jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2100092 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GENESIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 juin 2021 et le 6 avril 2022, la SAS Terarea, représentée par Me Jaulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 février 2021 par laquelle la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin lui a notifié un refus tacite de permis de construire ;
2°) d'annuler la décision implicite du 30 mai 2021 par laquelle la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin a refusé de retirer la décision du 10 février 2021 et a refusé de lui délivrer un certificat de permis tacite ;
3°) d'enjoindre à la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin de lui délivrer un certificat de permis tacite ;
4°) de mettre à la charge de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin la somme de 3500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 10 février 2021 est illégale dès lors qu'elle est titulaire depuis le 18 septembre 2020, d'un permis de construire tacite ;
- la décision implicite du 30 mai 2021 est entachée d'une erreur de droit dès lors que la collectivité était tenue de lui délivrer un certificat en application des dispositions de l'article 44-18 du code de l'urbanisme de Saint-Martin.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin a conclu au rejet des conclusions et à ce qu'il soit mis à la charge de la SAS Terarea la somme de 3500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'ensemble des moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme de Saint-Martin ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goudenèche, conseillère ;
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Vayrac substituant Me Jaulin et représentant la SAS Terarea et de Me Benjamin représentant la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin.
Une note en délibéré, non communiquée, a été enregistrée le 24 novembre 2022, par Maître Jaulin, pour la SAS Terarea.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 mai 2020, la SAS Terarea a déposé une demande de permis de construire un ensemble immobilier en R+5 à usage d'hôtellerie, restauration et commerces sur la parcelle cadastrée AE 519, située au 4 rue du général de gaulle à Marigot. Par un courrier du 10 février 2021, la collectivité a notifié au requérant le rejet tacite de cette demande. Par un recours gracieux du 19 mars 2021, réceptionné le 30 mars 2021, la requérante a demandé à la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin d'annuler cette décision et de lui délivrer un certificat de permis tacite. Du silence gardé à la suite de ce recours est née une décision implicite de rejet. La requérante demande l'annulation de cette décision ainsi que de celle du 10 février 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait d'un permis tacite :
2. Aux termes de l'article 43-37 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier au siège de la collectivité, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article 43-50, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". Aux termes de l'article 43-38 de ce code : " L'envoi prévu à l'article 43-37 précise : 1° Que les pièces manquantes doivent être adressées au siège de la collectivité dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; 2° Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; 3° Que le délai 'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la collectivité. ".
3. Aux termes de l'article 43-22 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () 3° trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. ". Aux termes de l'article 43-42 de ce code : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles 43-23 à 43-29, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier au siège de la collectivité :1° le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; 2° les motifs de la modification de délai ; 3° lorsque le projet entre dans les cas prévus à l'article 44-2, qu'à l'issue du délai, le silence éventuel de l'autorité compétente vaudra refus tacite du permis. Copie de cette notification est adressée au représentant de l'Etat dans la collectivité. ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 11 juin 2020, la collectivité a notifié à la requérante le caractère incomplet de son dossier de demande de permis de construire. Par un récépissé de dépôt des pièces manquantes du 18 juin 2020, la collectivité, d'une part, a notifié avoir réceptionné les pièces manquantes alors que, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait par la suite indiqué au requérant l'incomplétude persistante de son dossier au regard notamment des exigences en matière de pièces sécurisées. Le dossier doit ainsi être regardé comme complet à compter du 18 juin 2020, date à laquelle le délai d'instruction de trois mois a pu commencer à courir. Ainsi, un permis de construire tacite est né le 19 septembre 2020. Toutefois, la seule circonstance que la requérante soit titulaire d'un permis de construire tacite ne peut suffire à caractériser l'illégalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait d'un permis tacite doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du 30 mai 2020 :
7. Aux termes de l'article 44-18 du code de l'urbanisme de Saint-Martin: " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants-droit. En cas de permis tacite, ce certificat indique, lorsque la décision est de la compétence de la collectivité territoriale, la date à laquelle le dossier a été transmis au représentant de l'Etat dans la collectivité en application de l'article LO. 6341-1 du code général des collectivités territoriales. "
8. Il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été dit au point 4 que le permis de construire tacite a été retiré le 10 février 2020. Ainsi, la collectivité n'avait pas à délivrer un certificat de permis tacite. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du 30 mai 2020 doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquences les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'instance de mettre à la charge des requérants la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Terarea est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SAS Terarea et à la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. GOUDENÈCHE Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026