jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100112 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BENSIMHON Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2021, Mme F A épouse B, représentée par la SCP Bensimhon-Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er septembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la contribution spéciale et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement, ainsi que la décision du 1er décembre 2020 prise sur son recours gracieux contre la décision du 1er septembre ;
2°) d'annuler les deux titres de perception du 9 novembre 2020 d'un montant respectif de 24 894 euros et 5 106 euros émis par la direction générale des finances publiques en vue de recouvrer la contribution spéciale et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure de contrôle effectuée par les services de police est irrégulière dès lors que ces derniers ne pouvaient procéder légalement à l'audition de MM. C et E sans solliciter leur consentement, de sorte que le procès-verbal de contrôle d'identité et de constat d'infraction est nul ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration a retenu à tort la qualification d'emploi irrégulier d'un étranger non muni d'une autorisation de travail dès lors que MM. C et E n'occupaient aucun poste de travail en état de subordination et effectuaient simplement des travaux pour ré-agencer les locaux mis à leur disposition gratuitement par la requérante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- Mme A épouse B et l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle du 6 février 2020, les services de la police aux frontières de Cayenne ont relevé la présence en situation de travail dans un immeuble en rénovation, situé 21 rue François Arago à Cayenne de MM. Antonio Cumunoromo C et Danilson E, ressortissants bissau-guinéens en situation irrégulière sur le territoire français et nés les 14 avril 1974 et 8 mars 1987 en Guinée Bissau. Par une décision du 1er septembre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à la charge de Mme A épouse B la somme totale de 30 000 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Deux titres de perception ont été émis le 9 novembre 2020 en vue du recouvrement de ces contributions. Mme A épouse B a formé un recours gracieux contre la décision du 1er septembre 2020, rejeté par une décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er décembre 2020. Par la présente requête, Mme A épouse B demande d'annuler les décisions des 1er septembre et 1er décembre 2020 ainsi que les titres de recettes émis à son encontre.
2. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. /Il est également interdit à toute personne d'engager ou de conserver à son service un étranger dans une catégorie professionnelle, une profession ou une zone géographique autres que celles qui sont mentionnées, le cas échéant, sur le titre prévu au premier alinéa ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat () ". Enfin, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine () ".
3. En premier lieu, la circonstance, à la supposer établie, que les officiers de police judiciaire n'ont pas recueilli le consentement de MM. C et E pour procéder à leur audition ne saurait faire obstacle à ce que les faits incriminés, qui n'ont pas été contredits par un juge pénal, puissent servir de fondement, dès lors qu'ils sont établis par les procès-verbaux des auditions de MM. C et E, lesquels font foi jusqu'à preuve du contraire, à la mise en œuvre de la contribution spéciale établie par l'article L. 8253-1 du code du travail. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité des conditions dans lesquelles se serait déroulée l'audition de MM. C et E est sans incidence sur la légalité de la mise à la charge de Mme A épouse B des contributions prévues aux articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En second lieu, l'emploi irrégulier d'un étranger peut être constaté dès lors qu'il existe un lien de subordination entre cet étranger et l'employeur, alors même qu'aucun contrat de travail n'a été établi entre ces derniers et que l'étranger ne perçoit aucune rémunération. Le lien de subordination est caractérisé lorsqu'un employeur a le pouvoir de fixer des directives à un de ses collaborateurs, d'en suivre la correcte exécution et de sanctionner les manquements constatés.
5. Il ressort des mentions des procès-verbaux figurant au dossier, qui ainsi qu'il a été dit au point 3 font foi jusqu'à preuve du contraire, que, lors du contrôle opéré par les services de police le 6 février 2020, M. C était en train de couper du carrelage à l'aide d'une carrelette tandis que M. E était en train de peindre sis sur un escabeau. Si Mme A épouse B soutient que MM. C et E, dépourvus de tout contrat de travail, effectuaient des travaux pour ré-agencer les lieux pour leur confort, il ressort toutefois des déclarations de MM. C et E lors de leur audition respective qu'ils travaillaient pour Mme A épouse B, qui devait les payer en espèces. En outre, M. C identifie la requérante comme étant la donneuse d'ordres. Dans ces conditions, MM. C et E, en situation irrégulière sur le territoire français, doivent être regardés comme s'étant trouvés dans un lien de subordination avec Mme A épouse B.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A épouse B n'est ni fondée à demander l'annulation des décisions des 1er septembre et 1er décembre 2020 de l'OFII, ni à demander l'annulation des titres de perception pris à son encontre le 9 novembre 2020 afin de recouvrer les contributions spéciale et forfaitaire représentative des frais de réacheminement mises à sa charge par l'OFII.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OFII, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A épouse B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. D
Le président,
Signé
L. MARTINLe greffier,
Signé
M.-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026