mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2103753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VIGREUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2021, Mme A B, représentée par Me Vigreux, avocate, demande au tribunal de :
1°) de constater l'inexécution du jugement définitif n°1800438 rendu le 12 mars 2020 par le tribunal administratif de Mayotte ;
2°) d'enjoindre, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder au versement des sommes de 371,76 euros et 327,14 euros retenues sur son traitement en raison de son absence du 13 au 19 novembre 2017 assorties des intérêts au taux légal ;
3°) mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que bien que le jugement soit devenu définitif, aucune exécution n'est intervenue à ce jour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le versement des retenues sur traitement a été opéré en juin 2022.
Vu :
- le jugement n° 1800438 rendu le 12 mars 2020 par le tribunal administratif de Mayotte ;
- l'ordonnance du 4 octobre 2021 par laquelle le président du tribunal a ouvert la phase juridictionnelle de la procédure d'exécution ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 2013-964 du 28 octobre 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
- Ont été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées :
-
- le rapport de M. Banvillet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. Toutefois, en cas d'inexécution d'un jugement frappé d'appel, la demande d'exécution est adressée à la juridiction d'appel. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. " ; Selon l'article R. 921-5 du même code : " Le président de la cour administrative d'appel ou du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. Lorsque le président estime qu'il a été procédé à l'exécution ou que la demande n'est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande. " ; Enfin aux termes de l'article R. 921-6 dudit code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Toutefois, à l'expiration de ce délai de six mois, lorsque le président estime que les diligences accomplies sont susceptibles de permettre, à court terme, l'exécution de la décision, il informe le demandeur que la procédure juridictionnelle ne sera ouverte, le cas échéant, qu'à l'expiration d'un délai supplémentaire de quatre mois. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".
2. Par jugement devenu définitif n°1800438 du 12 mars 2020, le tribunal administratif de Mayotte a, d'une part annulé la décision du 2 janvier 2018 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Majicavo a procédé à une retenue sur le traitement de Mme B à hauteur de 5/30èmes au titre de l'arrêt de travail du 13 au 19 novembre 2017 et, d'autre part, a enjoint à l'administration de verser à l'intéressée une somme égale aux 5/30èmes du traitement dû pour la période du 13 au 19 novembre 2017, en ce compris la majoration de traitement inhérente à une affectation à Mayotte. Le 24 février 2021, Mme B a saisi le tribunal d'une demande d'exécution de ce jugement et, en application des dispositions précitées de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, par l'ordonnance susvisée du 4 octobre 2021, le président du tribunal a ouvert la phase juridictionnelle de la procédure d'exécution.
3. Il résulte de l'instruction, que la somme de 371,76 euros correspondant aux 5/30ème indûment retenus sur le salaire de Mme B ainsi que celle, fixée à bon droit à 148,70 euros au regard des règles d'établissement de la majoration de traitement posées par le décret du 28 octobre 2013 susvisé, ont été mises en paiement le 24 juin 2022. Par suite, il n'y a pas lieu d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de verser à Mme B, la somme correspondant aux 5/30ème du traitement et de majoration de traitement dus pour la période du 13 au 19 novembre 2017.
4. En revanche, dans la mesure où l'injonction de verser une somme assortissant un jugement d'annulation d'une décision administrative ouvre droit, y compris en l'absence de toute demande en ce sens, aux intérêts moratoires, la somme allouée par le jugement du 12 mars 2020 était productive d'intérêts dans les conditions fixées par l'article 1231-7 du code civil. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction et il n'est pas davantage allégué que ces intérêts auraient été réglés. Ainsi, à la date du présent jugement, le garde des sceaux, ministre de la justice n'a que partiellement exécuté le jugement précité du 20 mars 2020. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer contre l'Etat, à défaut pour lui de justifier de l'exécution complète de ce jugement dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision, une astreinte de 50 euros par jour, jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu pleine application.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder au versement des intérêts moratoires dont sont assorties les sommes dues à Mme B en exécution du jugement n° 1800438, à peine, passé ce délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, d'une astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 2 : Le garde des sceaux, ministre de la justice communiquera au tribunal une copie des éléments permettant de justifier des mesures prises pour exécuter le jugement du 12 juin 2018.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présente jugement sera notifié à Mme A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président ;
- M. Biget, premier conseiller ;
- M. Banvillet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 27 décembre 202Le rapporteur,
M. BANVILLET
Le président,
Ch. BAUZERAND
La greffière,
A. THORAL
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026