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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2500943

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2500943

mercredi 8 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2500943
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe a rejeté la requête de Mme A... qui contestait une décision du Conseil départemental lui réclamant le remboursement d’une aide financière perçue en 2016. La requête a été jugée tardive, car introduite le 10 septembre 2025, soit plus de trois ans après que Mme A... a eu connaissance de la décision attaquée (au plus tard le 15 juillet 2022). Le tribunal a appliqué le principe de sécurité juridique, qui limite à un délai raisonnable d’un an la possibilité de contester une décision administrative individuelle, même en l’absence de mention des voies et délais de recours. La solution retenue est fondée sur les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2025, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal l’annulation de la décision du Conseil départemental de la Guadeloupe lui réclamant le remboursement d’une aide financière perçue en 2016.

Le 12 septembre 2025, le greffe du tribunal a invité Mme A... à régulariser sa requête en produisant, dans un délai d’un mois, la décision administrative contestée.

Le 24 septembre 2025, Mme A... a transmis un courrier du Conseil départemental de la Guadeloupe daté du 17 août 2021, indiquant le montant dû, un délai de remboursement de cinq ans (aujourd’hui écoulé), ainsi que l’émission d’un titre de recette en cas d’absence de réponse. Des pièces justificatives complémentaires ont également été jointes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (…) ; / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / (…) ». Par ailleurs, aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance. Cette règle, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d’un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient dès lors au juge administratif d’en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.

 Il ressort des pièces du dossier que Mme A... avait eu connaissance de la décision du Conseil départemental de la Guadeloupe au plus tard le 15 juillet 2022, date à laquelle elle a introduit un premier recours contre cette décision. Dès lors, en présentant une nouvelle requête le 10 septembre 2025, soit plus de trois ans après avoir eu connaissance de ladite décision, son recours est, en tout état de cause tardif.

O.R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A....

Fait à Basse-Terre, le 8 octobre 2025.

Le vice-président

Signé :

J.-L. SANTONI

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière

Signé :

L. LUBINO

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