jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2100140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CORALIE GERALD |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 19 octobre 2021, le président du tribunal administratif de la Guadeloupe a transmis au tribunal administratif de Saint-Martin la requête de M. A D, enregistrée le 22 septembre 2021 au tribunal administratif de la Guadeloupe.
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2021 au greffe du tribunal, M. A D, représenté par Me Coralie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 par lequel le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le contrôle d'identité au cours duquel il a été interpellé est irrégulier en ce qu'il a été contrôlé alors qu'il était en train de quitter le territoire français et qu'il n'est pas fondé sur des réquisitions spéciales au titre de l'article 78-2-2-II du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect d'une vie familiale normale et à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 avril 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de délivrance d'un titre de séjour dès lors qu'il ne ressort pas de la compétence du juge administratif de faire œuvre d'administrateur et, qu'en tout état de cause, ces conclusions ne sont pas liées par une décision administrative préalable au présent recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à 1'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- et les observations de Mme B, représentant le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant vénézuélien né le 12 octobre 2001, déclare être entré sur le territoire français le 3 août 2021, sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. A la suite d'un contrôle d'identité mené par la police aux frontières le 3 août 2001, le requérant a été placé en retenue administrative en raison de son incapacité à présenter un document l'autorisant à circuler ou à séjourner sur le territoire français. Par l'arrêté attaqué du 3 août 2021, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins de délivrance d'un titre de séjour :
2. Aux termes de sa requête, le requérant demande au tribunal de lui accorder un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Toutefois, en l'absence de dispositions législatives en ce sens, il n'appartient pas au juge administratif de faire œuvre d'administrateur en adoptant des décisions administratives. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que, préalablement à la saisine du juge administratif, il aurait demandé la délivrance d'un titre de séjour au préfet territorialement compétent, permettant de lier ce contentieux devant le juge administratif. Par suite, les conclusions de la requête afin de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet et par délégation par Mme C B, cheffe du service citoyenneté et immigration de la préfecture de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Par un arrêté du 8 juin 2021, modifiant l'arrêté SG/SCI du 17 décembre 2020 portant délégation de signature à Madame C B, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Guadeloupe a donné délégation de signature à Mme C B à l'effet de signer notamment " l'ensemble de la correspondance, les arrêtés, décisions et titres ayant un caractère général ou individuel et réglementaire ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, si M. D invoque l'irrégularité du contrôle d'identité dont il a fait l'objet lors de son interpellation, les conditions d'interpellation et de contrôle d'identité de l'intéressé, dont il appartient au seul juge judiciaire de connaître, sont sans incidence sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle d'identité ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, le requérant soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte à sa liberté d'aller et venir dès lors qu'il effectue des études à Sint-Marteen. Le requérant n'en atteste toutefois pas et, en tout état de cause, cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision attaquée, qui ne concerne que le territoire français. En outre, s'il soutient exercer une activité professionnelle sur le territoire français, il n'en atteste aucunement. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte à sa liberté d'aller et venir une atteinte disproportionnée eu égard aux buts dans lesquels elle a été prise et n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
6. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D, célibataire et sans enfant, était entré très récemment sur le territoire français à la date de la décision attaquée, sans disposer de document y autorisant son séjour régulier ni avoir effectué aucune démarche afin de régulariser sa situation. S'il soutient avoir un parent résidant sur la partie française de Saint-Martin, il soutient également qu'à la date de la décision attaquée il résidait chez un oncle, sur la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin et que son père résidait également sur le territoire néerlandais de l'île. En tout état de cause, par la seule production d'une attestation d'hébergement en Guadeloupe par une compatriote titulaire d'un titre de résident sur le territoire français et établie postérieurement à la décision attaquée, le requérant n'atteste pas suffisamment disposer de liens personnels et familiaux particulièrement intenses et stables sur le territoire français. De plus, s'il soutient effectuer des études à Sint-Marteen, cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision attaquée, qui ne concerne que le territoire français, et il ressort en outre des termes de l'arrêté attaqué qu'il a déclaré aux services de la police aux frontières résider irrégulièrement sur le territoire de Sint-Marteen. Enfin, s'il soutient exercer une activité professionnelle sur le territoire français, il n'en atteste aucunement. Il ne justifie ainsi pas de son ancienneté, de sa stabilité et de son insertion au sein de la société française. Par suite, au regard de ces circonstances, notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. D, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français attaquées et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.
La rapporteure,Le président,
SignéSigné
J. LE ROUXS. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026