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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2502084

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2502084

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2502084
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJOUNEAUX

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A... visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une première demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'utilité de la mesure n'était pas remplie, le requérant ne justifiant pas d'une nécessité de déroger à l'ordre d'examen des demandes des autres étrangers. L'ordonnance admet toutefois l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Jouneaux, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui communiquer une date de rendez-vous au guichet dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et afin d’enregistrer sa demande ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler au jour de la convocation à intervenir et afin d’enregistrer sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros à verser à Me Jouneaux au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve pour cette dernière de renoncer à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la procédure en ligne ne permet pas d’obtenir un rendez-vous, aucun créneau n’étant disponible, les demandes de rendez-vous envoyées par courrier sont demeurées sans réponse, de sorte qu’il ne peut circuler librement sur le territoire au risque d’être retenu par les services de police et ne peut pas travailler afin de subvenir à ses besoins, cette situation emportant des conséquences personnelles, professionnelles et matérielles préjudiciables ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’il vit sur le territoire français depuis l’âge de trois mois et qu’il ne fait nul doute, au regard de l’intensité des liens privés et familiaux qu’il entretient avec la France, qu’un refus de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Par la présente requête, M. B... A..., ressortissant guyanien né en 2002, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu’il puisse déposer sa première demande de titre de séjour.

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Pour solliciter une injonction à ce que le préfet de la Guyane lui délivre un rendez-vous en vue de déposer son dossier d’admission au séjour, M. A... se prévaut de l’ancienneté de sa présence en France, ainsi que du fait qu’il a envoyé plusieurs demandes de rendez-vous par courrier recommandé au préfet de la Guyane dont il a accusé réception le 20 mars 2025, le 15 mai 2025, ainsi qu’un courrier de relance adressé le 15 septembre 2025 et un courriel adressé par l’intermédiaire de son conseil le 12 novembre 2025. Toutefois, le requérant, dont la première demande de rendez-vous est récente, ne justifie pas de l’utilité de la mesure à obtenir un rendez-vous sans que l’ordre d’examen des demandes d’autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté. Par suite, la condition tenant à l’utilité de la mesure exigée par les dispositions précitées de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2025.


Le juge des référés,


Signé


O. GUISERIX


La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,

Signé

R. DELMESTRE GALPE


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