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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2501298

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2501298

samedi 20 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2501298
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... dirigée contre France Travail. Le requérant demandait la suspension d’un refus d’indemnisation et diverses mesures d’urgence. Le juge a constaté que la requête unique présentait simultanément des conclusions fondées sur les articles L. 521-1, L. 521-2, L. 521-3 et R. 541-1 du code de justice administrative, ce qui est irrecevable en raison de la distinction des procédures. Par conséquent, l’ensemble des demandes a été rejeté sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2025, M. A... B... demande au juge des référés :

1°) de suspendre sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 521-2du code de justice administrative, l’exécution la décision portant refus d’indemnisation du 28 novembre 2025 de France Travail et des mesures de recouvrement subséquentes ;

2°) d’ordonner à l’agence France Travail sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative de lui communiquer sous quinze jours la copie du document judiciaire justifiant l’avis à tiers détenteur ;
3°) d’enjoindre à l’agence France Travail de réexaminer immédiatement son dossier d’indemnisation ;
4°) de condamner l’agence France Travail sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative à lui verser une provision de 7 000 euros à valoir sur ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi ainsi qu’une provision de 3 000 euros en réparation de ses préjudices moral, administratif et financier ;

5°) de condamner l’agence France Travail à lui verser une somme de 60 000 euros en réparation de son préjudice moral, matériel et financier ;

6°) de mettre à la charge de l’agence France Travail une somme sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Créantor, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » ; que selon l’article L. 521-3 de ce code : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision. » L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ». Enfin, aux termes de l’article R.541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ».

Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 ou R. 541-1. Par suite, elles ne peuvent pas être présentées simultanément dans une même requête.

En l’espèce, M. B... a présenté dans une même requête des conclusions se rapportant aux dispositions des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 521-3 et R. 541-1 du code de justice administrative. Par suite, sa requête est irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée à l’agence France Travail.


Fait à Basse-Terre, le 20 décembre 2025.


Le juge des référés,

Signé :

V. CREANTOR


La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme
La greffière

Signé :

LUBINO

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