jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JURISGUYANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, M. D C B, représenté par Me Lingibé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de l'Ouest Guyanais a prononcé sa titularisation dans le grade d'ingénieur en chef de classe normale à compter du 1er avril 2019, en le classant au quatrième échelon de son grade à l'indice but 623 et l'indice majoré 523 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de reconstituer sa carrière et de mettre à sa charge la somme de 6.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. C B soutient que :
- l'administration a illégalement retiré l'arrêté créateur de droits du 18 janvier 2019 le nommant en qualité de stagiaire détaché, ingénieur hospitalier en chef de classe normale au huitième échelon de son grade à l'indice 857/700 ;
- il n'a pas été informé de la possibilité d'obtenir la communication de son dossier ;
- les dispositions des article 6-3 et 12 du décret n° 91-868 du 5 septembre 1991 ont été méconnues ; l'administration a commis une erreur de droit en estimant qu'il ne pouvait bénéficier de sa rémunération antérieure ; il a exercé en qualité d'attaché d'administration non titulaire plus de six mois durant les douze mois précédents ;
- en le classant dans un échelon ne lui ouvrant droit qu'à un traitement inférieur à celui perçu en qualité de contractuel, l'administration, qui devait prendre en compte son ancienneté en qualité de contractuel et le placer au huitième échelon à l'indice 857/700 en application des articles 7 et 12 du décret n° 2007-961 du 15 mai 2017, n'a pas suffisamment motivé sa décision ;
- elle s'est estimé liée par les observations de la commission administrative paritaire départementale.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 octobre 2021, le centre hospitalier de l'Ouest Guyanais, représenté par Me Paraveman, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 91-868 du 5 septembre 1991 modifié ;
- le décret n° 2007-961 du 15 mai 2007 ;
- le décret n° 2018-1000 du 16 novembre 2018 ;
- l'arrêté du 16 novembre 2018 relatif à l'échelonnement indiciaire des ingénieurs de la fonction publique hospitalière et des ingénieurs de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. E
- et les observations de Me Lingibé, pour M. C B, le centre hospitalier de l'Ouest Guyanais n'étant pas représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Technicien supérieur hospitalier titulaire de deuxième classe, affecté au centre hospitalier de Cayenne depuis le 1er février 2014, M. C B, alors classé au huitième échelon de son grade, a été placé en disponibilité pour convenances personnelles du 1er septembre 2016 au 1er septembre 2020. A compter du 5 septembre 2016, il a conclu avec le centre hospitalier de l'Ouest Guyanais un contrat de deux ans pour exercer les fonctions d'attaché d'administration hospitalière à l'indice brut 759. Par un nouveau contrat du 5 décembre 2016, il a été employé en qualité d'attaché d'administration hospitalière principal à l'indice brut 966. Par un dernier contrat du 22 mai 2017, il a été recruté en qualité d'ingénieur hospitalier en chef de classe exceptionnelle à l'indice majoré 963. Admis au concours d'ingénieur hospitalier en chef le 10 mars 2018, il a été réintégré le 1er avril suivant au centre hospitalier de Cayenne en qualité de technicien supérieur hospitalier de deuxième classe au huitième échelon de son grade, puis, par une décision du 18 juin 2018, il a été détaché au centre hospitalier de l'Ouest Guyanais en qualité de stagiaire sur le grade d'ingénieur hospitalier en chef de classe normale à compter du 1er avril 2018. Par un arrêté n° 25/2019 du 18 janvier 2019, il a été nommé en qualité de stagiaire détaché, ingénieur hospitalier en chef de classe normale au huitième échelon de son grade à l'indice 857/700. Le 28 janvier 2020, la commission administrative paritaire départementale de titularisation a signalé l'illégalité de ce classement au centre hospitalier de l'Ouest Guyanais, en précisant que M. C B, qui avait conservé sa qualité de fonctionnaire, devait être classé à compter du 1er avril 2018 au troisième échelon du grade d'ingénieur en chef de classe normale. Par une décision du 28 avril 2021, le directeur du centre hospitalier de l'Ouest Guyanais a prononcé la titularisation de M. C B dans le grade d'ingénieur en chef de classe normale à compter du 1er avril 2019, en le classant au quatrième échelon de son grade à l'indice but 623 et l'indice majoré 523. M. C B conteste cette décision.
2. La décision contestée ne fait grief à M. C B qu'en tant que, par son article 2, elle l'a classé au quatrième échelon de son grade à l'indice but 623 et l'indice majoré 523. La requête doit, dès lors, être regardée comme dirigée contre les dispositions divisibles de cet article 2.
3. Le classement indiciaire de M. C B au quatrième échelon de son grade à l'indice but 623 et l'indice majoré 523, qui n'est pas fondé sur son comportement, n'entre dans aucune des catégories de mesures impliquant l'obligation, prévue par l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, de mettre à même l'agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne d'obtenir communication de son dossier.
4. Il ne ressort ni des mentions de l'arrêté contesté, ni d'aucune autre pièce du dossier que le directeur du centre hospitalier se serait estimé lié par les observations adressées le 28 janvier 2020 par la commission administrative paritaire départementale.
5. Le centre hospitalier a fait application des dispositions de l'article 6-3 du décret du 5 septembre 1991 portant statut particulier du corps des ingénieurs de la fonction publique hospitalière et du corps des ingénieurs de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Aux termes du V de cet article : " Les fonctionnaires recrutés dans le grade d'ingénieur hospitalier en chef de classe normale sont classés dans ce grade en tenant compte de la situation qui serait la leur, si préalablement à leur nomination dans ce grade, ils avaient été nommés dans le grade d'ingénieur hospitalier en application des dispositions statutaires et indiciaires en vigueur à la date du 31 décembre 2016 puis classés dans le grade d'ingénieur en chef selon les modalités prévues à l'article 4 du décret du 15 mai 2007 précité. ". Aux termes de cet article 4 : " Les fonctionnaires appartenant, avant leur nomination dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er, à un corps ou à un cadre d'emplois de catégorie A ou de même niveau sont classés, lors de leur nomination, à l'échelon comportant un indice égal ou, à défaut, immédiatement supérieur à celui qu'ils détenaient dans leurs corps et grade d'origine. ".
6. Aux termes de l'article 1er du décret du 15 mai 2007 fixant les dispositions statutaires communes applicables à certains corps de fonctionnaires de catégorie A de la fonction publique hospitalière : " Les dispositions du présent décret s'appliquent aux personnes nommées dans les corps de fonctionnaires de catégorie A de la fonction publique hospitalière figurant en annexe, sous réserve des dispositions plus favorables instituées par les statuts particuliers de ces corps. ". L'article 3 du même décret prévoit que ces agents sont en principe classés en application des dispositions correspondant à leur dernière situation, avec, toutefois, la possibilité, dans un délai de six mois à compter de la notification de leur classement, de demander l'application de dispositions plus favorables. Si l'article 7 de ce décret prévoit que les agents qui justifient, avant leur nomination, de services accomplis en tant qu'agent public non titulaire, autres que des services de stagiaire, sont classés, lors de leur nomination, à un échelon déterminé en prenant en compte la moitié des services accomplis en catégorie A, le requérant n'a exercé en qualité d'agent contractuel de droit public de catégorie A que du 5 septembre 2016 au 1er avril 2018. Il en résulte que l'application de ces dispositions, qui aurait donné lieu à une reprise d'ancienneté inférieure à un an, est moins favorable à l'intéressé que l'application de celles de l'article 6-3 du décret du 5 septembre 1991.
7. L'agent nommé en qualité de stagiaire doit accomplir une période probatoire durant laquelle il n'est pas titularisé dans un grade de la hiérarchie afférente à ce corps et son classement dans la hiérarchie du corps concerné ne peut intervenir que lors de la titularisation qui donne seule un caractère définitif à la nomination. A supposer même que l'arrêté du 18 janvier 2019 nommant l'intéressé en qualité de stagiaire détaché au huitième échelon de son grade, à l'indice 857/700 ait pu créer des droits, en vertu de l'article L.242-2 du code des relations entre le public et l'administration, l'administration pouvait légalement supprimer pour l'avenir l'avantage pécuniaire versé à tort à M. C B, qui ne remplissait pas les conditions pour en bénéficier. Le moyen tiré du retrait illégal d'une décision créatrice de droits ne peut, dès lors, qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 avril 2021 en tant qu'elle l'a classé au quatrième échelon de son grade à l'indice but 623 et à l'indice majoré 523. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C B et au centre hospitalier de l'Ouest Guyanais.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
M.T. A Le président,
Signé
L. MARTINLe greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026