jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2100072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUILLAUME-MATIME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2021, Mme A B, représentée par Me Guillaume-Matime, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 novembre 2020 portant radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, ensemble la décision du 1er octobre 2020 lui réclamant le remboursement de la somme de 15 564,08 euros au titre de l'indu d'allocation soutien familial non recouvrable et de l'indu de prestations familiales ;
2°) de prononcer la décharge de la somme de 15 564,08 euros au titre de l'indu d'allocation soutien familial non recouvrable et de l'indu de prestations familiales ;
3°) d'enjoindre à la Caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et à la Collectivité de Saint-Martin sur le fondement des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative de régulariser sa situation pour chacune des prestations en cause ;
4°) de mettre à la charge, solidairement de l'État et de la Collectivité de Saint-Martin, à verser à Me Guillaume-Matime, la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ce versement emportant renonciation à percevoir la part contributive de l'État.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- s'agissant de la décision du 25 novembre 2020, la procédure de suspension est irrégulière dès lors qu'au préalable elle n'a pas été en mesure de faire valoir ses observations à l'équipe pluridisciplinaire et d'être assistée de la personne de son choix ; elle a dès lors été privée d'une garantie ;
- l'équipe pluridisciplinaire n'était pas compétente pour prononcer la suspension de sa prestation ;
- elle est insuffisamment motivée pour ne pas indiquer les conditions générales d'ouverture de droits n'ayant pas été respectées, pourquoi elle ne bénéficierait plus de droit au séjour ;
- elle remplit les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active dès lors qu'elle est de nationalité française par filiation dès la naissance, elle a également la nationalité hollandaise ainsi que la qualité de ressortissante européenne, ses trois enfants sont également Français, elle réside en France depuis 2011 ;
- s'agissant de la décision du 1er octobre 2020, elle n'est pas suffisamment motivée à défaut d'indiquer les prestations familiales concernées, le montant sollicité pour chaque prestation, la période de remboursement.
La Caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et le président de la Collectivité de Saint-Martin, à qui la requête a été communiquée, n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier du 5 mai 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'il était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation :
- du courrier du 1er octobre 2020 " nouvelles modalités de remboursement de votre dette ", dès lors que courrier, dépourvu de tout effet décisoire, ne constitue pas un acte faisant grief ;
- de la décision du 25 novembre 2020, en l'absence de recours administratif préalable obligatoire exercé devant la collectivité de Saint-Martin contre cette décision.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès,
- et les observations de Me Guillaume-Matime, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2013. Par courrier du 1er octobre 2020, elle a été informée qu'elle ne bénéficiait plus de prestations et qu'elle restait redevable de la somme de 15 564,08 euros au titre d'indus de prestations familiales et d'allocations de soutien familial. Par courrier du 6 octobre 2020, elle a été convoquée à se présenter le 20 novembre 2020 devant l'équipe pluridisciplinaire de la collectivité de Saint-Martin pour fraude RSA aux motifs qu'à la suite d'un contrôle de situation individuelle, il serait apparu de multiples disparités relatives à l'adressage. Par décision du 25 novembre 2020, la requérante s'est vu notifier la radiation de ses droits au revenu de solidarité active. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation du courrier du 1er octobre 2020, ensemble la décision du 25 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur le courrier du 1er octobre 2020 :
2. Mme B demande au tribunal d'annuler le courrier " nouvelles modalités de remboursement de votre dette " du 1er octobre 2020. Par ce courrier, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe a entendu informer l'intéressée que, ne bénéficiant plus de prestations, l'administration ne pouvait plus effectuer de retenues sur ces dernières pour le remboursement de sa dette et que par conséquent, elle devait adresser un règlement de 15 564,08 euros. Cette lettre présente donc un caractère décisoire et fait grief à Mme B. Toutefois, en l'absence de recours administratif préalable obligatoire, les conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur la décision du 25 novembre 2020 portant radiation :
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L.262-37 du même code : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : () 3o Lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active, accompagné par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code; 4° Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R.262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée () ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision mettant fin aux droits à revenu de solidarité active ou de récupération d'un indu de revenu de solidarité active prise par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
4. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 novembre 2020 par laquelle la collectivité de Saint-Martin a mis fin à ses droits au revenu de solidarité. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle a formé à l'encontre de cette décision le recours préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles dans le délai de recours contentieux. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision sont irrecevables et doivent par conséquent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de décharge et d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins de décharge et d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat et de la collectivité de Saint-Martin, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme que demande Mme B au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la Caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et à la Collectivité de Saint-Martin.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023
Le président rapporteur,
Signé :
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
C. GOUDENÈCHE
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé :
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026