jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHARLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire enregistrées les 3 octobre 2021 et 20 décembre 2022, M. F D, représenté par Me Charlot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de lui payer les deuxième et troisième fractions de l'indemnité de sujétion géographique prévue par le décret n° 2013-314 du 15 avril 2013 ;
2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui payer les montants correspondants à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- la décision ne vise pas la délégation à Mme E ; elle est insuffisamment motivée ;
- en se fondant sur le jugement du 11 février 2021, le préfet a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2022, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 2013-314 du 15 avril 2013 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public,
- les observations de Me Charlot pour M. D et celles de Mme C pour le préfet de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 juin 2017, M. D, brigadier-chef de police, a été muté à la direction départementale de la sécurité publique de la Guyane à compter du 1er août suivant. Par l'article 3 du même arrêté, il a été admis au bénéfice du décret du 15 avril 2013 portant création d'une indemnité de sujétion géographique. Par un arrêté du 8 août 2018, le ministre de l'intérieur a retiré cet article 3. Par un jugement n° 1900140 du 11 février 2021, ce tribunal a annulé cet arrêté de retrait, en estimant la décision d'admission au bénéfice de l'indemnité ne pouvait plus être retirée dans le délai de quatre mois suivant son édiction, puis a enjoint à l'administration de payer à M. D le montant correspondant à la première fraction de l'indemnité. Par la présente requête, M. D conteste la décision du 26 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande du 23 avril 2021 tendant au paiement des deuxième et troisième fractions.
2. En vertu du 6° de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration, doivent être motivées les décisions qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. Selon l'article L.211-5 du même code, la motivation doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent la décision.
3. En se bornant à indiquer à M. D que le jugement du 11 février 2021, qui avait seulement enjoint le paiement de la première fraction de l'indemnité, avait été exécuté en juin 2021, le préfet n'a pas mis à même l'intéressé de connaître les considérations de droit et de fait constituant le fondement de sa décision de lui refuser le bénéfice des deuxième et troisième fractions, en méconnaissance de l'exigence de motivation résultant des dispositions précitées des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. D est fondé à demander l'annulation de cette décision.
4. Eu égard au motif de l'annulation prononcée, le présent jugement n'implique pas, sur le fondement de l'article L.911-1 du code de justice administrative, le paiement des montants correspondants à la deuxième et à la troisième fraction de l'indemnité. Au surplus, eu égard à la possibilité donnée par les dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 à l'administration de demander le remboursement des sommes versées en application d'une décision illégalement retirée, l'administration n'est pas tenue de verser les sommes dues en application d'une décision illégale attribuant un avantage financier qu'elle ne peut plus retirer dès lors qu'elle pourrait les répéter dès leur versement en application des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il en résulte que les conclusions de M. D tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui payer les montants correspondants à la deuxième et à la troisième fraction de l'indemnité ne peuvent qu'être rejetées.
5. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. D demande au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de payer à M. D les deuxième et troisième fractions de l'indemnité de sujétion géographique est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée au préfet de la Guyane et au Secrétariat général de l'administration de la police nationale de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023
La rapporteure,
Signé
M.T. B Le président,
Signé
L. MARTIN
La greffière,
Signé
M. A G
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026