jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100606 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP CHONG-SIT ET DOUTRELONG |
Vu la procédure suivante :
A une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 3 mai et 20 juillet 2021, M. B D, représenté A Me Doutrelong, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2021 A lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros A jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour temporaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- en refusant de renouveler sa carte de résident, le préfet a commis une erreur de droit dès lors qu'il résulte des articles L.314-1 et L.314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la menace à l'ordre public ne pouvait être opposée à sa demande, qui n'était pas au nombre de celles visées A les article L.314-5 et L.314-7 ; il a méconnu les articles 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il s'est livré à une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
- la mesure d'éloignement est fondée sur un refus de séjour illégal, insuffisamment motivée, puis est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
A un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2022, le préfet de la Guyane, représenté A Me Cano, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C et les observations de Me Briolin pour le préfet de la Guyane, M. D n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant surinamais, conteste l'arrêté du 8 février 2021 A lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler sa carte de résident de dix ans et lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue A la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Né le 7 juin 1981, entré en France en 1987 à l'âge de cinq ans, M. D a bénéficié à compter du 7 avril 2003 d'un titre de séjour renouvelé jusqu'au 7 avril 2009, puis d'une carte de résident de dix ans expirant le 6 avril 2019. Il vit maritalement depuis le 5 décembre 2019 à Rémire-Montjoly avec une compatriote en situation régulière et leur fils né en 2017. Il a deux autres enfants nés de précédentes unions, un fils né en 2006, de nationalité française, et une fille de nationalité haïtienne née en 2013 et justifie de ses liens avec ces enfants, A les attestations non dépourvues de valeur probante établies A chacune des mères. Sa mère en situation régulière et ses quatre sœurs de nationalité française résident en Guyane. Titulaire d'un certificat d'aptitude professionnelle et d'un brevet d'études professionnelles en froid, M. D a été employé A plusieurs sociétés à compter de l'année 2005. Le 12 février 2015, il a conclu avec la Sas Jo froid services un contrat à durée indéterminée pour exercer l'activité de technicien de maintenance. Toutefois, le 29 juin 2017, il a été condamné A la cour d'assises de la Guyane à une peine de dix ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre et violence sur sa compagne. A un jugement rendu le 27 novembre 2019 A le juge de l'application des peines, il a bénéficié d'un placement sous surveillance électronique à titre probatoire à compter du 5 décembre suivant, puis d'une libération conditionnelle à compter du 5 avril 2020. En juillet 2019 au cours de son incarcération, il a obtenu le baccalauréat professionnel de technicien du froid et du conditionnement d'air. A sa sortie de prison, il a été réembauché A la Sas Jo froid services. Dans les circonstances de l'affaire, compte tenu de la durée de séjour en France, des attaches familiales et de l'intégration professionnelle de M. D et en dépit des conditions de son séjour, en refusant de l'admettre au séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire, le préfet de la Guyane a porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie familiale garanti A les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, le requérant est fondé à demander l'annulation de ces décisions ainsi que, A voie de conséquence, l'annulation du refus de lui accorder un délai de départ volontaire.
4. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement la délivrance d'une carte de séjour temporaire à M. D. Il y a lieu, dès lors, sur le fondement des dispositions de l'article L.911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Guyane d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'affaire de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à payer à M. D sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté pris le 8 février 2021 A le préfet de la Guyane à l'encontre de M. D est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de délivrer une carte de séjour temporaire à M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. D la somme de 900 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Guyane. Une copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 1er décembre 202La rapporteure,
Signé
M-T. C Le président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en cheffe,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026