LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2101657

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2101657

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2101657
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantZZZZTSHEFU EMILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces et des mémoires complémentaires enregistrés les 21 décembre 2021, 23 décembre 2021, 17 janvier 2022, 4 mars 2022 et 24 mars 2022, M. B C, représenté par Me Tshefu, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-668/11/DAT/RM du 4 novembre 2021 par lequel le maire de Rémire-Montjoly a décidé de préempter la parcelle cadastrée section AS n° 1705 ;

2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2.000 euros au titre des frais irrépétibles au profit de son conseil.

M. C soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ; il est insuffisamment motivé au regard des prescriptions de l'article L.210-1 du code de l'urbanisme ; il n'a pas été précédé de la consultation du service des domaines, en méconnaissance de l'article R.213-21 du même code ;

- la renonciation à exercer le droit de préemption était valable jusqu'à la fin de l'année 2019 et le délai de prescription de trois ans prévu par l'article L.213-8 du code a été interrompu par la saisine du juge judiciaire ; l'arrêté est pris en méconnaissance du jugement rendu le 25 janvier 2021 par le tribunal judiciaire de Cayenne, qui lui reconnaissait la qualité de propriétaire de la parcelle ; il n'est fondé sur aucun projet réel au sens de l'article L.300-1 du code ; la commune, qui n'a répondu que le 5 novembre 2021 à la déclaration d'intention d'aliéner reçue le 11 août 2021, a renoncé à exercer son droit de préemption après l'expiration du délai de trois mois ; en méconnaissance de l'article R.213-11, elle s'est abstenue de saisir le juge de l'expropriation à compter de la réception du désaccord du propriétaire sur le prix d'acquisition.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2022, la commune de Remire-Montjoly, représentée par Me Bouchet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3.000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Le 2 mars 2023, M. C a présenté une pièce complémentaire, qui n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure civile ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. D,

- et les observations de Me Bouchet pour la commune de Rémire-Montjoly, M. C et la collectivité territoriale de Guyane n'étant ni présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 10 septembre 2010, le conseil général de la Guyane a approuvé la vente à M. C d'une parcelle à détacher du terrain cadastré section AS n° 161. Le 15 novembre 2016, une déclaration d'intention d'aliéner la parcelle section AS n° 1705, issue de la division de la parcelle section AS n° 161, a été reçue par la commune de Rémire-Montjoly, qui a fait connaître, le 23 décembre suivant, son intention de ne pas exercer son droit de préemption urbain. Par un jugement du 25 janvier 2021, le tribunal judiciaire de Cayenne, saisi par M. C, a déclaré parfaite la vente au profit de ce dernier de la parcelle cadastrée n° AS 1705. Une nouvelle déclaration d'intention d'aliéner cette parcelle, datée du 5 août 2021, a été adressée par la collectivité territoriale de Guyane le 24 août suivant à la commune de Rémire-Montjoly. M. C conteste l'arrêté n° 2021-668/11/DAT/RM du 4 novembre 2021 par lequel la commune a décidé d'exercer son droit de préemption pour un prix de 49.238 euros.

2. En vertu du premier alinéa de l'article L.213-2 du code de l'urbanisme : " Toute aliénation visée à l'article L.213-1 est subordonnée, à peine de nullité, à une déclaration préalable faite par le propriétaire à la mairie de la commune où se trouve situé le bien. Cette déclaration comporte obligatoirement l'indication du prix et des conditions de l'aliénation projetée (). Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l'exercice du droit de préemption. () Lorsqu'il envisage d'acquérir le bien, le titulaire du droit de préemption transmet sans délai copie de la déclaration d'intention d'aliéner au responsable départemental des services fiscaux. La décision du titulaire fait l'objet d'une publication. Elle est notifiée au vendeur, au notaire et, le cas échéant, à la personne mentionnée dans la déclaration d'intention d'aliéner qui avait l'intention d'acquérir le bien. () ". L'article L.213-8 du même code prévoit que : " Si le titulaire du droit de préemption a renoncé à l'exercice de son droit avant fixation judiciaire du prix, le propriétaire peut réaliser la vente de son bien au prix indiqué dans sa déclaration (). Si le propriétaire n'a pas réalisé la vente de son bien sous forme authentique dans le délai de trois ans à compter de la renonciation au droit de préemption, il dépose une nouvelle déclaration préalable mentionnée à l'article L.213-2. () La vente sera considérée comme réalisée, au sens du deuxième alinéa du présent article, à la date de l'acte notarié ou de l'acte authentique en la forme administrative constatant le transfert de propriété. () "

3. Il résulte de ces dispositions, en premier lieu, que le titulaire du droit de préemption sur un bien ne saurait légalement l'exercer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la déclaration d'intention de l'aliéner a été faite par une personne qui, à la date de cette déclaration, n'est pas propriétaire du bien. Il en résulte, en second lieu, que la réception d'une déclaration d'intention d'aliéner ouvre au titulaire du droit de préemption, alors même qu'il aurait renoncé à l'exercer à la réception d'une précédente déclaration d'intention d'aliéner portant sur la vente du même bien par la même personne aux mêmes conditions, un délai de deux mois pour exercer ce droit. La circonstance que la déclaration d'intention d'aliéner soit incomplète ou entachée d'une erreur substantielle portant sur la consistance du bien objet de la vente, son prix ou sur les conditions de son aliénation est, par elle-même, et hors le cas de fraude, sans incidence sur la légalité de la décision de préemption prise à la suite de cette déclaration.

4. En vertu du premier alinéa de l'article 480 du code de procédure civile, le jugement qui tranche dans son dispositif tout ou partie du principal, ou celui qui statue sur une exception de procédure, une fin de non-recevoir ou tout autre incident a, dès son prononcé, l'autorité de la chose jugée relativement à la contestation qu'il tranche. Si la commune de Rémire-Montjoly oppose le défaut de signification régulière à la collectivité territoriale de Guyane dans le délai de six mois prévu par l'article 478 du même code du jugement " réputé contradictoire " rendu le 25 janvier 2021 par le tribunal judiciaire de Cayenne, à le supposer établi, le caractère non avenu de ce jugement ne pouvait être constaté qu'à la demande de la collectivité territoriale de Guyane et il résulte des dispositions précitées de l'article 480 du code que ce jugement bénéficiait, dès son prononcé, de l'autorité de la chose jugée.

5. La réception d'une déclaration d'intention d'aliéner le 24 août 2021 ouvrait à la commune de Rémire-Montjoly, autorité titulaire du droit de préemption urbain, la possibilité d'exercer légalement ce droit, alors même qu'elle avait renoncé à l'exercer à la réception d'une précédente déclaration d'intention d'aliéner portant sur la vente du même bien par la même personne aux mêmes conditions. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la date de cette déclaration, faite par la collectivité territoriale de Guyane, la vente réalisée auparavant au profit de M. C avait été jugée parfaite par le tribunal judiciaire de Cayenne. Alors même qu'il n'est pas établi que ce jugement serait devenu définitif, la déclaration d'intention d'aliéner adressée par la collectivité territoriale de Guyane ne peut être regardée comme émanant du propriétaire du bien préempté. Il en résulte que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 novembre 2021.

6. L'article L.600-4-1 du code de l'urbanisme prévoit qu'en cas d'annulation d'un acte intervenu en matière d'urbanisme, le juge administratif se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'il estime susceptibles de fonder l'annulation en l'état du dossier. Aucun autre moyen n'est susceptible de fonder, en l'état du dossier, l'annulation de la décision attaquée.

7. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la commune de Rémire-Montjoly. Par ailleurs, dès lors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué que M. C bénéficierait de l'aide juridictionnelle, les conclusions tendant à ce que soit mise à la charge de la commune de Rémire-Montjoly le paiement au conseil du requérant d'une somme au titre des " frais irrépétibles " ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 4 novembre 2021 du maire de Rémire-Montjoly est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par les parties au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la commune de Rémire-Montjoly et à la collectivité territoriale de Guyane.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023

La rapporteure,

Signé

M.T. A Le président,

Signé

L. MARTINLe greffier,

Signé

J. LEBOURG

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions