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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401326

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401326

jeudi 12 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401326
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMALBLANC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante haïtienne, qui demandait l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour. Le tribunal a relevé que la requérante n'avait pas démontré que sa demande de titre de séjour avait été enregistrée, le silence gardé par le préfet sur une simple demande de rendez-vous ne pouvant faire naître une décision implicite de refus. En l'absence de décision faisant grief, les conclusions à fin d'annulation ont été jugées irrecevables, entraînant le rejet de l'ensemble des demandes. Cette solution s'appuie sur les articles L. 431-1 et R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme A... B..., représentée par la Selarl Mainnevret-Malblanc agissant par Me Mainnevret, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite de rejet du 29 avril 2024 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de l’admettre au séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours et, dans l’attente de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme B... soutient que la décision méconnaît l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, à défaut de communication des motifs de rejet de sa demande.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Guyane qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Les parties ont été informées, par un courrier du 14 janvier 2025, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dès lors qu'aucune décision implicite de rejet de délivrance d'un titre de séjour n’a pu naître du silence gardé par le préfet sur sa demande d’enregistrement de sa demande de titre de séjour.

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Topsi.

Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B..., ressortissante haïtienne, déclare avoir déposé une demande de titre de séjour le 28 décembre 2023 et avoir sollicité les motifs de rejet de sa demande de titre de séjour le 26 août 2024. Par sa requête, elle demande au tribunal l’annulation de la décision implicite de rejet qui serait née du silence gardé par le préfet de la Guyane.

2. Aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l’autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire ». L’article R. 431-2 du même code dispose que : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. / Les personnes qui ne sont pas en mesure d'effectuer elles-mêmes le dépôt en ligne de leur demande bénéficient d'un accueil et d'un accompagnement leur permettant d'accomplir cette formalité. / En outre, une solution de substitution, prenant la forme d'un accueil physique permettant l'enregistrement de la demande, est mise en place pour l'étranger qui, ayant accompli toutes les diligences qui lui incombent, notamment en ayant fait appel au dispositif d'accueil et d'accompagnement prévu à l'alinéa précédent, se trouve dans l'impossibilité constatée d'utiliser le téléservice pour des raisons tenant à la conception ou au mode de fonctionnement de celui-ci. / (…). ».

3. La convocation de l'étranger par l'autorité administrative à la préfecture afin qu'il y dépose sa demande de titre de séjour n'a d'autre objet que de fixer la date à laquelle il sera, en principe, procédé à l'enregistrement de sa demande dans le cadre de la procédure devant conduire à terme à une décision sur son droit au séjour.

4. En l’espèce, Mme B... produit un accusé de réception en date du 28 décembre 2023 sans produire le courrier de demande de titre de séjour dont elle se prévaut. En outre, il ne ressort d’aucune pièce du dossier que sa demande ait été enregistrée. Dès lors, le silence gardé par l’administration sur une demande de rendez-vous n’a pas pour effet de faire naître une décision de refus d’admission au séjour. En l’absence de décision lui faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir, les conclusions à fin d’annulation doivent être rejetées comme irrecevables. La requête ne peut, dès lors, qu’être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d’injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Mainnevret et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 22 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,
Mme Marcisieux, conseillère,
Mme Topsi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2026.


La rapporteure,
Signé
M. TOPSI

Le président,
Signé
O. GUISERIX

Le greffier,

Signé


J. AREXIS

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,

Signé

R. DELMESTRE GALPE

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