jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BONFAIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, Mme A, représentée par Me Bonfait, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites par lesquelles le maire de la commune de Matoury a rejeté sa demande de versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à compter du mois d'avril 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Matoury de lui verser l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à compter du mois d'avril 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Matoury la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la suspension du versement de l'indemnité n'a été précédée d'aucun arrêté ;
- la suspension du versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est illégale dès lors que la délibération du conseil municipal de Matoury du 12 novembre 2019 prévoit le maintien de cette indemnité lorsqu'un agent est placé en congé pour maladie professionnelle.
Une mise en demeure de produire a été adressée le 5 octobre 2022 à la commune de Matoury qui n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 15 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune de Matoury sur la demande réceptionnée le 24 septembre 2020, en raison de sa tardiveté, la requérante, agent public qui ne bénéficie pas, en cette qualité, des dispositions de l'article L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, ayant formé sa requête plus de deux mois après l'expiration du délai de recours qui a commencé à courir à la naissance de la décision implicite de rejet, soit le 24 novembre 2020 ;
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune de Matoury sur la demande réceptionnée le 8 avril 2021, dès lors qu'elle est confirmative de la décision initiale du 10 décembre 2019, devenue définitive le 19 décembre 2020.
Par un mémoire enregistré le 13 mars 2023, Mme A, représentée par Me Bonfait, a présenté ses observations sur les moyens d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- les observations de Me Bonfait, représentant Mme A.
La commune de Matoury n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent territorial affectée au service des ressources humaines de la commune de Matoury, a été placée, par un arrêté du 26 novembre 2019, en congé de maladie professionnelle à compter du 16 avril 2019. Par un courrier, reçu le 18 décembre 2019, elle a été informée qu'elle bénéficierait, à titre exceptionnel de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) pour le mois de décembre 2019 et que cette mesure prendrait fin à compter du 1er janvier 2020. Par une première demande, réceptionnée le 26 mai 2020 par la commune de Matoury, l'intéressée a sollicité le rétablissement de son IFSE à compter du mois d'avril 2020. Elle a ensuite formé deux nouvelles demandes, ayant le même objet, qui ont été réceptionnées le 24 septembre 2020 et le 8 avril 2021. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions implicites nées du silence gardé par la commune de Matoury sur ces deux dernières demandes.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête :
2. En premier lieu, il ne résulte d'aucune disposition que la commune de Matoury était tenue de précéder la suspension du versement de l'IFSE d'un arrêté municipal. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que par un courrier, notifié le 18 décembre 2019 à l'intéressée, la commune de Matoury l'a informée de ce qu'elle ne bénéficiera plus de cette indemnité à compter du 1er janvier 2020, conformément à la délibération du conseil municipal du 12 novembre 2019. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure en l'absence d'arrêté portant suspension de l'IFSE doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version applicable au litige : " Le régime indemnitaire fixé par () les conseils d'administration des établissements publics locaux pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes. ()". Aux termes de l'article 2 du même décret : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements () ".
4. Il résulte des dispositions précitées de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984, qui permettent à une collectivité locale de mettre en place pour ses agents le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) institué par le décret du 20 mai 2014, qu'il revient à l'assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale de fixer elle-même la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités bénéficiant aux fonctionnaires de la collectivité, sans que le régime ainsi institué puisse être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat d'un grade et d'un corps équivalents au grade et au cadre d'emplois de ces fonctionnaires territoriaux et sans que la collectivité soit tenue de faire bénéficier ses fonctionnaires de régimes indemnitaires identiques à ceux des fonctionnaires de l'Etat.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 12 novembre 2019, le conseil municipal de la commune de Matoury a fixé les conditions d'attribution de l'IFSE ainsi que les modalités de maintien de cette indemnité pour les agents placés en congés de maladie. A cet égard, si la délibération prévoit expressément que l'IFSE suivra le sort du traitement en cas de congé de maladie ordinaire et qu'elle ne sera pas versée lorsque l'agent est placé en congés de longue maladie, de longue durée ainsi que de grave maladie, cette délibération n'apporte aucune précision sur le sort de cette indemnité pour les agents placés, comme Mme A, en congé de maladie professionnelle. Ainsi, en l'absence de mention en faveur du maintien dudit régime indemnitaire en ce qui concerne cette catégorie de congé de maladie et alors que celle-ci ne peut être assimilée à la situation d'un congé de maladie faisant suite à un " accident de service " telle que précisée par la délibération, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la commune de Matoury a méconnu la délibération du 12 novembre 2019 en refusant de lui verser l'IFSE à compter du mois d'avril 2020.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de la requérante et, partant, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Matoury.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
C. C
Le président,
Signé
L. MARTIN La greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026