Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé, a constaté l'inexécution par le préfet d'une précédente injonction d'enregistrer la demande de titre de séjour de la requérante et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le juge a réitéré cette injonction en la précisant et l'a assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 et L. 911-4 du code de justice administrative, relatifs aux mesures d'urgence et à l'exécution des jugements.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 février et 5 mars 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 911-4 du code de justice administrative :
1°) de constater l’inexécution de l’ordonnance de référé n° 2600014 du 28 janvier 2026 par laquelle il a été enjoint au préfet de Mayotte de la convoquer à un rendez-vous pour l’enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
2°) de réitérer l’injonction en l’assortissant d’une astreinte fixée à 150 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- le préfet n’a pas déféré à l’injonction ;
- afin d’assurer l’exécution de la décision de justice, il convient de soumettre l’administration à une astreinte.
Par une ordonnance du 12 mars 2026, une procédure juridictionnelle a été ouverte sous le n° 2600966 en vue de prescrire les mesures d’exécution de l’ordonnance n° 2600014.
Vu les pièces attestant de la communication de la procédure au préfet de Mayotte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».
2. Aux termes de l’article de l’article L. 911-4 du même code : « En cas d’inexécution d’un jugement (…) la partie intéressée peut demander au tribunal administratif (…) qui a rendu la décision d’en assurer l’exécution. / (…) Si le jugement (…) dont l’exécution est demandée n’a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte (…) ».
3. Si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n’ont pas, au principal, l’autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l’article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l’autorité qui s’attache aux décisions de justice, obligatoires.
4. Par son ordonnance n° 2600014 du 28 janvier 2026, qui présente un caractère exécutoire, le juge des référés a enjoint au préfet de Mayotte de convoquer Mme B..., ressortissante comorienne née le 31 décembre 1957, dont l’état de santé est dégradé, à un rendez-vous pour l’enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
5. Il résulte de l’instruction que, comme cela est soutenu par l’intéressée dans le cadre du présent contentieux d’exécution, le préfet de Mayotte n’a pas déféré à l’injonction.
6. Il y a lieu, en application des dispositions précitées des articles L. 521-3 et L. 911-4 du code de justice administrative, de réitérer l’injonction en précisant que le rendez-vous devra avoir lieu au plus tard le 10 avril 2026 et donnera lieu à la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour. Et il y a lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de Mayotte, en exécution de l’ordonnance de référé n° 2600014 du 28 janvier 2026, de convoquer Mme B... à un rendez-vous qui aura lieu au plus tard le 10 avril 2026, lors duquel sa demande de titre de séjour sera enregistrée et une autorisation provisoire de séjour lui sera remise, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 25 mars 2026.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision