Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2026, M. A... B..., représenté par Me Boutrin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution du Plan Local d’Urbanisme de la commune de Sainte-Anne publié le 11 mars 2026, en tant qu’il classe en zone A, les parcelles cadastrées AC 1366 et AC 1367 ;
2°) d’enjoindre à la commune de Sainte-Anne de réexaminer la situation des parcelles litigieuses, dans un délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Anne, la somme de 3 000 euros, au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative, et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la parcelle AC 1367 supporte une construction érigée selon un permis délivré en 1979 et qui est entourée de nombreuses constructions, toutes desservies par les réseaux publics ; que le classement contesté a pour conséquence immédiate de rendre incertaine, voire impossible l’instruction d’un permis modificatif ; que cette situation est aggravée par le fait que le requérant est confronté à un contentieux judiciaire lié à des travaux de rénovation défectueux ayant rendu le bien inhabitable ; que la parcelle AC 1366 devait accueillir un projet structuré de résidence pour seniors, qui est compromis par le classement en zone A ; qu’enfin la commune n’a ni pas répondu à son recours gracieux du 17 avril 2026, ni même en a accusé réception ;
- le classement en zone A contesté est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ; il révèle une rupture d’égalité, une atteinte disproportionnée au droit de propriété et un détournement de pouvoir.
Vu :
les pièces jointes à la requête ;
la requête enregistrée le 29 mai 2026, sous le n°2600691, par laquelle le requérant demande l’annulation du Plan Local d’Urbanisme de la commune de Sainte-Anne en tant en tant qu’il classe en zone A, les parcelles cadastrées AC 1366 et AC 1367.
Vu :
- le code l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., demande donc au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution du Plan Local d’Urbanisme de la commune de Sainte-Anne publié le 11 mars 2026, en tant qu’il classe en zone A, les parcelles cadastrées AC 1366 et AC 1367.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : «Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / (…).». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : «Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / (…).». Et aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : «Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.». Enfin, le premier alinéa de l’article R. 522-1 de ce code dispose : «La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire.».
3. Pour justifier de l’urgence à statuer, M. B... fait valoir que la parcelle AC 1367 supporte une construction érigée selon un permis délivré en 1979 et qui est entourée de nombreuses constructions, toutes desservies par les réseaux publics et soutient que le classement contesté a pour conséquence immédiate de rendre incertaine, voire impossible l’instruction d’un permis modificatif alors qu’une construction est érigée ; que cette situation est aggravée par le fait qu’il est confronté à un contentieux judiciaire lié à des travaux de rénovation défectueux ayant rendu le bien inhabitable ; que la parcelle AC 1366 devait accueillir un projet structuré de résidence pour seniors, qui est compromis par le classement en zone A ; qu’enfin la commune n’a ni pas répondu à son recours gracieux du 17 avril 2026, ni même en a accusé réception .
4.Toutefois, d’une part, il ne résulte pas de l’instruction qu’une autorisation de construire sur une des deux parcelles concernées par le présent recours aient été refusée, ni même déposée auprès du service instructeur de la commune, ou encore ait été refusée au motif du classement contesté. D’autre part, la circonstance que le requérant soit confronté à un contentieux judiciaire lié à des travaux de rénovation défectueux ayant rendu son bien inhabitable et que son recours gracieux du 17 avril 2026, n’ait reçu aucune réponse de la commune, ne permet pas davantage de satisfaire aux conditions relatives à l’urgence, définies à l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Au surplus, il ne résulte pas de l’instruction, notamment de la situation des parcelles concernées par le présent litige, constatée à l’aide du site Géoportail, accessible tant au juge qu’aux parties, que ces terrains fassent partie intégrante et de façon non discutable, des parties urbanisées de la commune, devant recevoir un autre classement que celui attribué. Dès lors, en l’état de l’instruction, aucun des moyens soulevés par le requérant, n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du classement contesté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie sera notifiée à la commune de Sainte-Anne.
Fait à Basse-Terre, le 1er juin 2026.
Le vice-président,
Signé
J.-L. SANTONI
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière
Signé
L. LUBINO