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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2001049

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2001049

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2001049
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 novembre 2020, Mme I C, représentée par Me Balima, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2020 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler son titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours à destination de son pays d'origine ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ; à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai, sous la même astreinte et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Balima, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme C soutient que :

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- le refus de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant son pays de destination sont insuffisamment motivés ;

- la décision est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 313-11, 11° et L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article L. 313-11, 11° du même code, de l'article L. 313-14 du même code, des articles 3-1, 9-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et du préambule de la Constitution française

Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Mathieu, conclut au rejet de la requête.

Le préfet de la Guyane fait valoir que :

- la requête est irrecevable car tardive ;

- les moyens de la requête sont dépourvus de fondement.

Par une décision 14 septembre 2020, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D

- et les observations de Mme C.

Le préfet n'était pas représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante haïtienne née en 1980, est entrée en France, d'après ses déclarations, le 14 mars 2016. Elle s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " valable du 18 décembre 2018 au 17 septembre 2019. Par sa requête, Mme C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 juin 2020 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors en vigueur, et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours à destination de son pays d'origine.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Il résulte de la combinaison de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et des articles 38 et 56 du décret du 19 décembre 1991 portant application de cette loi qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle. Il en va ainsi quel que soit le sens de la décision se prononçant sur la demande d'aide juridictionnelle, qu'elle en ait refusé le bénéfice, qu'elle ait prononcé une admission partielle ou qu'elle ait admis le demandeur au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, quand bien même dans ce dernier cas le ministère public ou le bâtonnier ont seuls vocation à contester la décision en vertu de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991.

3. En l'espèce, la demande d'aide juridictionnelle de l'intéressée, enregistrée par le bureau d'aide juridictionnelle le 11 août 2020 a été présentée dans le délai de recours contentieux ouvert contre l'arrêté du 15 juin 2020. Le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à Mme C le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 septembre 2020. Partant, quand bien même la date exacte de notification de cette décision n'est pas connue, la requête de Mme C, enregistrée le 5 novembre 2020, a été présentée moins de deux mois après l'expiration du délai de quinze jours imparti pour contester cette décision. La fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la tardiveté de la requête doit donc être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. En l'espèce, par un arrêté du 27 février 2020 portant délégation de signature à M. E F, directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Guyane du 28 février 2020, le préfet de la Guyane lui a donné délégation, " dans le domaine de l'immigration ", à l'effet de signer notamment les actes référencés à l'article 4 et regroupés dans la rubrique " éloignement et contentieux ". En vertu des termes de cette rubrique, M. F a été habilité à signer les arrêtés portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire avec et sans délai. Par ailleurs, M. F a été autorisé par ce même arrêté à subdéléguer sa signature aux agents placés sous son autorité. Ce faisant, par un arrêté du 18 mars 2020, publié le 19 mars suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture de Guyane, M. F a octroyé une subdélégation à M. A H, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, pour signer en cas d'absence ou d'empêchement de M. B G, les actes référencés par l'article 4 de l'arrêté du 27 février 2020 sous la rubrique " éloignement et contentieux ". Par suite, et dès lors qu'il n'est ni établi ni allégué que M. G n'aurait pas été absent ou empêché, le moyen tiré de l'incompétence de M. H pour signer l'arrêté attaqué portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire avec délai manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la motivation de l'arrêté attaqué :

5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " () La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I, sans préjudice, le cas échéant, de l'indication des motifs pour lesquels il est fait application des II et III. () ".

6. Il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que celui-ci cite l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement duquel était présentée la demande de Mme C, se réfère au rapport du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 14 novembre 2019 en indiquant que d'après celui-ci, Mme C pourrait bénéficier d'un traitement approprié et voyager sans risque vers son pays d'origine et qu'en conséquence, l'intéressée n'est pas éligible au renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet indique par ailleurs que Mme C déclare être mariée à un compatriote haïtien dépourvu d'autorisation de séjour et être la mère de trois enfants pouvant l'accompagner dans le cadre d'un éloignement et que, dès lors, " la décision qui lui est opposée ne contrevient pas aux dispositions des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ". La décision de refus de séjour étant assortie des motifs de droits et de fait qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

7. La motivation de la décision obligeant un étranger à quitter le territoire français, qui se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement, n'implique pas d'autre mention particulière que le rappel des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, l'arrêté attaqué ne cite ni ne vise l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, a fortiori, ne précise pas que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de Mme C repose sur le point 3 du I de cet article permettant au préfet d'édicter une obligation de quitter le territoire français " si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ". Dans ces conditions, il y a lieu d'annuler l'obligation de quitter le territoire français à destination du pays d'origine prononcée par le préfet de la Guyane, pour insuffisance de motivation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision.

En ce qui concerne la légalité interne du refus de séjour :

S'agissant de l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

8. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version application au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

9. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

10. Par un avis du 14 novembre 2019, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de Mme C nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais, d'une part, que l'intéressée pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays et, d'autre part, que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers ce pays. Mme C soutient que depuis la découverte de son diabète et de ses problèmes de tension artérielle, elle est suivie au quotidien par son médecin et qu'elle n'est pas en mesure d'avoir un suivi sanitaire correct par un autre médecin dans son pays d'origine. Toutefois, il ne ressort pas des pièces produites par la requérante qu'elle ne pourrait bénéficier d'une prise en charge et d'un suivi approprié à son état de santé en Haïti. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-11, 11° précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

S'agissant de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

11. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

12. D'une part, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué et n'est pas démenti par Mme C que son époux est également de nationalité haïtienne et dépourvu d'autorisation de séjour. Si la requérante est la mère de deux petites filles nées en France en 2016 et en 2019, quand bien même l'aînée serait scolarisée en France à la date de l'arrêté attaqué, la requérante ne démontre pas que ses filles auraient une vocation particulière à se maintenir en France. D'autre part, l'obtention d'un titre d'agente de prévention et de sécurité au mois de février 2020 à l'issue d'une formation d'un mois, et l'accomplissement d'une déclaration de revenus en 2019 ne peuvent suffire à caractériser une situation d'insertion réussie dans la société française. Dans ces conditions, en dépit d'une ancienneté de séjour en France d'environ quatre années, Mme C ne démontre pas qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour le préfet de la Guyane aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des articles précités.

13. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a lieu d'annuler l'arrêté du 15 juin 2020 du préfet de la Guyane qu'en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours à destination du pays d'origine de Mme C.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Le présent jugement implique nécessairement, en vertu des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative et non de celles de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont pas applicables en Guyane conformément à l'article L. 651-4 du même code, que le préfet de la Guyane procède au réexamen de la situation administrative de Mme C dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente décision, et qu'il la munisse, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

15. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que Me Balima, avocat de Mme C renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Balima de la somme de 900 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Guyane du 15 juin 2020 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de procéder au réexamen de la demande de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente d'une nouvelle décision et dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 3 : L'Etat versera à Me Balima une somme de 900 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Balima renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme I C et au préfet de la Guyane.

Une copie du jugement sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Chatal, conseillère,

M. Hégésippe, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

La rapporteuse,

Signé

A. D

Le président,

Signé

L. MARTIN La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

M-Y. METELLUS

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