créantor, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision attaquée, Mme B fait valoir qu'elle a des conséquences graves et irrémédiables sur sa situation personnelle et professionnelle dès lors qu'elle bénéficie d'une lettre d'embauche pour un contrat à durée indéterminée à compter du 1er mars 2025, en qualité de directrice de marché au sein d'une société située en Guyane et qu'elle sera amenée à effectuer des déplacements sur l'ensemble du territoire de la Guyane et qu'ayant trois enfants à charge, le perte de son permis de conduire risque de plonger sa famille dans la précarité. Toutefois, elle ne produit aucun contrat de travail qui exigerait la détention du permis de conduire et n'établit pas davantage qu'elle ne pourrait utiliser un véhicule dont la conduite ne nécessite pas la possession d'un permis de conduire ou que d'autres salariés de la société ne pourraient pas la véhiculer. En outre, la requérante, qui a en charge des enfants scolarisés en classe de CE 2 et de seconde, n'établit pas être dans l'impossibilité de prévoir temporairement de nouvelles modalités d'organisation en ayant recours notamment aux transports publics. Au surplus, il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral de son permis de conduire, que la requérante a commis sept infractions au code de la route depuis l'obtention de celui-ci, ayant donné lieu, pour certaines, à des retraits de 3 points, parmi lesquelles figurent l'usage d'un téléphone par un conducteur d'un véhicule en circulation. Ainsi, eu égard à la gravité et au caractère répété des infractions au code de la route commises par Mme B, les exigences de protection et de sécurité routière, dont il appartient au juge des référés de tenir compte, font obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la présente requête en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Basse-Terre, le 19 février 2025.
Le juge des référés,
Signé :
V. CREANTOR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026