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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2500402

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2500402

jeudi 27 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2500402
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante comorienne, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de Mayotte de lui fixer un rendez-vous pour retirer son titre de séjour périmé et déposer une demande de renouvellement. Le juge a estimé que la requérante ne justifiait pas de l’urgence ni de l’utilité de la mesure, faute de produire des éléments prouvant ses démarches infructueuses ou des circonstances particulières. La solution retenue est le rejet pour caractère manifestement mal fondé, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2025, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui fixer un rendez-vous afin de retirer son titre de séjour périmé et de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour.

Elle soutient qu’elle n’a reçu ni convocation ni SMS pour venir récupérer sa carte de séjour qui était valable du 19 janvier 2024 au 18 janvier 2025 et ne parvient pas à renouveler sa carte de séjour.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Blin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante comorienne née le 2 novembre 1997, demande au juge des référés qu’il soit ordonné au préfet de Mayotte de lui accorder un rendez-vous afin de retirer son titre de séjour qui était valable du 19 janvier 2024 au 18 janvier 2025 et de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».

3. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

5. Mme A... soutient avoir reçu une décision favorable de renouvellement de son titre de séjour sur le site de l’ANEF, ainsi qu’elle en justifie par la production d’une attestation émise le 20 janvier 2024, mais ne pas avoir ensuite reçu de convocation ni de SMS pour venir récupérer sa carte de séjour valable un an et désormais périmée. Si elle soutient avoir sollicité un rendez-vous auprès des services préfectoraux sans avoir obtenu de réponse, elle ne produit aucune pièce justifiant de ses démarches et de l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en vue du retrait de sa carte de séjour et du dépôt d’une nouvelle demande de renouvellement de la carte dont elle était titulaire depuis le 13 octobre 2022 au regard des pièces produites. Elle ne justifie par ailleurs pas de l’existence de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Dans ces conditions, Mme A... n’établit ni l’urgence ni l’utilité de la mesure demandée, de sorte que la requête apparaît manifestement mal fondée. Il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme A....


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.






Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 27 mars 2025.


La juge des référés,



A. BLIN


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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