jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201198 |
| Type | Décision |
| Recours | Autorisation |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAPLAGNE DOMINIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 septembre 2022 et le 26 décembre 2023, M. C A, représenté par Me Laplagne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 340 euros, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de l'illégalité du refus opposé par le préfet de la Guyane de faire droit à sa demande de liquidation de vingt-six jours de congés au titre de l'année 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dès lors qu'elle était tenue de faire droit à sa demande tendant au versement d'une indemnité pour les vingt-six jours de congés non pris au titre de l'année 2019 ;
- il a subi un préjudice financier et moral dès lors qu'il à le droit au versement de la somme résultant des vingt-six jours de congés et que la faute de l'administration lui a causé une gêne dans les actes de la vie courante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de la Guyane, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 ;
- le décret n° 2002-634 du 29 avril 2002 ;
- l'arrêté du 28 août 2009 pris pour application du décret n° 2002-634 du 29 avril 2002 modifié portant création du compte épargne-temps dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature ;
- le code de justice administrative.
L'affaire a été renvoyée en formation collégiale, en application des dispositions de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillmann, conseiller ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- les observations de M. A ;
- et les observations de Mme B, représentant le préfet de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, retraité de la fonction publique de l'Etat depuis le 1er août 2020, était secrétaire administratif de classe supérieure affecté à la direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Guyane (DJSCS). Dans le cadre de la campagne de recensement des comptes épargne-temps (CET) au titre de l'année 2019, l'intéressé a sollicité l'alimentation de son compte de trente-sept jours de congés et l'indemnisation de vingt-six jours de congés. Ayant constaté que le préfet de la Guyane ne lui avait pas répondu favorablement, M. A a formé plusieurs demandes auprès de son administration entre les mois de mai 2020 et juillet 2020 afin que sa demande soit prise en compte. Il a ensuite formé, par un courrier du 19 mai 2022, une demande indemnitaire auprès du préfet afin de se voir indemniser le préjudice subi du fait du refus de faire droit à sa demande de liquidation de vingt-six jours de congés au titre de l'année 2019. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur sa demande. Par la présente requête, M. A demande à ce que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 2 340 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 2002 portant création du compte épargne-temps dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " Il est institué dans la fonction publique de l'Etat un compte épargne-temps () ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " Lorsque, au terme de chaque année civile, le nombre de jours inscrits sur le compte épargne-temps est inférieur ou égal à un seuil, fixé par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, qui ne saurait être supérieur à vingt jours, l'agent ne peut utiliser les droits ainsi épargnés que sous forme de congés, pris dans les conditions mentionnées à l'article 3 du décret du 26 octobre 1984 susvisé ". Selon l'article 6 du même décret : " Lorsque, au terme de chaque année civile, le nombre de jours inscrits sur le compte épargne-temps est supérieur au seuil mentionné à l'article 5 : / I. - Les jours ainsi épargnés n'excédant pas ce seuil ne peuvent être utilisés par l'agent que sous forme de congés, pris dans les conditions mentionnées à l'article 3 du décret du 26 octobre 1984 susvisé. / II. - Les jours ainsi épargnés excédant ce seuil donnent lieu à une option exercée au plus tard le 31 janvier de l'année suivante : / 1° L'agent titulaire mentionné à l'article 2 ou le magistrat mentionné à l'article 2 bis opte dans les proportions qu'il souhaite :/ a) Pour une prise en compte au sein du régime de retraite additionnelle de la fonction publique dans les conditions définies à l'article 6-1 ; / b) Pour une indemnisation dans les conditions définies à l'article 6-2 ; / c) Pour un maintien sur le compte épargne-temps dans les conditions définies à l'article 6-3. / Les jours mentionnés au a et au b sont retranchés du compte épargne-temps à la date d'exercice d'une option. / En l'absence d'exercice d'une option par l'agent titulaire ou le magistrat, les jours excédant ce seuil sont pris en compte au sein du régime de retraite additionnelle de la fonction publique () ". En vertu de ces articles, les droits épargnés correspondant aux jours inscrits sur le compte épargne-temps peuvent, dans les conditions fixées par ces articles, être utilisés sous forme de congés, être pris en compte au sein du régime de retraite additionnelle de la fonction publique, donner lieu à une indemnisation ou être maintenus sur le compte.
3. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 28 août 2009 pris pour l'application du décret n° 2002-634 du 29 avril 2002 modifié portant création du compte épargne-temps dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " Le seuil mentionné aux articles 5 et 6 du décret du 29 avril 2002 susvisé est fixé à 15 jours ".
4. M. A soutient que l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dès lors qu'un agent public n'a pas traité son dossier et que l'administration ne l'a pas indemnisé de vingt-six jours de congés sur son CET alors même qu'il avait demandé leur monétisation dans sa demande du 23 décembre 2019 et qu'elle était tenue de faire droit à cette demande. S'il n'est pas contesté par le préfet de la Guyane que ladite demande n'a pas été immédiatement traitée, il résulte de l'instruction qu'après avoir sollicité plusieurs fois le service des ressources humaines, il a été répondu au requérant, dans un premier temps, qu'il ne pouvait alimenter son compte que de dix-neuf jours au titre de l'année 2019 et que son CET ne comprenait que quinze jours, de sorte qu'en application des dispositions précités, il ne pouvait que se voir indemniser dix-neuf jours de congés. Toutefois, et dans un deuxième temps, sa demande a été réexaminée et le préfet de la Guyane, dans sa lettre du 2 juillet 2020, a indiqué au requérant qu'il avait consommé ses quinze jours de congés au titre de l'année 2019 et qu'il ne lui restait finalement aucun jour à la fin de l'année 2019, de sorte qu'il ne pouvait se voir indemniser que quatre jours de congés.
5. S'il est constant que M. A ne pouvait alimenter son CET que de dix-neuf jours de congés au lieu des trente-sept demandés au titre de l'année 2019, le requérant conteste la réalité des données relatives au solde de son CET au mois de décembre de la même année. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment de l'extraction du fichier du système d'information de gestion des ressources humaine " Renoi-RH " produite par le préfet et non dénuée de valeur probante, que s'il restait effectivement quinze jours de congés sur son compte le 24 janvier 2019, ceux-ci ont été consommés le 18 mars 2019, le 9 juillet 2019 et le 22 juillet 2019 de sorte qu'il ne restait plus de jours de congés sur son CET au mois de décembre 2019 et qu'avec l'intégration des dix-neuf jours au titre de l'année 2019, l'intéressé pouvait, en application des dispositions des articles 5 et 6 du décret du 29 avril 2022, en monétiser quatre et prendre quinze jours de congés. M. A n'établit, ni même n'allègue qu'il n'aurait pas pris quinze jours de congés sur son CET en 2019. Dans ces conditions, et pour regrettable que soit la circonstance que l'administration a pris en compte sa demande du 23 décembre 2019 qu'à partir du mois de mai 2020 et qu'une erreur dans le décompte des jours placés sur son CET a été initialement commise, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet était tenu de faire droit à sa demande tendant au versement d'une indemnité pour les vingt-six jours de congés non pris. Ce dernier a pu légalement l'informer, le 2 juillet 2020, qu'il ne pouvait se voir indemniser que quatre jours au titre de l'année en litige. Par suite, le refus opposé par le préfet de la Guyane n'est pas, ainsi qu'il vient d'être dit, entaché d'une illégalité susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires formées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. GILLMANN
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques chacune en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2400503
Sujet principal : Recours d'un agent public stagiaire contre le refus de sa titularisation et la prorogation de son stage. Juridiction : Tribunal Administratif de Montpellier (2ème chambre). Solution retenue : Le jugement, non intégralement reproduit, statue sur la légalité de l'arrêté de prorogation de stage et de l'arrêté refusant la titularisation. L'agent invoque notamment des vices de procédure, une erreur manifeste d'appréciation, un détournement de procédure et une violation de l'article L. 327-1 du code général de la fonction publique concernant les conditions du stage. Textes appliqués : Le code général de la fonction publique (notamment article L. 327-1) et le code de justice administrative (article L. 761-1 sur les frais irrépétibles).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2600904
Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la demande de suspension d'une décision préfectorale refusant l'enregistrement d'une demande de titre de séjour. Le juge des référés estime que le courriel attaqué du 14 janvier 2026 ne constitue pas une décision faisant grief, une décision implicite de refus étant déjà née le 11 janvier 2026 suite à l'expiration du délai d'instruction. La demande est donc irrecevable au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505063
Le Tribunal administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante tunisienne et prononçant une obligation de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet de la Seine-Maritime avait méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme en ne procédant pas à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale, notamment au regard de son intégration en France. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour.
03/04/2026