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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2600685

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2600685

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2600685
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension du compte rendu d'entretien professionnel de Mme A..., adjointe administrative territoriale. Le juge estime que la requérante n'a soulevé aucun moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, les appréciations contestées étant cohérentes et non entachées d'erreur manifeste. Il relève notamment que les objectifs non atteints ne lui sont pas imputés et que les critiques sur son comportement ne sont pas utilement contestées. La condition d'urgence n'est pas examinée, le doute sérieux sur la légalité n'étant pas établi.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2026, Mme B... A..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution du compte rendu d’entretien professionnel établi le 5 décembre 2025, ensemble le rejet de son recours gracieux dirigé contre cette évaluation ;


2°) d’enjoindre au maire de Capesterre de Marie-Galante, de procéder au réexamen de son évaluation, dans un délai d’un mois, à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros, en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors que cette évaluation compromet ses perspectives de carrière, notamment parce qu’elle est inscrite sur la liste d’aptitude au grade de rédacteur territorial ;
- il y a un doute sur la légalité de l’évaluation attaquée : elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ; elle porte sur des missions étrangères à son grade d’adjoint administratif ; elle procède à une modification illégale de sa fiche de poste ; elle révèle une rupture d’égalité et un détournement de procédure ; elle n’a pas été tenue pour son supérieur hiérarchique direct mais par le directeur général des services qui ne pouvait apprécier son activité sur l’ensemble de l’année 2025.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2600686, enregistrée le 28 mai 2026, par laquelle la requérante demande l’annulation des décisions en litige.

Vu :
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Santoni, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., adjoint administratif territorial de 2ème classe, exerce ses fonctions à la bibliothèque de la commune de Capesterre de Marie-Galante en tant qu’agent chargé de la culture à la bibliothèque. Par le présent recours, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution du compte rendu d’entretien professionnel établi le 5 décembre 2025, ensemble le rejet de son recours gracieux dirigé contre cette évaluation.


2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».

3. l’appréciation générale littérale sur la valeur professionnelle de la requérante de son évaluation retient que Mme A... est un agent « accomplissant convenablement sa mission de service public » et qu’elle « doit faire preuve de maitrise de soi et de respect envers sa hiérarchie ».

4. Pour contester l’évaluation en litige, Mme A... soutient notamment qu’il existe « une contradiction flagrante entre les appréciations portées et les éléments objectifs du dossier » alors que « les évaluations chiffrées sont majoritairement positives ».

5. Toutefois, en premier lieu, Mme A... ne donne aucune précision sur les évaluations chiffrées.

6. En deuxième lieu, si Mme A... remet en cause les missions confiées par sa fiche de poste qu’elle a signée en 2024, en ce qu’elles relèveraient d’agent de catégorie B voire A, ces critères, tels que la direction culturelle de la commune, la définition d’une politique patrimoniale, la conception d’un PSC complet ou l’exercice de misions d’encadrement supérieur, ne sont mentionnés ni dans sa fiche de poste, ni dans l’évaluation contestée.

7. En troisième lieu, Mme A... conteste que certains objectifs de l’année écoulée n’aient pas été atteints ou partiellement atteints. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction que la non atteinte de ces objectifs puisse être retenue comme une appréciation défavorable de son action. En effet, si l’objectif « dénommer la bibliothèque municipale par un nom de Capesterrien » n’est pas atteint, il est indiqué que c’est une « démarche qui doit se discuter en équipe ». De même, si l’objectif « enrichir la bibliothèque de toutes les données en lien avec l’histoire de la commune » est non atteint, il est précisé qu’il est « en cours ». Il est observé que l’objectif « créer une exposition permanente sur l’histoire de la commune à la bibliothèque » est « difficilement atteignable sans un plan d’action », dont il ne résulte pas de l’instruction que la commune ait indiquer qu’il était de la responsabilité de Mme A.... Enfin, si les objectifs « mettre en place des activités d’animation et d’information au sein de la bibliothèque et hors les murs » et « développer les partenariats et le bénévolat » sont partiellement atteints, il est observé pour le premier, que cela est dû à une « réduction de l’effectif », qui ne n’est pas imputé à la requérante, pour le second qu’il « est cours ».

8. En quatrième lieu, Mme A... ne conteste pas utilement les appréciations portées sur son manque de maitrise de soi et son comportement envers sa hiérarchie, alors que le critère » qualité de la relation avec la hiérarchie » est noté suffisant et celui de la « capacité à accepter les critiques » est « en cours d’acquisition », ni le caractère seulement suffisant de sa disponibilité, sa ponctualité et du respect des normes et des procédures internes.

9. Il résulte ainsi de l’instruction, également de ce tout ce qui a été dit, qu’aucun des moyens présentés par Mme A... n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.

10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition liée à l’urgence, que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.





O R D O N N E :


Article 1erer : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée à la commune de Capesterre de Marie-Galante.


Fait à Basse-Terre, le 1er juin 2026.


Le juge des référés,

Signé :

J-L. SANTONI



La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme
La greffière

Signé :

L. LUBINO

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