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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2601051

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2601051

mercredi 18 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2601051
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Sujet principal : Demande d'injonction au préfet de Mayotte pour délivrer une convocation afin d'enregistrer une demande de titre de séjour. Juridiction : Tribunal Administratif de Mayotte (juge des référés). Solution retenue : Rejet de la requête, car la demande de titre de séjour a fait l'objet d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration au-delà du délai de quatre mois. Textes appliqués : Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que les articles R. 432-1, R. 432-2 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mars 2026, Mme B... A... demande au tribunal, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une convocation à un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour et de mettre fin à la situation de blocage administratif qu’elle subit.

Elle soutient qu’en l’absence de réponse à sa demande de titre de séjour déposée le 26 avril 2025, malgré ses démarches, elle se trouve dans une situation de précarité administrative qui entrave l’exercice de ses droits, alors même qu’elle est mère d’un enfant français dont elle assure l’entretien et l’éducation.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Vu la décision, prise en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné Mme Blin, vice-présidente, en qualité de juge des référés.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante comorienne née le 31 décembre 1960 à Lingoni (Union des Comores), a déposé une première demande de titre de séjour le 26 avril 2025. Par la présente requête, Mme A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet de Mayotte de lui délivrer une convocation à un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».

3. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ». Aux termes de l’article R. 431-12 du même code : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. (…). ».

4. Mme A... a sollicité auprès du préfet de Mayotte la délivrance d’un premier titre de séjour le 26 avril 2025, ainsi qu’il résulte de la confirmation du dépôt d’une pré-demande émise à cette date, sans qu’une demande de pièce complémentaire ne lui ait ensuite été adressée. Par suite, cette demande de titre de séjour, qui doit être regardée comme complète, a fait l’objet, en application des dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, d’une décision implicite de rejet née du silence gardé par l’autorité préfectorale au terme d’un délai de quatre mois. Eu égard à l’intervention de cette décision de rejet, il est demandé au juge des référés de prendre une mesure de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A..., qui est manifestement mal fondée, doit être rejetée par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.







O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....



Copie en sera transmise, pour information, au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 18 mars 2026.

La juge des référés,



A. BLIN


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.







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