jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2000132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARYSE RUGARD-MARIE AVOCAT "MRM" |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 3 décembre 2020 et le 9 mars 2022, et un mémoire déposé le 23 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Rugard-Marie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2017 par lequel le président du conseil territorial de la collectivité de Saint-Martin a accordé, au nom de la collectivité, un permis de construire à la société à responsabilité limitée (SARL) OCEO en vue de la réalisation d'une station-service sur la parcelle cadastrée BL 145, située au 182 rue de Hollande sur le territoire de la commune de Saint-Martin, ensemble la décision de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin rejetant son recours gracieux reçu le 27 juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Martin et de la SARL OCEO la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- elle a un intérêt à agir ;
- le dossier de permis de construire est incomplet, en l'absence de la production du dépôt d'une demande d'enregistrement ou de déclaration des travaux en méconnaissance de l'article 46-23 du code de l'urbanisme de Saint-Martin ;
- le permis de construire litigieux est incomplet, en l'absence de production des réserves de l'établissement des eaux et de l'assainissement de Saint-Martin ;
- le permis de construire litigieux est périmé en l'absence de commencement des travaux dans le délai de deux ans suivant sa délivrance, en méconnaissance des dispositions de l'article 44-29 du code de l'urbanisme de Saint-Martin ;
- il méconnaît les articles 11.5 du code de l'urbanisme de Saint-Martin et UB 2 du plan d'occupation des sols de Saint-Martin.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, la société à responsabilité limitée OCEO, représentée par Me Tillard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, la collectivité de Saint-Martin, représentée par Me Benjamin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme de Saint-Martin ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique,
- et les observations de Me Benjamin, représentante de la collectivité de Saint-Martin, et de Me Tillard, représentante de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 août 2017, le président du conseil territorial de la collectivité de Saint-Martin a, au nom de la collectivité, délivré un permis de construire un bâtiment nouveau à destination de station-service à la SARL OCEO, sur la parcelle cadastrée BL 145, située au 182 rue de Hollande sur le territoire de la collectivité de Saint-Martin. Par un courrier reçu le 27 juillet 2020, M. B a demandé au président du conseil territorial de la collectivité de Saint-Martin de retirer le permis de construire litigieux. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé sur ce recours gracieux. Par la présente requête, M. B, se déclarant propriétaire indivis de la parcelle parcelle AI 110 qui se trouve à proximité du terrain d'assiette du projet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 août 2017 par lequel le président du conseil territorial de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin a accordé un permis de construire à la SARL OCEO, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 46-23 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Lorsque les travaux projetés portent sur une installation classée soumise à autorisation, enregistrement ou déclaration en application des articles L. 512-1, L. 512-7 et L. 512-8 du code de l'environnement, la demande de permis de construire doit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande d'autorisation de la demande d'enregistrement ou de la déclaration. ". En vertu de la rubrique 1435 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement annexée à l'article R. 511-9 du code de l'environnement, les stations-services dont le volume annuel de carburant liquide distribué est supérieur à 100 m3 d'essence mais inférieur ou égal à 20 000 m3 relève du régime de la déclaration.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'il est prévu que la station-service objet du permis de construire litigieux ait un volume annuel de carburant liquide distribué supérieur à 100 m3 d'essence et inférieur ou égal à 20 000 m3. Il s'ensuit que la construction autorisée relève du régime de la déclaration en application des articles précités. Toutefois, il ressort des pièces produites par le requérant qu'une déclaration initiale pour une installation classée relevant du régime de la déclaration a effectivement été remplie par la SARL OCEO et accompagne le dossier de demande de permis de construire. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
4. En second lieu, il ressort des pièces produites par le requérant que l'établissement des eaux et de l'assainissement de Saint-Martin a rendu, le 18 octobre 2016, un avis favorable au projet de permis de construire litigieux en tant que contrôleur de l'assainissement collectif. De plus, des observations sont jointes à cet avis, lequel accompagne le dossier de demande de permis de construire. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la légalité interne :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 44-29 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article 44-15 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () ". En l'espèce, ce moyen, qui se rapporte à la caducité du permis de construire attaqué, n'est pas susceptible d'emporter son annulation et doit, par suite, être écarté comme inopérant.
6. En second lieu, d'une part, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11.5 du code de l'urbanisme de Saint-Martin n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. D'autre part, aux termes de l'article UB 2 du plan d'occupation des sols de Saint-Martin : " Sont interdites les constructions et utilisations du sol qui par leur nature, leur destination, leur importance ou leur aspect sont incompatibles avec la salubrité la sécurité, la bonne tenue et la tranquillité du quartier d'habitation. / Sont notamment interdits : () 4. Les affouillements ou exhaussements du sol, suivis ou non de construction sauf impératifs techniques à justifier. ". Aux termes de l'article 44-29 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Les constructions énumérées ci-dessous doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, même si elles ne comportent pas de fondations : 1° les constructions dont la surface de plancher est supérieure à cinquante mètres carrés, à l'exception des châssis et serres de production agricole (). ".
7. Il résulte des dispositions précitées du code de l'urbanisme de Saint Martin que les prescriptions de l'article UB 2 du plan d'occupation des sols de Saint-Martin concernent des travaux soumis non à la réglementation du permis de construire mais à celle du permis d'aménager, lorsque les règlements d'urbanisme ne les interdisent pas. Par suite, elles ne sont pas applicables aux travaux dont la construction fait l'objet d'un permis de construire, lequel est délivré conformément à d'autres dispositions du même code et tient compte d'éventuels affouillements, exhaussements du sol et remblais.
8. En l'espèce, il ressort des termes du permis de construire litigieux qu'il a été délivré pour une construction nouvelle d'une surface de 80,66 m2. Il s'ensuit que, si le projet de construction litigieux a rendu nécessaires des affouillements, exhaussements du sol et remblais, le moyen tiré de ce que le permis de construire attaqué méconnaîtrait les dispositions de l'article UB 2 du plan d'occupation des sols est inopérant, alors même que les affouillements, exhaussements du sol et remblais réalisés auraient excédé les mouvements du sol nécessaires à l'édification de la construction autorisée. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 25 août 2017 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la collectivité de Saint-Martin et de la SARL OCEO, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros à verser à la SARL OCEO au titre des mêmes dispositions.
11. Enfin, aucun dépens n'ayant été exposé dans la présente instance, la SARL OCEO n'est pas fondée à en demander le remboursement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la SARL OCEO une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SARL OCEO, à la collectivité de Saint-Martin, au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,Le président,
Signé Signé
J. CS. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026