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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2501311

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2501311

mercredi 13 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2501311
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantM'PIKA

Résumé IA

Cette requête, déposée devant le Tribunal Administratif de la Guyane par Mme B, ressortissante brésilienne, visait à obtenir, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, une injonction au préfet de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge des référés a rejeté la demande, estimant que la condition d'urgence n'était pas remplie. Il a relevé que si le délai de traitement de la demande de rendez-vous était important, la requérante n'établissait pas de circonstances particulières, comme la poursuite d'études supérieures, justifiant une urgence à obtenir un rendez-vous rapidement. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2025, Mme A B, représentée par Me M'Pika, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de prendre toutes mesures utiles afin de faire cesser l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers souhaitant déposer une demande de titre de séjour, la rupture de la continuité du service public et les atteintes aux droits élémentaires des étrangers souhaitant déposer une demande de carte de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de fixer un rendez-vous dans un délai de quinze jours afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est empêchée de déposer son dossier et de pouvoir obtenir un titre de séjour, a minima, un récépissé de demande de carte de séjour ; elle risque d'être éloignée et craint d'être contrainte d'interrompre ses études supérieures ; elle est placée dans une situation précaire et anormalement longue ;

- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gillmann, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Par la présente requête, Mme B, ressortissante brésilienne née en 1982, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour. Elle demande également au juge de prendre toutes mesures utiles afin de faire cesser l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers souhaitant déposer une demande de titre de séjour, la rupture de la continuité du service public et les atteintes aux droits élémentaires des étrangers souhaitant déposer une demande de carte de séjour.

Sur la demande de rendez-vous :

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Eu égard aux difficultés rencontrées par les ressortissants étrangers pour déposer leur demande de titre de séjour, en l'absence sur le site internet de la préfecture de plages horaires libres pour la prise de rendez-vous, le préfet de la Guyane a mis en place une alternative aux formalités en ligne. Les intéressés peuvent ainsi formuler une demande écrite devant être adressée par courrier postal aux services de la préfecture.

6. En l'espèce, Mme B a adressé le 15 juillet 2024 une demande sollicitant un rendez-vous en préfecture afin d'y déposer sa demande de titre de séjour. S'il résulte de l'instruction que la demande de rendez-vous de l'intéressée est en cours de traitement depuis plusieurs mois, cette durée, bien qu'importante, n'est pas de nature à justifier qu'il soit fait droit prioritairement à sa demande. Par ailleurs, la requérante n'établit pas qu'elle poursuivrait des études supérieures et la circonstance que sa fille, majeure, soit de nationalité française, ne sont pas des éléments de nature à caractériser une urgence. Au demeurant, Mme B, qui était titulaire d'un visa de long séjour portant le mention " visiteur " lors de sa dernière entrée sur le territoire en 2022, n'a entamé des démarches en vue de sa régularisation qu'en 2024, soit quasiment deux années après l'expiration de ce visa, le 29 juillet 2022. Par suite, à défaut pour la requérante de faire état de circonstances particulières justifiant d'une urgence à obtenir un rendez-vous sans que l'ordre d'examen des demandes d'autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées n'est pas satisfaite.

Sur les autres conclusions à fin d'injonction :

7. La requérante demande au juge des référés de prendre toutes mesures utiles afin de faire cesser, d'une part, l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers souhaitant déposer une demande d'admission au séjour, d'autre part, la rupture de la continuité du service public et, enfin, les atteintes aux droits élémentaires des étrangers souhaitant déposer une demande d'admission au séjour. De telles conclusions, en ce qu'elles relèvent de l'organisation même des services de la préfecture, ne sont pas au nombre de celles qu'il appartient au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d'instance, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 13 août 2025.

Le juge des référés,

Signé

J. GILLMANN

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

M-Y. METELLUS

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