vendredi 5 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2101402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, dont le dernier est récapitulatif, enregistrés les 9 mai 2021, 23 mai, 20 juin, 19 juillet et 13 septembre 2022, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés des 3 et 19 mars 2021 par lesquels le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, d'une part, a mis fin à sa nomination et à son détachement dans l'emploi fonctionnel d'adjoint au secrétaire général d'académie, responsable du pôle d'expertise et modernisation des services de l'académie de Mayotte, à compter du 15 mars 2021 et, d'autre part, l'a réintégré dans ses corps et académie d'origine à compter de la même date ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2021 par lequel le recteur de l'académie de Mayotte l'a affecté en qualité d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir à compter du 15 mars 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 250 euros par jour de retard, de le réintégrer dans l'emploi d'adjoint au secrétaire général au sein de l'académie de Mayotte et de reconstituer sa carrière ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- s'agissant de la décision mettant fin à sa nomination, l'administration n'était pas en situation de compétence liée ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait le principe du contradictoire dès lors qu'il n'a pas été informé de l'objet de l'entretien préalable, que le délai de deux jours entre sa convocation et l'entretien n'est pas raisonnable, qu'il n'a pas été mis à même de prendre connaissance de son dossier, de présenter des observations avant l'entretien et de se faire représenter par un avocat et que le recteur n'était pas présent lors de l'entretien ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits, son manque d'investissement n'étant pas démontré ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée dès lors qu'elle a été prise dans le but de l'écarter du service pour avoir effectué des signalements sur la situation financière de certains personnels du rectorat ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir et méconnait les dispositions de l'article 6 ter de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 6 ter A de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- elle méconnait le principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
- s'agissant de la décision prononçant sa réintégration, elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision mettant fin à son détachement et à sa nomination ;
- elle méconnait le principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
- s'agissant de la décision d'affectation, elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision mettant fin à son détachement et à sa nomination ;
- l'administration n'était pas en situation de compétence liée ;
- la décision d'affectation méconnait les dispositions de l'article 24 du décret n°85-986 du 16 septembre 1985 dès lors que le poste d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir n'était pas le premier poste vacant à compter de sa réintégration et ne correspond pas à son grade ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée dès lors qu'elle a entraîné une perte de responsabilité et un changement de résidence et qu'elle a été accompagnée de mesures vexatoires et humiliantes telles que la demande de remise de son téléphone et la convocation à une visite médicale ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir et méconnait les dispositions de l'article 6 ter de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 6 ter A de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- elle méconnait le principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 23 février et 20 juin 2022, le recteur de l'académie de Mayotte, représenté par Me Nahmias, avocat, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête, et à titre subsidiaire, à l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2021, en tant qu'il prend effet avant le 24 mars 2021, et des arrêtés des 8 et 19 mars 2021 en tant qu'ils prennent effet avant le 9 mai 2021 ;
2°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- s'agissant de la décision mettant fin au détachement et à la nomination de M. A, à titre principal, le ministre de l'éducation nationale était en situation de compétence liée dès lors qu'il était tenu de mettre fin à son détachement demandé par le recteur de Mayotte ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- s'agissant de la décision du 19 mars 2021 prononçant la réintégration de l'intéressé, à titre principal, les conclusions aux fins d'annulation sont irrecevables dès lors que la requête de ne comporte l'énoncé d'aucun moyen ;
- à titre subsidiaire, le ministre de l'éducation nationale était en situation de compétence liée dès lors qu'il était tenu de le réintégrer dans son corps d'origine ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
- s'agissant de la décision d'affectation, à titre principal, les conclusions aux fins d'annulation présentées à l'encontre de la décision du 8 mars 2021 prononçant l'affectation au collège Bouéni M'titi sont irrecevables dès lors qu'elle constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;
- à titre subsidiaire, le recteur de l'académie de Mayotte était en situation de compétence liée dès lors qu'il était tenu de l'affecter sur le premier emploi vacant dans son administration d'origine ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 et notamment son article 65
- le décret n°85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n°2019-1594 du 31 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion, dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme B étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les observations de Me Dumouchel de Premare, avocate, représentant le recteur de l'académie de Mayotte,
- M. A et le ministre de l'éducation nationale de la jeunesse n'étant ni présents et ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, attaché principal d'administration affecté au rectorat de Mayotte depuis 2013, a été nommé à compter du 1er octobre 2020 et jusqu'au 30 septembre 2024, dans l'emploi fonctionnel d'adjoint au secrétaire général d'académie, responsable du pôle d'expertise et modernisation des services de l'académie de Mayotte. Par un arrêté du 3 mars 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin à sa nomination et à son détachement dans cet emploi, pendant la période probatoire de six mois prévue à compter de sa nomination. Par un arrêté du 8 mars 2021, le recteur de l'académie de Mayotte l'a affecté en qualité d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir à compter du 15 mars 2021. Enfin, par un arrêté du 19 mars 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports l'a réintégré dans son corps et académie d'origine à compter du 15 mars 2021. M. A demande au tribunal l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur le droit applicable :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 31 décembre 209 modifié relatif aux emplois de direction de l'Etat : " Le présent titre fixe les modalités de sélection, de nomination, de classement, d'avancement et de rémunération applicables aux emplois de direction des administrations centrales et assimilées et des administrations déconcentrées de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 13 du même décret : " Le détachement () comporte une période probatoire d'une durée maximale de six mois. () Au cours de cette période, l'autorité de recrutement, sur proposition de l'autorité dont relève l'emploi à pourvoir, peut mettre fin au détachement, au congé de mobilité ou au contrat pour tout motif et à tout moment, sans préavis ni indemnité. Cette décision ne peut intervenir qu'à l'issue d'un entretien préalable. Elle est notifiée à l'intéressé. () ". Et aux termes de l'article 24 du décret du 19 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " Il peut être mis fin au détachement avant le terme fixé par l'arrêté le prononçant soit à la demande de l'administration ou de l'organisme d'accueil, soit de l'administration d'origine. Lorsqu'il est mis fin au détachement à la demande de l'administration ou de l'organisme d'accueil, le fonctionnaire continue, si son administration d'origine ne peut le réintégrer immédiatement, à être rémunéré par l'administration ou l'organisme d'accueil jusqu'à ce qu'il soit réintégré, à la première vacance, dans son administration d'origine. () ".
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 3 mars 2021 mettant fin au détachement de M. A :
3. En premier lieu, il résulte des dispositions combinées de l'article 13 du décret du 31 décembre 2019 et de l'article 24 du décret du 19 septembre 1985 citées au point 2 que l'administration d'origine, en tant qu'autorité investie du pouvoir de nomination, est seule compétente pour mettre fin au détachement d'un fonctionnaire sur un emploi de direction de l'Etat pendant la période probatoire. Saisie d'une demande en ce sens du fonctionnaire intéressé ou de l'administration ou de l'organisme d'accueil, elle est tenue d'y faire droit.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 18 février 2021, le recteur de l'académie de Mayotte a informé le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de sa décision de mettre fin au détachement de M. A dans le cadre de sa période probatoire. En tant qu'autorité investie du pouvoir de nomination de M. A, le ministre était tenu, du fait des dispositions précitées, de faire droit à la demande du recteur de l'académie de Mayotte, administration d'accueil, et de mettre fin au détachement de l'intéressé. Par suite, l'ensemble des moyens développés par M. A qui sont dirigés contre la décision du 3 mars 2021 du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports doivent être écartés comme inopérants, à l'exception du moyen tiré de la méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
5. En second lieu, une décision administrative ne peut légalement comporter une date d'effet antérieure à celle de sa notification, sous réserve du cas où la loi l'aurait explicitement prévu et de l'hypothèse dans laquelle cette décision aurait un caractère purement recognitif.
6. La décision attaquée mettant fin au détachement et à la nomination de M. A dans l'emploi fonctionnel d'adjoint au secrétaire général d'académie à compter du 15 mars 2021, qui n'a pas de caractère recognitif, a été notifiée à l'intéressé le 24 mars 2021. Ainsi, elle comporte une date d'effet antérieure à celle de sa notification. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 6 que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2021 par lequel le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin à sa nomination et à son détachement dans l'emploi fonctionnel d'adjoint au secrétaire général d'académie, responsable du pôle d'expertise et modernisation des services de l'académie de Mayotte en tant qu'il prévoit une date d'effet antérieure au 24 mars 2021.
En ce qui concerne l'arrêté du ministre de l'éducation, de la jeunesse et des sports du 19 mars 2021 réintégrant M. A dans son corps d'origine :
8. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 24 du décret du 19 septembre 1985 citées au point 2 que le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, après avoir mis fin de manière anticipée au détachement de M. A, sur proposition du recteur de l'académie de Mayotte, était en situation de compétence liée pour le réintégrer dans son corps d'origine. Par suite, l'ensemble des moyens développés par M. A et qui sont dirigés contre la décision du 19 mars 2021 du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, administration d'origine, doivent être écartés comme inopérants, à l'exception du moyen tiré de la méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
9. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5, la décision du 3 mars 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin au détachement de M. A ne pouvait pas comporter une date d'effet antérieure au 24 mars 2021, date de sa notification. Dès lors, M. A ne pouvait pas être réintégré dans son corps d'origine avant le 24 mars 2021. Toutefois, la décision du 19 mars 2021 le réintègre dans son corps d'origine à compter du 15 mars 2021, alors que la décision mettant fin à son détachement ne pouvait pas entrer en vigueur. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 et 9 que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports le réintègre dans son corps d'origine en tant qu'il prévoit une date d'effet antérieure au 24 mars 2021.
En ce qui concerne l'arrêté du recteur de l'académie de Mayotte du 8 mars 2021 affectant M. A en qualité d'adjoint gestionnaire de Bouéni M'titi de Labattoir :
S'agissant de la fin de non-recevoir opposée en défense :
11. Le recteur de l'académie de Mayotte fait valoir que la décision du 8 mars 2021 affectant M. A en qualité d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir constitue un changement d'affectation présentant le caractère d'une mesure d'ordre intérieur insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Toutefois, cette décision d'affectation, fondée sur les dispositions de l'article 24 du décret du 16 septembre 1985 qui imposent une affectation sur le premier poste vacant correspondant au grade de l'agent, a été prise dans le cadre de la réintégration de M. A dans son corps d'origine suite à la fin anticipée de son détachement et ne peut en conséquence être considérée comme un changement d'affectation présentant le caractère d'une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le recteur de l'académie de Mayotte doit être écartée.
S'agissant de la légalité de l'arrêté du 8 mars 2021 :
12. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 24 du décret du 19 septembre 1985 citées au point 2 que l'administration, lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire avant le terme fixé, est tenue de l'affecter dans le premier emploi vacant de son administration d'origine à compter de sa réintégration dans son corps d'origine et correspondant à son grade.
13. Il ressort des pièces du dossier, qui ne sont pas sérieusement contredites par M. A, que le poste d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir dans lequel il a été affecté était le premier emploi vacant à compter de sa réintégration, correspondant à son grade. Dans ces conditions, l'administration était tenue, en application des dispositions de l'article 24 du décret du 19 septembre 1985, de l'affecter dans cet emploi.
14. Ainsi, l'administration se trouvait, comme il vient d'être vérifié, en situation de compétence liée. Par suite, l'ensemble des autres moyens développés par M. A et qui sont dirigées contre la décision du 8 mars 2021 du recteur de l'académie de Mayotte doivent être écartés comme inopérants, à l'exception du moyen tiré de la méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
15. En second lieu, ainsi qu'il a été dit aux points 6 et 9, la décision du 3 mars 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin au détachement de M. A et la décision du 19 mars par laquelle il l'a réintégré dans son corps d'origine ne pouvaient pas comporter une date d'effet antérieure au 24 mars 2021. Dès lors, M. A ne pouvait pas être affecté sur un emploi dans son corps d'origine avant le 24 mars 2021. Toutefois, la décision du 8 mars 2021 l'affecte en qualité d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir à compter du 15 mars, alors que les décisions mettant fin à son détachement et le réintégrant dans son corps d'origine ne pouvaient pas entrer en vigueur. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 15 que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2021 par lequel le recteur de l'académie de Mayotte l'a affecté en qualité d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir en tant qu'il prévoit une date d'effet antérieure au 24 mars 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
17. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'injonction. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par le recteur de l'académie de Mayotte soient mises à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 mars 2021 par lequel le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin à la nomination et au détachement de M. A dans l'emploi fonctionnel d'adjoint au secrétaire général d'académie, responsable du pôle d'expertise et modernisation des services de l'académie de Mayotte, à compter du 15 mars 2021 est annulé en tant qu'il prévoit une date d'effet antérieure au 24 mars 2021.
Article 2 : L'arrêté du 9 mars 2021 par lequel le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a réintégré M. A dans ses corps et académie d'origine à compter du 15 mars 2021 est annulé en tant qu'il prévoit une date d'effet antérieure au 24 mars 2021.
Article 3 : L'arrêté du 8 mars 2021 par lequel le recteur de l'académie de Mayotte a affecté M. A en qualité d'adjoint gestionnaire au collège de Bouéni M'titi de Labattoir à compter du 15 mars 2021 est annulé en tant qu'il prévoit une date d'effet antérieure au 24 mars 2021.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au recteur de l'académie de Mayotte et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Banvillet, premier conseiller.
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 5 janvier 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
A. B
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026