jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 22 juin, 25 juillet et 26 octobre 2022, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de condamner la caisse d'allocation familiale de la Guyane à lui verser la somme de 565,34 euros au titre de son revenu de solidarité active (RSA) du mois de janvier 2022.
M. C soutient que :
- par voie d'exception, la décision du 28 décembre 2021 par laquelle le directeur d'agence de Pôle emploi l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi est entachée d'incompétence et d'un défaut de motivation ;
- la décision implicite par laquelle le président de la collectivité territoriale de Guyane a suspendu son droit au revenu de solidarité active pour le mois de janvier 2022 est illégale.
La caisse d'allocations familiales et le président de la collectivité territoriale de la Guyane, à qui la requête a été communiquée, n'ont pas produit d'observations.
Par un mémoire enregistré le 21 août 2022, Pôle emploi, observateur, conclut au rejet de la requête.
L'établissement fait valoir que la requête est irrecevable et qu'au fond, aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'action sociale et des familles ;
-le code du travail ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Une note en délibéré présentée par M. C a été enregistrée le 3 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. C bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active (RSA), a été inscrit comme demandeur d'emploi pour la période du 29 décembre 2018 au 28 décembre 2021. Par une décision du 28 décembre 2021, le directeur de l'agence de Pôle emploi l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois. M. C indique que suite à cette décision, ses droits au RSA ont été suspendus pour le mois de janvier 2022. Par un courrier reçu le 4 avril 2022, M. C a demandé au président de la collectivité territoriale de Guyane le versement de la somme de 562,34 euros au titre du RSA pour le mois de janvier 2022. Par la présente requête, il demande la condamnation de la caisse d'allocations familiales de Guyane à lui verser cette somme.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". M. C a présenté sa requête sans avocat et ne justifie pas avoir formé une demande devant le bureau de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu de rejeter les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'exception d'illégalité :
3. Aux termes de l'article R. 5412-8 du code du travail : " La personne qui entend contester une décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi forme un recours préalable devant le directeur régional de Pôle emploi. / (). ".
4. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision de radiation sur la liste des demandeurs d'emploi doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif devant l'autorité compétente. La décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui invoque l'illégalité de la décision du 28 décembre 2021 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi de la Guyane l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi, n'a pas exercé le recours préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article R. 5412-8 du code du travail précité, tel que mentionné dans la décision attaquée. Par suite, M. C ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité alléguée de la décision du 28 décembre 2021 à l'encontre de la décision portant suspension du bénéfice du revenu de solidarité active pour le mois de janvier 2022. L'exception d'illégalité invoquée doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins de versement du RSA au titre du mois de janvier 2022 :
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
7. Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental :/
1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ;/ 2° Lorsque, sans motif légitime, les dispositions du projet personnalisé d'accès à l'emploi ou les stipulations de l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas respectées par le bénéficiaire ;/ 3° Lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active, accompagné par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code ;/ 4° Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre./ () ".
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles que le versement du RSA ne peut être suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental et en Guyane par le président de la collectivité territoriale, que dans quatre cas strictement énumérés.
9. En l'espèce, M. C n'a pas donné suite à plusieurs sollicitations de Pôle emploi afin de contrôler de sa situation professionnelle. Ainsi, c'est à bon droit que M. C a été radié de la liste des demandeurs d'emploi par la décision du 28 décembre 2021, pour une durée d'un mois, pour insuffisance d'action en vue de retrouver un emploi. Préalablement à l'intervention de cette décision, M. C avait été informé que cette décision serait transmise à l'administration qui pourra " décider d'arrêter le paiement de ce revenu ". Ainsi, l'intéressé qui se trouvait bien dans la situation prévue au point 3 de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles pouvait faire l'objet d'une suspension du bénéfice du revenu de solidarité active. Par suite, en décidant de suspendre son droit au RSA pendant un mois, le président de la collectivité territoriale de la Guyane n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles et n'a donc pas commis une erreur de droit.
10. Il résulte de ce qui précède qu'en tout état de cause les conclusions de M. C aux fins de condamnation de la CAF à lui verser la somme de 565,34 euros au titre du revenu de solidarité active pour le mois de janvier 2022 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au président de la collectivité territoriale de la Guyane.
Copie pour information sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Guyane et au directeur d'agence de Pôle emploi Guyane.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le Président rapporteur,
Signé
L. AL'assesseure la plus ancienne,
Signé
E. SCHORLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. MERCIER
N°2200823
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026