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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2502219

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2502219

mercredi 31 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2502219
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBALIMA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme A..., ressortissante chinoise, d’une demande d’injonction visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une première demande de titre de séjour. Le préfet a toutefois produit des éléments établissant qu’un récépissé et une carte de séjour temporaire avaient déjà été délivrés à l’intéressée avant l’introduction de la requête. Le juge a donc rejeté les conclusions comme irrecevables, faute d’objet, tout en admettant la requérante au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 décembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Balima, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous à bref délai et dans le mois de janvier 2026 sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir afin qu’elle puisse déposer sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Balima au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle a adressé, par courrier postal, plusieurs demandes de rendez-vous demeurées sans réponse, de sorte que l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande d’admission au séjour constitue un obstacle à son droit à la vie privée et familiale, ainsi qu’à l’exercice de ses droits fondamentaux, alors qu’elle demeure sur le territoire depuis 2016, qu’elle a contracté mariage avec un compatriote également présent sur le territoire avec lequel elle a une fille née en 2021 à Cayenne et qu’elle justifie d’une bonne insertion dans la société française par la production d’un contrat de travail à durée indéterminée ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que l’obtention d’un rendez-vous en préfecture lui permettra de faire examiner sa demande de titre de séjour et de se voir délivrer un récépissé avec autorisation de travail, de sorte qu’il sera temporairement mis un terme à sa situation précaire ;
- elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 décembre 2025, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions aux fins d’injonction sous astreinte et présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que Mme A... a été reçue en rendez-vous par ses services à la suite duquel un récépissé valable du 19 novembre 2025 au 18 mai 2026 lui a été délivré et qu’une carte de séjour temporaire valable pour la période du 19 décembre 2025 au 18 décembre 2026 a été mise en fabrication.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».

Par la présente requête, Mme A..., ressortissante de la République populaire de Chine née en 1989, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu’elle puisse déposer sa première demande de titre de séjour.

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, Mme A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Il résulte de l’instruction et notamment de l’extrait de la fiche de Mme A... dans le fichier national des étrangers, produit par le préfet de la Guyane le 29 décembre 2025, que ce dernier a délivré à Mme A... un récépissé valable du 19 novembre 2025 at 18 mai 2026, soit antérieurement à l’introduction de la requête, et que ce dernier a édité, le 24 décembre 2025, une carte de séjour temporaire valable du 19 décembre 2025 au 18 décembre 2026. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte, qui étaient dépourvues d’objet dès leur introduction, doivent être rejetées comme irrecevables.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : Mme A... est admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de la Guyane.


Rendue publique par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2025.


Le juge des référés,


Signé


O. GUISERIX


La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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