jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FIDAL TOULOUSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 janvier 2021 et le 21 octobre 2022, la société Comptoir Guyanais de l'Auto, représentée par Me Do Carmo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 334,60 euros à titre d'intérêts moratoires afférents à la somme de 78 000 euros qui lui a été remboursée en conséquence de la déclaration d'inconstitutionnalité de l'article 235 ZCA du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le point de départ du calcul des intérêts de retard qui lui sont dus est la date de paiement de la contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés sur les montants distribués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guyane conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions à fin de remboursement et au rejet des conclusions formulées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société Comptoir Guyanais de l'Auto, assujettie à la contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés au titre des montants distribués prévue par l'article 235 ZCA du code général des impôts en vigueur jusqu'à sa déclaration d'inconstitutionnalité par la décision du Conseil constitutionnel n° 2017-660 QPC du 6 octobre 2017, a versé à l'Etat à ce titre la somme de 78 000 euros entre septembre 2015 et septembre 2017. Suite à la déclaration d'inconstitutionnalité de l'article 235 ZCA du code général des impôts, cette somme lui a été restituée en deux fois par l'administration fiscale, le 22 mars 2018 en ce qui concerne l'année 2017 et le 27 avril 2018 en ce qui concerne les années 2015 et 2016. Par deux premiers courriers, reçus par l'administration fiscale, en ce qui concerne les années 2015 et 2017, le 20 septembre 2017 et en ce qui concerne l'année 2016, le 22 février 2018, la société a parallèlement demandé à l'administration de lui verser les intérêts moratoires correspondant aux remboursements de la contribution qu'elle avait acquittée. Le silence gardé par l'administration fiscale pendant plus de six mois sur ces demandes a fait naître deux décisions implicites de rejet les 20 mars 2018 et 22 août 2018. Par un troisième courrier reçu par l'administration fiscale le 6 août 2020, la société requérante a réitéré sa demande de paiement des intérêts moratoires afférents à la contribution additionnelle dont elle s'était acquittée au titre des trois années 2015, 2016 et 2017. Le silence gardé pendant plus de six mois par l'administration sur cette troisième demande a fait naître une troisième décision implicite de rejet le 6 février 2021. Par une décision du 23 octobre 2019, l'administration fiscale a décidé de verser à la société requérante la somme de 3 595,50 euros au titre des intérêts moratoires correspondant à la contribution additionnelle litigieuse. Par la présente requête, la société Comptoir Guyanais de l'Auto demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser le la somme de 2 334,60 euros correspondant au reliquat des intérêts moratoires qu'elle estime lui être dus.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. L'administration fait valoir qu'elle a remboursé à la société requérante non seulement les sommes versées par cette dernière au principal au titre de la contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés au titre des années 2015, 2016, et 2017 mais aussi les intérêts moratoires liés à ces remboursements. Cependant, il résulte du mémoire en réplique de la requérante que, si elle admet que c'est en effet le taux de 0,20% mensuel qui doit être appliqué aux intérêts moratoires à compter du 1er janvier 2018, les parties divergent sur la fixation du point de départ du calcul de ces intérêts, de sorte que la requérante soutient que la somme versée par l'administration au titre des intérêts moratoires, soit 3 595,50 euros, est incomplète et que reste à lui être versée la somme de 2 334, 60 euros. Par suite, le litige entre les parties persiste et il y a lieu de statuer sur les conclusions aux fins de remboursement de la somme de 2 334,60 euros.
Sur les conclusions à fin de remboursement :
3. Aux termes de l'article 235 ter ZCA du code général des impôts, dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 6 octobre 2017, date de la décision du Conseil constitutionnel n° 2017-660 QPC du 6 octobre 2017 : " I. - Les sociétés ou organismes français ou étrangers passibles de l'impôt sur les sociétés en France, à l'exclusion des organismes de placement collectif mentionnés au II de l'article L. 214-1 du code monétaire et financier ainsi que de ceux qui satisfont à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité sont assujettis à une contribution additionnelle à cet impôt au titre des montants qu'ils distribuent au sens des articles 109 à 117 du présent code. / La contribution est égale à 3 % des montants distribués. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés. ". Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 : " () III. - Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40 % par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé. () ". Ce taux a été ramené à 0,20% à compter du 1er janvier 2018 en vertu de l'article 55 de cette loi. Aux termes de l'article R*208 du livre des procédures fiscales : " Les intérêts moratoires courent jusqu'au jour du remboursement () ". La date de paiement doit s'entendre de celle à partir de laquelle la somme indûment payée est devenue indisponible pour le contribuable, dès lors que les règles relatives au calcul des intérêts dus ne sauraient aboutir à priver ce dernier d'une indemnisation adéquate de la perte occasionnée par le paiement indu de la taxe.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment des certificats de prise en compte des ordres de paiement, que la société requérante a versé une contribution additionnelle sur l'impôt sur les sociétés de 22 500 euros le 15 septembre 2015 au titre de 2015, de 27 000 euros le 15 septembre 2016 au titre de 2016 et de 28 500 euros le 15 septembre 2017 au titre de 2017. Il est constant qu'après avoir acquitté durant trois ans cette contribution additionnelle, la société requérante a perçu les remboursements des sommes qu'elle avait versées à l'administration fiscale au titre de la contribution additionnelle sur l'impôt sur les sociétés pour l'année 2017 le 22 mars 2018 et pour les années 2015 et 2016 le 27 avril 2018. Par suite, elle a droit, premièrement en ce qui concerne la contribution qu'elle a versée au titre de l'année 2015 aux intérêts de retard au taux de 4,80% par an entre le 15 septembre 2015 et le 31 décembre 2017, soit pendant 825 jours, soit 2 475 euros puis au taux de 2,40% par an entre le 1er janvier 2018 et le 27 avril 2018, soit pendant 117 jours, soit 175,50 euros, deuxièmement en ce qui concerne la contribution qu'elle a versée au titre de l'année 2016 au taux de 4,80% par an entre le 15 septembre 2016 et le 31 décembre 2017, soit pendant 465 jours, soit 1 674 euros puis au taux de 2,40% par an entre le 1er janvier 2018 et le 27 avril 2018, soit pendant 117 jours, soit 210,60 euros et, troisièmement en ce qui concerne la contribution qu'elle a versée au titre de l'année 2017 au taux de 4,80% par an entre le 15 septembre 2017 et le 31 décembre 2017, soit pendant 105 jours, soit 399 euros puis au taux de 2,40% par an entre le 1er janvier 2018 et le 22 mars 2018, soit pendant 82 jours, soit 155,61 euros. En conséquence, les intérêts de retard prévus par les articles 1727 du code général des impôts et
L. 208 du livre des procédures fiscales s'élevaient donc à la somme totale de 5 089,71 euros (2 475 + 175,50 + 1 674 + 210,60 + 399 + 155,61).
5. Il est constant que, au titre des intérêts moratoires litigieux, la société requérante a déjà perçu la somme de 3 595,50 euros. Par suite, la somme lui restant due s'élève à 1 494,21 euros.
6. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la société Comptoir Guyanais de l'Auto la somme de 1 494,21 euros.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Comptoir Guyanais de l'Auto et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la société Comptoir Guyanais de l'Auto la somme de 1 494,21 euros.
Article 2 : L'Etat versera à la société Comptoir Guyanais de l'Auto une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Comptoir Guyanais de l'Auto et à la direction régionale des finances publiques de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
Signé
E. ALe président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
N°2100011
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026